Récemment lus :

Didier Ayres
Shaun Levin
Pétrus Borel
Philippe Kerr
Patrick Modiano
Catherine Gil Alcala
Marc Villemain
Jean Marie Gustave Le Clezio
Yannick Haenel
Gabrielle Wittkop

17 ans !

Exigence: Litterature
      ACCUEIL
      Rechercher
      Anciens éditos
      Réagir
      La théorie
      Vos Textes
      Bibliographies
      Concours et Prix
      Manifestations
      Vos publications
      Espace Critiques
      Livres en ligne
      Devenez Critique
      Liens
      Lettre d'info
      Recommander
      Mon Libraire
     
Exigence: Litterature Publications

Toutes les annonces de cette rubrique
Passer une annonce dans cette rubrique


Les amants des Praz


LES AMANTS DES PRAZ

Le nouveau roman de Michel Bellin

Ebook/kindle en 2 tomes (Amazon) : parution 1er juin 2013

Publication papier (Éditions GAP) : le 15 septembre 2013

Dans le petit village de Corbières, tout le monde connaît et apprécie Madeleine. À dix-neuf ans, c’est une jeune fille sage, pleine de vie, gaie et serviable. Elle habite une villa cossue, s’active à la paroisse tout en poursuivant de brillantes études à Genève. Quand surgira son tout premier amour en la personne de Lorenzo, un ancien errant devenu ouvrier agricole, pourra-t-elle lutter contre deux adversaires masqués aussi différents qu’implacables ?
Ce livre pourrait avoir comme sous-titre : « Idylles en terre savoyarde ». Dans ce roman sentimental, Michel Bellin renoue avec la féminité et son pays natal. Également avec l’amour dit “normal”, celui qui ose dire son nom et n’en est pas plus aisé pour autant ! Étonnante reconversion de la part d’un auteur jugé sulfureux. Quel lecteur – plutôt quelle lectrice – s’en plaindra quand le résultat est là : un récit prenant, solaire et pur, même si quelque louveteau rôde encore dans l’alpage…
Une écriture nouvelle à déguster l’été sur la plage, ou, mieux, au fond d’un mazot solitaire.

Elle est tellement jolie
Elle est tellement tout ça
Elle est toute ma vie
Madeleine que j’attends là.
(J. Brel)

[Epigraphe du livre]

EXTRAIT :

(...) Après quelques brasses vigoureuses, comme si l’autre nageur le laissait désormais de glace, Lorenzo avait gagné le tronc qui lui servait de plongeoir. Depuis son perchoir, il regardait à son tour Jean-Paul debout au milieu de la rivière, de l’eau jusqu’à mi-cuisse, qui continuait à cracher et à tempêter. Son sexe ballotait de droite à gauche à chaque poussée de sa toux. Comment résister à cet appel ? Comment délaisser cette étrange naïade que Lorenzo, incrédule, irrité contre lui-même et hors de lui, semblait découvrir pour la première fois ?

Dans un superbe plongeon, Lorenzo vint rejoindre Jean-Paul et se dressa à ses côtés. L’adolescent était à peine plus petit que lui. Mû par une sorte de fureur irraisonnée, Lorenzo le saisit à bras le corps et le jeta à nouveau au milieu de la rivière où l’eau était assez profonde pour qu’il ne heurtât pas quelques pierres. La violence de la poussée était sans doute proportionnée au combat intérieur qui agitait l’homme. Jean-Paul se débattit d’abord comme un beau diable puis partit en trombe sous l’eau, cette nage l’amenant en deux ou trois brasse à hauteur de Lorenzo dont il enserra brutalement les jambes. Celui-ci, n’ayant rien vu venir, perdit l’équilibre et s’affala à son tour dans l’eau. Jean-Paul en profita pour se jeter sur lui et pesant de tout le poids de son corps sur ses épaules, il parvint à contraindre sa tête, à l’immerger totalement. Lorenzo, prévoyant, avait pris une inspiration. Il ressortit indemne, se dressa, secoua la tête pour essorer sa chevelure et partit à la chasse de Jean-Paul qui déjà s’éloignait d’un crawl rapide et bien rythmé. Plus rapide, plus vigoureux, l’aîné le saisit par les pieds, ramena peu à peu son corps sous le sien, ne chercha pas à lui faire boire une autre tasse, l’empoigna par les épaules et collant son corps au sien, telle une liane marine, il le forçait à s’assouplir et à se redresser. Ils avaient de l’eau jusqu’aux épaules. Seules leurs têtes dépassaient. Jean-Paul glissa comme une anguille, se retourna sur lui-même et se trouva face à face avec Lorenzo qui sentit aussitôt sa vigueur virile. Leurs corps étaient maintenant rivés l’un à l’autre, aimantés, soudés. Jean-Paul pressa les fesses de Lorenzo pour accentuer l’étreinte et pousser davantage contre son ventre le puissant éperon. Aucun mot, aucun cri. Seule l’eau qui éclaboussait. Lorenzo passa alors un bras autour du cou de Jean-Paul et d’un geste sauvage et dément, totalement irraisonné, il colla ses lèvres à celles de l’adolescent. Celui-ci ne recula pas, ne se contracta pas, ne se débattait pas, comme s’il avait enfin obtenu son trophée et il glissa une langue mutine et fraîche entre les lèvres voraces, rivant son regard dans le sien, accentuant même l’arrogante pression de son sexe. Ils demeurèrent ainsi enlacés un bon moment, toujours sans dire un mot, leur mutuel désir arc-bouté puis avec une parfaite synchronisation leurs corps se séparèrent et ils se remirent à nager en direction opposée l’un de l’autre.

Jean-Paul gagna le plongeoir et se lança à l’eau avec un cri sauvage. Lorenzo, lui, avait regagné la rive pour s’y s’étendre. Il remit prestement son short et bientôt ne bougea plus. Son ventre était à nouveau lisse mais son visage fermé avait un masque dur. L’adolescent ne tarda pas à le rejoindre, après s’être ébroué comme un jeune chien. Lorenzo se souvint alors de Belphégor la toute première fois, et du rire de Madeleine. Sa colère contre lui-même, son dépit de s’être fait avoir par ce petit bamboué se transforma alors en tristesse, une sorte de chagrin imbibé de honte… »



Extrait de "Les amants des praz", déjà en ligne sur Amazon.fr/kindle (2 tomes) :

http://www.amazon.fr/LES-AMANTS-DES-PRAZ-ebook/dp/B00CZEK05E/ref=sr_1_1?s=digital-text&ie=UTF8&qid=1372916962&sr=1-1&keywords=michel+bellin


http://michel-bellin.fr