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Histoire de la merde

Dominique LAPORTE

Histoire de la merde

L'économie n'a jamais été plus qu'alors lieu de merde, lieu de corruption démarqué comme tel de toute morale : la Renaissance marque par exemple, les économistes nous le disent, l'abandon de la règle médiévale de modération du bien, et le développement de théories mercantilistes, toutes définies --... -- d'un but unique à atteindre : enrichir la Nation. p45

Dans "Histoire de la merde" Dominique Laporte faire remonter la police de la merde au début du XVIe siècle (1539 exactement) où parait à la fois l'ordonnance de Villers-Cotterets et un édit de François 1er réglementant les ordures et enjoignant aux propriétaires d'installer des fosses à retrait.

En même temps que la langue s'épure,

qu'elle travaille à éliminer ou à réduire ce qui, en elle était barbare, étranger;

la merde sort de l'espace public pour entrer dans celui du privé, l'ordonnance de François 1er précisant que:

chacun... fera... nettoyer devant sa maison et amasser contre la muraille, les boues, fiens, etc.

il s'ensuit que l'individu semble dire à son voisin:

ce qui se passe chez moi, en famille, mon linge sale et le reste, ça ne te regarde pas, car ce petit tas, là, devant ma porte, ça me regarde. p 31-32

ainsi donc l'hygiène nationale nait en même temps que la langue nationale.

Pure, la langue s'en va rejoindre les joyaux de la couronne: lieu du droit, du texte sacré, lieu de la traduction, de l'échange, en elle s'épurent de leurs scories, se débarrassent de leur reste de terre les voix que font entendre les bouseux en leur patois aussi bien que les vils fruits qui résultent du commerce infâme. p 27

Le pouvoir se charge de la langue et de la propreté des rues, les basses oeuvres de production, il s'en lave les mains, il en organise la désinfection, pour lui l'argent n'a pas d'odeur, commence une

lente élaboration d'un processus de refoulement qui ne viendra son terme qu'à l'âge d'or du capitalisme et se précipitera dans la réduction socialiste de l'homme à ses besoins.


Penvins
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