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Nietzsche

Approche sensible de la Philosophie de Nietzsche


Ce texte est un essai de l'approche sensible de la philosophie de Nietzsche. Il est basé sur un souvenir d'enfance : EFFET MONTAGNE


Aujourd'hui c'est le centenaire de la naissance de Nietzsche. C'est le philosophe le plus lu au monde ; le philosophe le plus important sur le net. Sa réputation en fait une sorte de monstre sacré alors que mon approche par l'expérience sensible relativise son oeuvre pour la rendre plus humaine qu'héroique.

Tout le monde croit que l'apport de ce philosophe est infiniment plus grand que la polémique qui accompagne forcément son oeuvre, puisque Nietzsche fut victime d'une manipulation par sa soeur qui après qu'il fut tombé malade le fit servir a une fondation créatrice de l'idéologie nazie.

Autrement dit la polémique politique qui a suivi son oeuvre ne fut pas seule à empêcher son rayonnement. Il y a eu une démagogie nietzschéenne qui a donné le sentiment qu'on pouvait déduire une ligne politique de ses vues prophétiques, au dépend des qualités du poète, au dépend de ses talents de linguiste et de l'exceptionnel spécialiste de l'antiquité grecque qu'il a été . Il y a de nouveau une autre démagogie lié à son centenaire

Personne ne se demande pourquoi il faudrait admirer un philosophe qui écrivit toute sa vie sur la montagne en en faisant un terrain d'aventure naturel à son prophète Zarathoustra alors que Nietzsche qui fut malade toute sa vie n'a jamais mis un pied devant l'autre. Il fut incapable d'aller au mont Rose, au mont Blanc, même au mont Viso qui domine Turin. Il se contentait de les regarder de loin.

Si, comme moi, vous aimez les montagnes qui traversent l'Europe et lui donnent sa personnalité, vous les gravissez volontiers et ne vous sentez pas des surhommes pour autant. Une autre part de l'effet Nietzsche se dilue dans cette absence de contact physique avec ce qu'il aimait.

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Certes, en 1890/1900 la conquête de la montagne n'est pas encore effectuée. Il est « normal » par rapport à son époque que notre philosophe ne nous écrive pas du sommet de la Bernina , le sommet qui domine sa retraite préférrée de Maloja. Et, par ailleurs rien empêche de considérer les ascensions qui ont poussé l'homme à se dépasser sans arrêt comme un résultat de la philosophie nietzschéenne.

C'est ce que j'ai cru enfant.

A cette époque j'ai eu l'occasion de passer trois années de suite les vacances de neige à Sils-Maria qui est le sanctuaire préféré des nietzschéens. Nous prenions le train a Paris, à la gare de l'est dans de vieux wagons suisses qui étaient marqués « CFF.SBB » et que nous avions rebaptisés en imitant l'accent suisse, « Ca Fa FIDE. Sest Bas Bossible ». Le Voyage durait 15 h sur la vieille ligne à vapeur Belfort/Bâle avec le changement à Davos. Au petit matin, en décembre nous étions a moitié gelés 500 m au dessus de Sils-Maria, les skis aux pieds. Apercevant dans le lointain la retraite historique de Maloja : un coup d'oeil et puis « schuss » !

J'étais ivre de montagne. Comme mon âge, comme mon siècle après la 2°gerre mondiale , je suivais le mot d'ordre : « faites du sport ». Je suis monté à la Bernina , à la Jungfrau, et au mont Gelé. Je pratiquais Nietzsche avec modération.



Je voudrais donc offrir au lecteur d'EXIGENCE LITTERATURE l'occasion d'apprécier ainsi l'effet Montagne qui désacralise Nietzsche. Vous aimez les montagnes qui traversent l'Europe et lui donne sa personnalité. Vous les gravissez volontiers. Vous ne vous sentez pas des surhommes pour autant.

Nietzsche considérait l'antisémitisme comme la conséquence de l'affrontement de l'église chrétienne avec les assassins du Christ. C'est ce que j'appelle la première sacralisation de son oeuvre, l'oeuvre sacré produisant indéfiniment la même cause et les même effets. Puis dans un deuxième temps la domination sacrée de cette oeuvre s'efface avec l'expérience de la distance de ce qu'aurait voulu le philosophe et de ce qu'il a fait.

Je vous propose d'en conclure que la conquête de la montagne a été nietzschéenne. Mais, que la pratique de la montagne donne une valeur humaine à l'auteur de Zarathoustra tout en n' ouvrant qu' à une consommation modérée deson oeuvre.

Pourquoi, a cause du centenaire de sa naissance accepteriez vous plus que moi, de revenir en arrière et de vous aveugler sur la portée de son influence ?

Dieu est mort ! ce fut un cri de rage contre tout le matérialisme qu'il s'agisse du matérialisme marxiste ou de la recherche scientifique.

Ca reste une inconnue pour moi que Nietzsche n'ait jamais lu Marx, qu'il n'ait jamais dit ce qu'il en pensait. Ces deux sommets de la pensée allemande sont plus loin l'un de l'autre que les deux Allemagnes lorsqu'elles étaient séparés par le mur .

MELEZE