Exigence: Litterature

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Littérature

Le point de vue d'Irma Krauss



La littérature française est à l'agonie et elle respire avec un poumon artificiel...

De grands romanciers (celui qui crée son propre univers en luttant avec ses propres démons) on ne peut désormais en fréquenter que dans la littérature étrangère (notamment l'Europe de l'Est, la péninsule ibérique).

On peut également rencontrer de bons romanciers en France parmi les écrivains étrangers qui ont choisi d'écrire en français ou encore de vivre en France tout en continuant d'écrire dans leur langue maternelle.

Exceptionnellement, il est vrai, nous voyons poindre ici ou là des écrivains français qui savent nous secouer admirativement ( avec deux ou trois romans). Cependant, cela est plutôt rare.... On peut toujours, c'est vrai, se rabattre sur les écrivains français morts, heureusement!

La France littéraire est en train de s'asphyxier lamentablement - elle se donne des grands airs de cocotte légère et huppée mais elle n'a plus le prestige de son faste de pacotille - et il semble que cela est du a une terrible confusion au niveau de ce qu'est la littérature.

Présentement on voit en France de plus en plus d'écrivains qui sont en fait des intellectuels qui écrivent : cela ne fait pas nécessairement d'eux des écrivains et encore moins des romanciers - loin de là.

Il y a aussi une prolifération d'un type sucré d'écrivains - du genre Hop! la joie c'est-à-dire Delerm et Cie - qui vient de partout et qui va par essence nulle part - cette littérature (?) sémillante et super vitaminée est d'une banalité plus que navrante. Passons...

Finalement il y a un nombre abusif d'écrivains français, qui oublient que Proust - le maître - est né avant eux.

Proust est mort sur son lit avec ses paperolles autour de lui. Son corps entier était en corps à corps avec la littérature. Exemple sublime de l'artiste en osmose parfaite avec son oeuvre. Alors ces écrivains oublieux ou amnésiques essaient de nous faire le coup de se mettre en scène, comme si la cartographie de leur vie insipide avait un quelconque intérêt. Ce déballage narcissique véhiculé avec emphase, mais sans grand talent, n'a d'envergure que pour les cocktails où ils iront se pâmer de leur propre vertige en grignotant des canapés et en buvant du Beaujolais.

Irma Krauss