Je voudrais participer à votre concours, en tentant d'éviter de
jouer selon les règlements, mais en jouant le jeu dans un sens
contraire. La France et sa littérature a perdu toutes ses plumes et ses
gloires, tout le prestige qu'elle possédait avant la guerre. Sa dernière
heure de gloire se situe juste après la fin de cette guerre, mais cette
ère de l'absurde, post atomique, post holocauste, ce désespoir
généralisé fut un chant du cygne, en même temps que sonna le glas. D'un
terreau aussi peu fertile, sortira le nouveau roman, le structuralisme,
un esprit de sérieux peu réjouissant. Mais cette décadence de la
littérature française est tout à son honneur, c'est sa gloire d'avoir
assumé la perte de prestige de l'oeuvre littéraire. En effet, les crises
multiples qui ont secoué les sociétés et qui continuent toujours,
MARQUENT en réalité, la fin d'une époque que certains ont appelé
Néolithique. La littérature, depuis Joyce et Mallarmé, n'a pas cessé de
douter d'elle-même; n'a pas cessé de contester son pouvoir d'évocation
et de construction. La littérature n'est qu'une invention de l'homme
fort récente. L'alphabet ne remonte pas très loin dans le temps.
L'écriture n'est qu'une technique qui n'a cessé de vouloir se
perfectionner. Mais d'un simple coup d'oeil sur la philosophie du
langage ou des sciences linguistiques, on constate que tous concluent
dans l'imperfection de cette mécanique qu'est la littérature. Cela est
tout à fait logique et normal, puisque la conscience moderne se trouvant
en panne, celle postmoderne venant la bousculer et depuis l'avènement du
cyberspace et de l'hypertexte, un nouveau langage, un nouvel alphabet
est en train de naître et de vivre sur les cendres de la vieille
littérature qui a rendu le souffle, circa 1950, avec Godot et
l'Innomable.
Les choses vont très vite aujourd'hui, le monde moderne en panne
mortelle, se voit dépassé par un monde hypermoderne.
merci
Henri Gabrysz
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