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Le roman des postures

Le roman des postures
Bernard Noël et Jean-Marc Scanreigh
Fata Morgana, 2003



Le figuratif cru de l’œuvre ici exposée, selon une soixantaine de tableaux, dénote quelque peu dans le paysage abstrait des illustrations auxquelles nous ont habitués les éditions Fata Morgana. Mais en l’occurrence, qui s’en plaindrait ?

Le lecteur a beau faire, il est saisi; les dessins de Jean-Marc Scanreigh lui éclairent l’esprit tant par l’exotisme du trait que par l’impudeur du détail. Galerie de postures érotiques stylisées, dans un style que l’on pourrait qualifier de néo-africain, suggestives, diffractées et ensorcelantes, le charme opère.

La question se pose alors : cet homme aurait-il découvert comment rendre le cerveau érogène ? Le seul fait de cette interrogation justifie dès lors la présence de l’auteur, qu’aucune note n’explique par ailleurs.

Le texte au lieu d’être prétexte s’affiche accessoire et illustre un panel de dessins bizarres ; illustration double de fait : l’auteur du Château de Cène, s’impose en spécialiste d’une sexualité fantasmatique, et, entre les deux livres se forme un écho symbolique ; les cinquante-cinq aphorismes, avis doctes et amusés d’un sage oriental, confèrent à l’œuvre la légitimité d’un Kama-sutra esthétisé. Ainsi du numéro vingt et un et de sa conclusion qui ramènerait à l’initiale problématique de la sensibilité érogène du cerveau : «  La variété des postures est le palliatif de la répétition. Finalement, l’organe devient la prothèse bancale de l’imagination. Mais où est alors le plaisir, dans la virtualité ou dans la réalité ? »

Le plaisir naît-il des postures prises ou des postures fantasmées ? En d’autres termes, puisque le titre nous annonce un roman, sans romance, sans amour, une fiction donc, le plaisir est-il affaire de postures ou d’impostures ? La réponse tient peut-être en cela : « Chaque chose à la dimension qu’on lui donne. Ainsi chaque partie du corps sera-t-elle fantastique dès lors qu’on la change en ce qu’elle devrait-être. »



Philippe Castells

06/2003