Exigence : Littérature



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Depuis le succès planétaire du Silence des agneaux de Thomas Harris, succès amplement mérité, et encore accru par le film très réussi du même nom, le tueur en série est devenu une figure imposée, avec plus ou moins de bonheur, tant dans le thriller anglo

A propos de In Tenebris
De Maxime Chattam.
Editions Michel Lafon/Pocket

Depuis le succès planétaire du Silence des agneaux de Thomas Harris, succès amplement mérité, et encore accru par le film très réussi du même nom, le tueur en série est devenu une figure imposée, avec plus ou moins de bonheur, tant dans le thriller anglo-saxon que dans le thriller français. Et je trouve que nos auteurs tiennent la dragée haute face à leurs homologues américains..

C'est le cas de Maxime Chattam, dont j'ai découvert le premier opus, L'âme du Mal, il y a quelques mois et j'en avais été enchantée malgré quelques petites maladresses au demeurant fort légitimes pour un premier roman publié.


In tenebris poursuit avec virtuosité l'exploration de l'âme humaine. Pour ce faire, Maxime Chattam a entrepris de longues recherches techniques que cette fois, il ne nous impose pas comme il l'avait maladroitement fait dans son premier ouvrage.


Tout démarre par un terrible accident d'avion. D'emblée, le narrateur avertit le lecteur de la suite des événements à venir. J'ai personnellement regretté ces quelques lignes qui éventent le reste du thriller. Mais libre à nous soit de poursuivre la lecture soit de l'interrompre.


Une jeune femme nue court en plein New York, folle et échevelée, et provoque des carambolages. Elle vient de fuir, de s'échapper de l'Enfer. Les meurtres s'enchaînent, tous plus stupéfiants les uns que les autres. Annabel O'Donnel, une jeune et plantureuse métisse, est chargée de l'enquête en compagnie d'un collègue et ami de longue date, Jack Thayer. Ce dernier est passionné de littérature, solitaire et mystérieux. Cette silhouette nous est familière mais elle continue néanmoins d'être attachante.

Pour comprendre l'enlèvement de femmes et d'hommes, d'enfants qui disparaissent à jamais ou bien que l'on retrouve mutilés, Annabel fait appel à Joshua Brolin qui possède cette faculté inquiétante entre toutes de se glisser dans l'esprit des tueurs en série afin de comprendre leurs motivations et de mettre un terme à leur carnage.


J'emploie des mots très forts, hyperboliques, si l'on veut faire cuistre, mais encore ne le sont-ils pas assez pour rendre compte de la démence absolue qui pousse ces hommes aux pires exactions.


Joshua Brolin est un homme marqué par la mort de Juliette, celle qu'il avait sauvée et aimée dans L'âme du Mal. Ayant quitté la police, il travaille comme privé, à la recherche de disparus.


Au fur et à mesure de son enquête personnelle, il entrevoit toute l'horreur que peut receler une grande métropole comme New York. Mais il résiste. En des pages proprement hallucinantes, nous accompagnons également celui qui se fait appeler le Monstre par une enfant séquestrée. Où sommes-nous ? Qui sont-ils ? Car il y en a plusieurs.


Lorsque je lisais, je ne le croyais pas. Exagération de la part d'un auteur à l'imagination trop riche et par trop morbide ? Certainement pas ! Connaissant Stéphane Bourgoin, le spécialiste français des criminels en série, je savais que ce que je lisais était vrai, s'était déjà produit et se perpétuerait.


De fil en aiguille, l'équipe de policiers, associée au profiler, comprend que tout est orchestré par Caliban, qui se repaît de chair humaine. Il s'agit d'orgies de chairs adultes et enfantines, de désossement d'un cheptel humain nourri et engraissé dans les entrailles de la ville afin de le consommer et de l'écouler. Annabel et ses hommes découvrent, dans une vieille mine abandonnée depuis le milieu du XXème siècle, un wagon rouillé où gisent abandonnés plus de soixante squelettes, dont celui d'un enfant.


Je n'irai pas plus loin : il ne sert à rien de tout dévoiler.

Quelques regrets cependant : la virtuosité, l'excessive maîtrise du suspens, de l'architecture de ce roman ont quelque peu gâché mon plaisir.



Dommage. Mais tout cela est bien mineur face aux frissons qui vous attendent à la lecture de ce polar.

 

Catherine Nohales

05/2004