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Qui a tué Daniel Pearl, B-H Levy

Qui a tué Daniel Pearl ? de Bernard-Henri Lévy, Grasset

"les faits; rien que les faits; et quand le réel se dérobait, la part forcée de l'imaginaire; en somme, un romanquête."

Terrifiants, les faits. Inquiétant, l'aveuglement systématique des puissances occidentales quant à la poudrière pakistanaise, afghane qui fabrique les Ben Laden à n'en plus finir.( La guerre en Irak, qui dure toujours, vient encore d'en fabriquer.)
Qui se souvient de Daniel Pearl aujourd'hui? Qui se souvient que ce journaliste a été décapité pour avoir accompli son travail de journaliste?
L'emphase, la passion de Bernard-Henri Lévy lui rendent un hommage vibrant et convaincant. Le philosophe démarre son récit par l'épouvantable narration de la mise à mort du journaliste. Récit éprouvant, insupportable. Ces fanatiques nourris, élevés par l'Occident lui-même sont la pire négation de l'Islam. Ils ne sont pas l'Islam.
Le romanquête de l'écrivain retrace_ avec une précision qui le mit en danger_ le parcours de Daniel Pearl dans cette poudrière. Il met en parallèle cette vie, ce destin et celui d'Omar Sheikh, son bourreau, pur produit de notre monde. Créature fabriquée, pétrie dans la glaise des valeurs occidentales. Conclusion hâtive, trop hâtive et qui s'impose à moi: l'Occident a tué Daniel Pearl; l'a sacrifié.

Peut-on dire, comme je l'ai lu sur un autre site que cet ouvrage est une enquête digne de Paris Match? Est-ce le néologisme "romanquête" qui induit cette lecture? La fiction la plus vraisemblable, qui devait coller au plus près de la réalité, a été sollicitée pour combler les interstices inévitables dans l'histoire de Daniel Pearl.
Ce n'est pas Paris Match. Bernard-Henri Lévy agace, irrite ou charme, c'est selon mais on ne peut l'accuser de cela. Son écriture vibrante, son emphase ne sont jamais que la marque de son émotion profonde, de son indignation. Et la réside la force de cet ouvrage.
Ne pas ressortir indemne de cette lecture inconfortable. Les livres ne doivent pas être écrits pour nous ménager.


Catherine Nohales
e-litterature.net©
07/2003