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Arrière-plan et visée
Un poëme ? – Merci, mais j’ai lavé ma lyre

Le poète et la cigale et autres textes

Tristan Corbière
Par Amélie Averlan

 

 

 

- C’est du… mais j’ai mis là mon humble nom d’auteur [1]

(Tristan Corbière, « ça ? »)

 

Arrière-plan et visée

« Le poète et la cigale », poème liminaire des Amours jaunes, constitue un contre-pied singulier de « La cigale et la fourmi », première fable du Livre premier des Fables de La Fontaine. A l’arrière plan se trouve explicitement convoqué un poète, qui plus est un auteur classique et reconnu, qui dédicaça ses fables au Dauphin, et dont le but était d’instruire, de remettre en cause son gouvernement tout en se plaçant sous son égide.

Qu’en est-il de Tristan Corbière ? Il se place de manière courtoise sous l’égide de Marcelle, à qui il dédicace son poème dont la forme convoque celle de la fable : ce poème est composé de vingt-deux vers, tous composés de sept syllabes telle « La cigale et la fourmi ». De plus, les rimes suivies du premier au quatorzième vers puis embrassées du quinzième au dernier vers, épousent celles du poème copié : La Fontaine fait rimer « chanté » avec « été », et Corbière « rimé » avec « imprimé », reprenant parfois littéralement les fins de vers de La Fontaine tels « morceau »/« vermisseau », ou « famine »/« voisine ». Corbière reprend aussi le même schéma énonciatif : un narrateur-poète conte une histoire entre deux personnages. Dans un premier temps, ces deux personnages nous sont présentés (vers 1-14), et cette description laisse place dans un second temps, au discours des deux actants(vers 15-22).

D’un point de vue formel, une première dé-marcation se fait jour à travers la syntaxe et le rythme :

« La Cigale, ayant chanté

        Tout l’Été,

Se trouva fort dépourvue

Quand la bise fut venue.  [2] »

 

« Un poète ayant chanté,

                              IMPRIMÉ 

Vit sa Muse dépourvue

De marraine, et presque nue :  [3] »

 

Si l’accent est mis dans le premier poème sur la cigale au premier hémistiche, et sur le « Tout » insistant sur la durée (pourtant minime) d’une saison envahissant un vers entier, nous constatons que chez Corbière l’accent est mis sur l’action qui participe à la mise en scène de faits passés (et non d’une durée) comme arrière-plan. Corbière fait s’opérer une première dislocation en faisant du poète et de la muse deux thèmes égaux et principaux qui viennent à se confondre dès les premiers vers. La visée de ce premier poème des Amours jaunes est de constituer une première approche du recueil placé sous le signe d’Amours trompées, c’est-à-dire nombreuses, fausses voire faussées : Corbière prend le contre-pied de poètes prédécesseurs comme La Fontaine Baudelaire ou Hugo – en témoigne « Gente Dame » référant directement aux Feuilles d’automne et plus particulièrement à « A une femme »-, et chante gaiement des amours mal-heureuses.

 

Poète cigale et fourmi

Poète, Muse, cigale ou fourmi ? Qui « elle » ? Ce premier poème met en perspective l’absence de référent et de locuteur logique. A travers ce poème-préface c’est bien la confusion qui va ouvrir au lecteur de nouvelles perspectives de lecture.

« Pas le plus petit morceau / De vers… ou de vermisseau. ». Est-ce la Muse ou le poète qui n’a pas le moindre vers à lire ou à écrire ? « Il alla crier famine / Chez une blonde voisine ». De quelle voisine parle le narrateur, celle du poète ou de la Muse ?  « - Oh ! je vous paîrai, Marcelle, / Avant l’août, foi d’animal ! / Intérêt et principal. -». Qui parle ? Les voisines se parlent-elles entre elles ? « (C’était une rime en elle) ». Les tirets jouent-ils le rôle d’une mise en forme d’un discours intérieur rapporté ?« Votre Muse est bien heureuse… ». La voisine se prend-elle pour la Muse ?  Le poète et la voisine s’accordent-ils à/pour faire de la Muse une fourmi ? « Voyons : chantez maintenant. ». Les Muses s’accordent-elles maintenant pour voir si le poète va bien chanter ? Les Muses doivent-elles chanter pour inspirer le poète et ouvrir le recueil ?

Le poète n’est-il pas tout simplement la fourmi-cigale qui va mendier et chanter les passantes qui inspirent au poète des « Amours jaunes » telles que nous les avons définies précédemment ?

Le poète est bien celui qui chante, comme nous amènent à le penser les rimes, et la voisine celle qui se donne en prêtant son nom : « heureuse » / « prêteuse » ; « plaise » / « aise » ; « venant » / « maintenant ». Tout nous amène aussi à penser que la Muse et le poète ne font qu’un. Le verbe « voir » en ouverture du poème a pour sujet le poète, qui voit sa Muse dépourvue de marraine, et donc sans chant, qui est aussi la situation dans laquelle est le poète. L’énonciateur de « Voyons : chantez maintenant », pourrait donc être un tiers, comme par exemple le lecteur témoin de ce spectacle où le poète s’amuse à confondre les voix et le rôle de(s) Muse(s). Le poète en faux troubadour va chanter la voisine, pour que lui-même et sa Muse recouvrent la voix par la voie du poème.

 

J’ai pris, pour t’appeler, ma vielle et ma lyre./ Mon cœur fait de l’esprit – le sot – pour se leurrer… [4]

(Tristan Corbière, « Le poète contumace »)

 

 

Le recueil est placé sous le signe d’amours déçues, comme nous l’avons souligné précédemment. De quelle manière, dès « Le poète et la cigale », cette déception est-elle exprimée ? Dans quelle mesure ce premier poème annonce presque ‘en programme’, grâce au dernier poème – « La cigale et le poète » –, ce gai désespoir que constituent Les Amours jaunes ?

Si Muse et poète ne font qu’un, nous pouvons déjà remarquer que celle-ci va être un intermédiaire privilégié d’expression. La Muse va constituer un détour à l’expression du désespoir ou de l’absence de nouvelle inspiration du poète. Rappelons que le poète voit sa Muse « dépourvue / De marraine, et presque nue ». La Muse ne serait-elle pas convoquée ici pour évoquer la poésie même de Corbière, celle qui est sans « parrainage », qui  va mendier  chez les éditeurs quelque habillage?  N’est-ce pas parce que  celle-ci ne plaît pas que le poète est obligé d’aller dénuder la voisine ?

 

« Le poète ayant chanté,

                Déchanté,

Vit sa Muse, presque bue,

Rouler en bas de sa nue

De carton, sur des lambeaux

De papiers et d’oripeaux. [5] »

 

Avec ce dernier poème des Amours jaunes, le sens du poème liminaire est remotivé. Le poète comme la Muse sont réduits à l’état de mendiants, usés et redescendant d’un ciel de papier mâché.  Le poète s’accuse alors d’avoir mis sa Muse en loque :

 

« Il alla coller sa mine

Aux carreaux de sa voisine,

Pour lui peindre ses regrets

D’avoir fait – Oh : pas exprès !–

Son honteux monstre de livre !… »

 

 Le poète n’est plus défini comme chanteur, mais comme peintre. Le poète-peintre regrette d’avoir chanté faux en ayant fait son « honteux monstre de livre ». Le livre difforme est cet objet de honte pour la Muse, mais aussi pour le poète qui s’est vu contraint d’écrire ce jeu d’Amours faussées, annoncées dès le premier poème par ce jeu de confusions entre Muse/voisine/poésie et poète/cigale/fourmi. Cette contrainte que nous devons définir telle une pulsion, en vertu d’une définition anachronique, constitue la principale défense du poète :

 

« - « Mais : vous étiez donc bien ivre ?

- Ivre de vous !… Est-ce mal ?

- Ecrivain public banal !

Qui pouvait si bien le dire…

Et, si bien ne pas l’écrire !»

 

Ces Muses-cigales unies dans ce « vous » qui fait s’exclamer le poète, est à l’origine de cette ivresse muette qui a poussé celui-ci à fausser ses amours, premièrement en les confondant, et deuxièmement en les rendant publiques, c’est-à-dire aussi en ayant voulu les faire fructifier :

 

« - J’y pensais, en revenant…

On n’est pas parfait, Marcelle…

- Oh ! c’est tout comme, dit-elle,

Si vous chantiez, maintenant ! » 

 

Le dernier vers est encore une invocation pour que le poète recouvre sa voix, chute déjà préparée par Corbière qui a clos Les Amours jaunes par « rondels pour après », ultime défense pour dire son chant recouvré grâce à cette forme de poème – le rondeau – destiné à être chanté, et faisant appel à la clôture/ouverture du premier poème : « Voyons : chantez maintenant. », tel un appel au lecteur idéal, celui qui rira jaune après ça.

 


 

Poète – Après ?… Il faut la chose [6]

                                                       (Tristan Corbière, « Paris »)

 

Le mâle-poète… en mal de fleurs [7]

Qu’est-ce que la chose pour le poète Corbière, si ce n’est celle annoncée dès le premier poème des Amours jaunes, voire dès son titre même ?… les amours jaunes du poète et de la cigale, de la cigale et du poète… du pareil au même : A petite muse, petit poète ; à petits jeux… petits mots, et ce dit et montré :

« Pas le plus petit morceau

De vers… ou de vermisseau. »

 

Ces deux vers créent un effet de litote redondante, le vers, le mot même, en rejet, pour n’être plus qu’un vermisseau. Le vers n’est pas seulement rejeté, il est aussi mis en suspens telle la réponse de la voisine face au poète restant sur sa faim,

« La priant de lui prêter

Son petit nom pour rimer. »

 

Encore une fois, la litote  est bien présente à travers le simple prêt demandé, et le nom qualifié de petit de la voisine. La litote adoucit cette fois-ci les propos d’un poète au départ affamé, criant, priant, et d’une muse dépourvue et presque nue.

« - Quoi : c’est tout ce qu’il vous faut ? », répond la voisine amusée, invitant le poète à vider ses vers « Nuit et jour, à tout venant », débordement de contre-pied par rapport aux litotes antécédentes, prévoyant l’impératif du chant : « chantez maintenant. ».

« (C’était une rime en elle) » : entre parenthèse, loin d’être de second intérêt, ce vers met au contraire l’accent sur la véritable préoccupation du poète, ce sur quoi va porter toute son attention, la femme.  Elle est en effet présente dans chacune des sections du recueil, voire dans chacun des poèmes. Plusieurs des titres des Amours jaunes annoncent déjà cette présence au sein du recueil. A travers « A l’éternelle madame » directement suivi par « Féminin singulier » puis par « Gente dame », ‘la muse féminine’ ouvre la section intitulée Les Amours jaunes. A travers cette même section, elle apparaît ensuite sous des aspects divers ; celle d’une passante dans « Bonne fortune et fortune », ou d’une « femme trois fois fille » dans « A une camarade » ; puis, un poème porte le titre même de « Femme » avec pour sous-titre ou exergue « La Bête féroce », avant de laisser la place aux poèmes des fleurs, allégories d’amours féminines, tels « Duel aux camélias » et « Fleurs d’art », pour n’être plus que « l’Absente… Qui sait ?  [8] » dans  « Le poète contumace ».

Poète ou Muse, ces deux voix sont empruntées par Corbière comme le montrent si bien les deux poèmes marqués de la même exergue « La Bête féroce », que sont « Femme » et « Pauvre garçon ». Dans ces deux poèmes, la femme parle du poète telle une troisième personne.  L’amour y est toujours malheureux, incarné par « Lui », et la femme, contrairement  à la tradition ronsardienne de la renaissance  est une « Bête féroce », « - C’est la male-fleur, la  fleur de bohème- », l’amour un combat, les armes chargées à blanc, autre couleur pour dire dans ce contexte le jeu faussé de balles renvoyées d’un poème à l’autre :

« C’est innocent. – Et lui ?… Si l’arme était chargée…

-         Et moi, j’aime les vilains jeux !  [9] »

 

« J’ai fait des ricochets sur son cœur en tempête.

Il regardait cela… Vraiment, cela l’usait ?…  [10] »

 

« Oui ! – Baiser de Judas – Lui cracher à la bouche

                Cet amour ! Il l’a mérité - » 

 

« Se serait-il laissé fluer de poésie…

Serait-il mort de chic, de boire, ou de phtisie,

Ou, peut-être, après tout : de rien…

                                                            Ou bien de Moi. »

 

Dans ces deux poèmes, la voix de la femme est donc empruntée  pour dire le mal d’un poète qui se tourne lui même en dérision, en prenant par exemple le contre-pied de l’idéal baudelairien lors de la peinture non métaphorique de cette femme  « pas belle », et d’un poète sans art qui chante faux : « Votre Muse est bien heureuse ».

 

Le rire jaune des souvenances…

Quel est celui qui composera l’Invitation au voyage, qu’on puisse offrir à la femme aimée, à la sœur d’élection  [11] ?

Les Amours jaunes suivent véritablement un chant, qui va de l’impulsion avec ça : « Chanson ? – Je voudrais bien, ô ma petite Muse !… », à la mort avec Rondels pour après. « Le poète et la cigale » met déjà en perspective l’idée d’un chant qui est celui de la cigale chez La Fontaine, d’un genre, la fable ou le conte comme l’annonce le chiffre sept des vers du poème liminaire, et donc d’un temps et d’un lieu qui sont ceux de l’enfance et de la Bretagne pour Corbière. « Voyons : chantez maintenant », est à définir par rapport aux textes qui font directement référence au domaine musical, ainsi, les sections Sérénade des sérénades et Rondels pour après. A travers ces poèmes, c’est toujours une fausse invitation au voyage qui est lancée. La lyre devient guitare, et l’amour, fugace et vite consumé :

« Je sais rouler une amourette

                   En cigarette,

Je sais rouler l’or et les plats !

Et les filles dans de beaux draps !  [12] »

 

La Guitare de Corbière chante des amourettes, que le suffixe –ette fait rimer avec cigarette ; si le suffixe rend l’amour volage en atténuant le contenu définitionnel du mot amour, l’association directe avec la cigarette ne fait que renforcer cette hypothèse d’un amour de passage, agréable, qui dure, fait un peu de fumée, et qu’on écrase, tout en ayant la possibilité d’en consommer une autre. Savoir rouler une cigarette est hissé par Corbière au rang de l’art, et l’or est syntagmatiquement associé à des plats, d’où le contre-pied singulier d’une invitation idéale bassement matérialiste. Le poète chez Corbière ne voyage plus métaphoriquement dans une chevelure, mais sait rouler, une cigarette, l’or, les plats et les filles…. Ce qui nous amène à focaliser notre attention sur le verbe ‘rouler’ qui veut dire ‘faire’ dans le premier cas, ‘conserver’ dans le second, ‘consommer’ dans le troisième, mais aussi ‘tromper’ en dernier lieu. Ce qui nous amène à une expéditive élixir d’amour ramenée au lit d’une saison ardente ou à ça :

« - Ouvre : je passerai vite,

Les nuits sont courtes, l’été…  [13] »

 

L’amour est toujours mis en question, l’invitation se fait offensive, attaque, et le chant sanglot lointain égrenant les heures :

« Tu ne me veux pas en rêve,

Tu m’auras en cauchemar !

T’écorchant au vif, sans trêve,

- Pour moi… pour l’amour de l’art.  [14] »

 

« Vaux-tu ma chanson encore ?…

Me vaux-tu seulement moi !… [15] »

 

« L’heure est une larme – Tu pleures,

Mon cœur !… Chante encor, va – Ne compte pas.  [16] »

 

Ces sérénades qui prennent le ton de d’une plainte portée contre ce qui manque au réel, - dans la « Chanson en si » par exemple, qui met en perspective des possibles irréels ou non réalisés : « Séñora, si j’étais Toi… / J’ouvrirais au pauvre Moi, / - Ouvrirais !- [17]  » - laissent place dans Rondels pour après aux berceuses enfantines qui, chez Corbière, tels certains contes, amènent à des interprétations grivoises ; ainsi « Do, l’enfant, do… »,

« Du fesse-cahier ne crains plus la verge,

Va !… De t’éveiller point n’est si hardi.  [18] »

 

Mais le rire jaune de ces amours s’exprime vraiment dans « Petit mort pour rire », où l’invitation au voyage  se fait celui, inaccessible, des comètes, et où le poète ne fait que s’inviter lui-même à mourir :

« Les fleurs de tombeau qu’on nomme Amourettes

Foisonneront plein ton rire terreux…

Et les myosotis, ces fleurs d’oubliettes…  [19] »

 

Un lyrisme passé à la machine

Corbière fait publier ce recueil en 1873, se faisant l’écho poétique d’un Impérialisme  naissant, ayant une importance capitale dans les théories marxistes fondées sur le matérialisme. Les Etats veulent imposer leur puissance économique et se livre une véritable course au profit, réellement présente chez Corbière sous la forme de ses différents échecs éditoriaux dont sa poésie est imprégnée :

« - Oh ! je vous paîrai, Marcelle,

Avant l’août, foi d’animal !

Intérêt et principal. -  [20] »

 

Le poème devient un objet dont on se sert, que l’on travaille, et la chose même à tisser, à fabriquer, la chose qui compte ; ainsi le « I Sonnet », «  avec la manière de s’en servir » :

« Vers filés à la main et d’un pied uniforme,

Emboîtant bien le pas, par quatre en peloton »

 

«   - La preuve d’un sonnet est par l’addition :

- Je pose 4 et 4 = 8 ! Alors je procède,

En posant 3 et 3 – Tenons Pégase raide :

« Ô lyre ! Ô délire ! Ô… » - Sonnet – Attention ! [21]  »

 

Matérialisme et échecs se jouent chez Corbière dans le refus de la forme. Refus contrôlé pouvant passer « Ô lyre ! Ô délire ! Ô… », pour une rébellion : « Sonnet – Attention ! ». La forme qui contraint le poète est justement dé-faite, c’est-à-dire mise en abîme dans le poème même en tant qu’il dé-file ; mais aussi brisée, par les points de suspension, les insertions de discours rapporté, les chiffres ou les exclamations. Les dé-faites de Corbière sont matérialisées par les différents décrochages que le texte même met en forme :

« Un poète ayant rimé,

                           IMPRIMÉ  [22] »    

 

« Le poète ayant chanté,

               Déchanté  [23] ».

       

Corbière et son lyrisme désenchanté pourrait-on dire, ou désabusé, dans le sens où  la voix du poète ne chante plus mais attend et cherche celle du lecteur : « C’est bien ça – Splendeur et misère ! – [24]  »

 

 

 

Amélie Averlan

09/2002



[1] Ça in Les Amours jaunes, Gallimard, 1973, p.22.

[2] La Fontaine, Fables, Flammarion, 1995, p. 75.

[3] « Le poète et la cigale », Les Amours jaunes, éd. citée, p. 17.

[4] « Le poète contumace », Les Amours jaunes, éd. citée, p. 70.

[5] « La cigale  et le poète», Les Amours jaunes,  éd. Citée, p. 205.

[6] Ça in Les Amours jaunes, éd. citée, p.24.

[7] Le dernier poème des Amours jaunes, « Male-fleurette », nous invite à lire le poème d’introduction telle une ouverture du recueil où se confondent Muse et poète, en regard des Fleurs du mal. Si dans Les Fleurs du mal, l’idée du mal nous est donnée par association d’idées abstraites comme l’enfer, le gouffre ou le tombeau, chez Corbière le mal est matériel, et le poète passe par des images concrètes : aux gens très sensés il oppose le crachat.

« Ici reviendra la fleurette blême

Dont les renouveaux sont toujours passés…

Dans les cœurs ouverts, sur les os tassés,

Une folle brise, un beau jour, la sème…

 

On crache dessus ; on l’initie même,

Pour en effrayer les gens très sensés…

Ici reviendra la fleurette blême.

 

-          Oh ! ne craignez pas son humble anathème

Pour vos ventres mûrs, Cucurbitacés !

Elle connaît bien tous ses trépassés !

Et, quand elle tue, elle sait qu’on l’aime…

-          C’est la male-fleurette, la fleur de bohème.-

 

Ici reviendra la fleurette blême. », « Male-fleurette », Les Amours jaunes, éd. citée, p. 204.

[8] « Le poète contumace », Les Amours jaunes,éd. citée, p. 66.

[9] Première et troisième citation, « Femme », Les Amours jaunes, éd. citée, p.59.

[10] Deuxième et quatrième citation, « Pauvre garçon », Les Amours jaunes, éd. Citée, p. 62.

[11] Baudelaire, « L’Invitation au voyage », Le Spleen de Paris, L.G.F., 1972, p.74.

[12] Corbière, « Guitare », Sérénade des sérénades in Les Amours jaunes, éd. Citée, p. 74.

[13] « Elizir d’amor », Les Amours jaunes, éd. cité, p.78.

[14] Ibid., p. 78.

[15] « Vendetta », Les Amours jaunes, éd. citée, p. 80.

[16] « Heures », Les Amours jaunes, éd. citée, p. 81.

[17] « Chanson en si », Les Amours jaunes, éd. citée, p. 83.

[18] « Do, l’enfant, do… », Les Amours jaunes, éd. citée, p. 202.

[19] « Petit mort pour rire », Les Amours jaunes, éd. citée, p. 203.

[20] « Le poète et la cigale », Les Amours jaunes, éd. citée, p. 17.

[21] « I Sonnet », Les Amours jaunes, éd. citée, p. 40.

[22] « Le poète et la cigale », Les Amours jaunes, éd. citée, p. 17.

[23] « La cigale et le poète » », Les Amours jaunes, éd. citée, p. 205.

[24] « Le convoi du pauvre », Les Amours jaunes, éd. citée, p. 113.