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Florent COUAO-ZOTTI

A propos de Notre pain de chaque nuit - Florent COUAO-ZOTTI
Editions J'ai lu


Notre pain quotidien c'est bien sûr le pain quotidien qu'il faut gagner à la sueur de son front et que Nono la prostituée gagne contre sa honte et sa culpabilité, c'est aussi celui que gagne Dendjer (Danger prononcé à l'anglaise) en maquereautant avant de s'amouracher de Nono et de croire qu'elle lui est destiné.
Dendjer, le boxeur, est un naïf et parce qu'un soir il l'a frappée, Nono en a conclu qu'il n'avait pas fini de grandir - il avait des comptes à régler avec ses caleçons trop courts - Nono au contraire connaît la réalité du monde et de l'argent, elle ne se laissera pas attendrir par cet enfant-là.
D'ailleurs Dendjer a une femme légitime et d'elle un enfant dont il devrait bien s'occuper.
Kapka (avec sa tête de pots à caca) le nouvel amant de Nono a lui aussi une femme légitime dont il cherche à divorcer, la palabre ne lui est pas favorable mais un député ne peut se complaire dans la fange des traditions obsolètes. C'est pourtant ce qui le perdra. pour combattre la rumeur qui l'accuse d'avoir tué sa femme il aura besoin d'argent et va tenter de corrompre Dendjer.
La langue de Couao-Zotti est à la fois violente, crue et ironique et cependant ce roman ficelé comme un roman policier se terminera mal, très mal, sans doute parce qu'il n'y a pas d'issue possible dans cet univers où le pouvoir ne tient pas sa place. Dendjer le héros mort et ressuscité (pour n'avoir pas succombé à la tentation de l'argent du combat truqué) est incapable de prendre en compte l'impossibilité de retour vers la terre-mère-prostituée et préfère se suicider joyeusement contre un arbre après l'avoir caressé.
Ce regard d'un africain sur sa terre en dit long sur le mal dont souffre ce continent. Ce qui est en cause c'est bien sûr la corruption mais c'est surtout la difficulté du passage à une société où l'argent tient si mal lieu de figure du père.

Penvins
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