Exigence : Littérature



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Complices du silence ?
par Le Bouthillier, Claude.
(Montréal, XYZ, 2004)

Le dernier roman de Claude Le Bouthillier intitulé Complices du silence ?, son huitième, marque la fin de la trilogie qu’il a consacrée à l’histoire des Acadiens. Il s’agit véritablement d’une saga, racontée depuis ses débuts, d’abord par Le Feu du Mauvais Temps et par un second volet : Les Marées du grand dérangement, publiés tous les deux par la maison Québec Amérique, le premier en 1989, la suite en 1994. Mentionnons que Le Feu du Mauvais Temps a obtenu deux distinctions de valeur : le prix France-Canada l’année de sa parution, et le prix Champlain l’année suivante. Il a été réédité il y a quelques mois par la maison d’éditions XYZ, chez qui vient de paraître Complices du silence ?

Claude Le Bouthillier est un habile conteur. Et un homme d’actualité. Sa profession de psychologue, qu’il a longtemps exercée au Québec avant de revenir chez lui, en cette Acadie où il est né, a fait de lui un observateur attentif de la vie sous tous ses aspects, ce qui alimente son imagination. La surprenante intrigue qu’il invente ici met en scène un prince de la Couronne britannique qui vient s’installer incognito en Acadie, dont il a découvert des bribes d’histoire et qu’il entend mieux connaître. Il y découvre bien sûr l’amour : un roman ne saurait y échapper ! Il prendra aussi connaissance, grâce aux patientes recherches d’un nommé Poséidon, Acadien pure laine malgré son nom, d’un document compromettant pour les autorités britanniques qui ont tout fait pour le dissimuler, car il met en évidence leur complicité et responsabilité dans la Déportation de 1755. Sont nommément mentionnés dans le " papier Stuart ", la reine d’Angleterre, le président des Etats-Unis, celui de la République française, voire des personnages importants de l’Église catholique.

Poséidon, de son côté, rêve depuis longtemps que les coupables reconnaissent officiellement leur participation à ce " génocide ". Tout ce beau monde s’est est bien gardé jusqu’ici, mais à l’occasion du 400e anniversaire de l’Acadie, que l’on célèbre en 2004, voilà que l’impossible se produit. A partir d’ici, Le Bouthillier raconte l’avenir. A-t-il vu juste ? Nous le saurons avant que l’année 2004 se termine…

On peut sans se tromper affirmer qu’il a au moins vu juste en ce qui concerne le passé et le présent. Il écorche au passage, et habilement, les multiples plaies engendrées par la modernité : l’obésité généralisée, la pollution, l’usage du Ritalin pour assurer notre tranquillité, sans oublier quelques faits ponctuels comme l’intervention des agents de la GRC à l’école de Saint-Simon, les coups de violence engendrés par les restrictions de la pêche, la fermeture de villages, la vie au lazaret et… les nids-de-poule à Tabusintac !

Un grand roman social. A découvrir par ceux qui ne connaissent que les grandes lignes de l’histoire de l’Acadie. C’est à juste titre que Claude Le Bouthillier s’est mérité le prix d’excellence du Nouveau-Brunswick, le prix Pascal-Poirier, pour l’ensemble de son œuvre, commencée en 1977 avec un titre prémonitoire : L’Acadie reprend son pays.



Gilbert Forest – 26 avril 2004