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La mort d’Actéon

Un mythe de trop !

La mort d’Actéon
Bernard Dilasser
Editions de La Différence
95 pages – 12 €

Par Philippe Castells

Ce premier roman, rédigé en forme de triptyque – ainsi construit pour donner au lecteur un triple éclairage d’une même scène, celle de la mort du héros – pourrait fleureter avec la peinture de mœurs, réaliste, violente, si ce n’était la prétention de ses vues.


Une graine de fasciste, fils d’une mère idolâtre mais castratrice, succombe à l’envie de fumer un joint, pour essayer, pour savoir. Ce bon enfant dirige par ailleurs un groupuscule extrémiste (et buveur de bières). Son second, son bras droit, quant à lui est homme de petites vues et grandes phrases, fanatique de surcroît ; il voit dans l’acte de son chef une déchéance et, convaincu de son bon droit, condamne puis exécute (au couteau, symbole ô combien avéré d’impuissance) le bien pauvre Tantale. Voilà nos protagonistes en place, s’y ajoute un inspecteur, témoin mi-outré, mi-tenté des aveux de l’assassin, et il y aurait sans doute là matière à faire du théâtre, un drame mais pas une épopée.


Les trois parties du livre s’articulent tel un engrenage sordide ; entre la confession de l’exalté meurtrier/bourreau, les délires de la victime lors de son ivresse cannabique, haschischin sacrifié sur l’autel d’une pureté de bazar, et les pleurs hallucinés d’une sorte de sainte, génitrice d’un messie inconnu venu exhaler son dernier souffle au pas de sa porte, pour ne pas dire dans ses bras, en son seing, le lecteur à tout juste le temps de découvrir une triple misère : de cœur, d’esprit et d’âme, dévoilée sous ses plus pathétiques aspects, comme une triple folie, une misère de fait.


La prétendu transposition du mythe d’Actéon, reste un bien faible prétexte à ce livre, dont la langue n’arrive que rarement à hauteur de ses visées. Pourtant l’originalité de la construction, et la justesse des situations peintes présageaient d’un talent virulent, qui reste à confirmer.


Philippe CASTELLS