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Le rire des luciloles - Thierry Cazals
par Alice Granger

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Editions Opale (12 Bd de Strasbourg Paris10e).


La première impression, en lisant le rire des lucioles, est celle d'une simplicité et d'une beauté évidente qui force l'attention du lecteur par la brièveté-même du texte, les haïkus par exemple, une sorte de perfection silencieuse de chaque tableau de la nature saisi dans l'instant de la perception se dit en quelques mots, cela semble s'écrire facilement mais cela doit sans doute résulter d'une incroyable maîtrise quelque part, qui mène, on dirait, à un temps très contemplatif. Celui qui écrit des haïkus en contemplant tout simplement et en silence la simplicité évidente de la nature, du jardin, des herbes, des papillons, des moineaux, des poissons, et même des pêcheurs, semble ne manquer de rien, puisque cette nature est là, et que Les corolles des coquelicots s'ouvrirent, en deux, en quatre, en mille pétales... Légers comme le vent, les pieds de l'homme se frayèrent un chemin parmi les fines fleurs rouges gorgées de rosée... (extrait du conte qui ouvre le recueil le rire des lucioles).

Le conte qui a pour titre le secret des lucioles raconte l'histoire d'un empereur mélancolique à force de ne manquer de rien, qui trompe son ennui par l'opium, et s'aperçoit qu'il y a quand même quelque chose dont il manque, la lumière de ces lucioles qui brillent dans la nuit, lumière qui suscite son envie comme jamais. Malgré tous les savants qui sont convoqués au palais pour découvrir le secret de la lumière des lucioles afin que l'empereur puisse se l'approprier, le secret reste imprenable. Jusqu'à ce que l'empereur s'incline, comme un homme parmi les hommes, dans une équivalence avec eux, devant la simplicité et l'évidence de la nature, on pourrait dire devant cette impératrice et, à partir de là, bien sûr écrire des haïkus. Tout était simple, évident.
Même une femme semble en être amoureuse, de cette simplicité évidente: Jeune femme amoureuse / Elle retrousse sa robe pour traverser / Le ruisseau à sec.

Pour en faire entendre plus sur mon impression de lecture de ce conte et de ces haïkus, je préciserai que j'ai lu ce recueil en même temps que le recueil de poèmes de Ruth Cardenas, Cantos de inverno , poèmes écrits lorsqu'elle était enseignante en Bolivie, poèmes qui sont de brefs et remarquables portraits d'enfants de la campagne, pauvres, manquants de tout, mais si vivants. En lisant ces poèmes, des textes presque aussi courts que les haïkus de Thierry Cazals, j'ai pensé que ces enfants boliviens déshérités n'avaient sûrement pas devant leurs yeux cette simplicité et cette évidence. Ils manquaient de tout. Sauf de l'intérêt de Ruth Cardenas pour eux, qui, du " Vieux Monde " où elle vit désormais veut encore leur envoyer des crayons et du papier. J'avais rencontré dans une même soirée dédiée à un ami italien, Vittorio Vettori, Ruth Cardenas et Thierry Cazals. C'est ainsi que j'ai lu en même temps les poèmes et les haïkus, des oeuvres si différentes. Mettre en contraste, en lisant, les haïkus de Thierry Cazals, très beaux, parfaits de simplicité, avec les poèmes de Ruth Cardenas, très beaux aussi et ramenant à notre mémoire d'Occidentaux-à qui souvent rien ne manque-les enfants déshérités de la planète, pour dire à Thierry Cazals que mes " Notes de lecture " et le site " Exigence-littérature " ne parlent pas que d'Angot et de Céline mais d'une centaine d'autres auteurs, et la liste n'est pas close...

Alice Granger

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