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Une forme de vie, Amélie Nothomb

Editions Albin Michel, 2010

lundi 30 août 2010 par Alice Granger

Dans ce roman, Amélie Nothomb nous invite à aller au plus près de cette forme de vie qu’est l’écriture. Amélie Nothomb entre dans le roman en train de vivre sa vie d’écrivaine très prolifique (elle en est, précise-t-elle, au 66e manuscrit, « ce n’est pas croyable que vous ayez produit tout ça toute seule. D’autant que ce n’est pas fini, que vous allez encore écrire. »), et qui répond à chacune des très nombreuses lettres qu’elle reçoit chaque jour.

Voici donc l’héroïne de ce roman, Amélie Nothomb, qui a une double activité d’écriture : elle écrit de nombreux livres, une production donnant l’impression d’être infinie, et d’autre part, elle répond aux nombreux lecteurs qui lui écrivent après l’avoir lue et peut-être incités à le faire à cause de sa notoriété, à cause du carnet d’adresses qu’on lui prête, du pouvoir qu’on lui imagine : des lecteurs fantasment de sortir de l’anonymat, de l’ombre, par elle, ils lui écrivent poussés par l’ambition personnelle. Cette double face de son écriture est très importante. Tous les écrivains ne répondent pas aux lettres que les lecteurs leur écrivent. Pour Amélie Nothomb, cela fait à coup sûr partie de cette forme de vie qu’est l’écriture. Un dispositif est ouvert, avec cette sorte de tricotage avec les lettres des lecteurs que chaque jour Amélie Nothomb va, à son bureau, réceptionner, vérifier qu’elles arrivent toujours, nombreuses, elle les trie, elle les préfèrent plutôt courtes, elle s’inquiète même qu’un échange épistolaire avec tel et tel lecteur puisse s’interrompre, elle se réserve les lettres qu’elle préfère et qu’elle a reconnues pour les lire après celles qu’elle a, pour ainsi dire, expédiées, et parfois elle se dit que ne jamais rencontrer un lecteur, ou une lectrice, n’empêche pas que l’amitié se noue. Dans ce roman qui, pour la première fois de cette manière aussi précise, va au cœur du secret de son écriture, Amélie Nothomb remet, pour ainsi dire, les pendules à l’heure : elle n’écrit pas pour que ses lecteurs lui attribuent, lui fantasment, une toute-puissance qui pourraient leur servir. Elle cherche au contraire à apparaître comme dépourvue de cette toute-puissance que sa notoriété semble lui greffer, comme castrée, c’est-à-dire sexuée fille. Entre les lignes du roman, les lecteurs doivent lire : ne m’écrivez pas pour me demander quelque chose, c’est-à-dire pour que je vous lise et que je vous aide à vous faire un nom à l’aide du mien, mais écrivez-moi pour me lire, pour me voir me faire arrêter comme terroriste aux Etats-Unis et finir à Guantanamo… Dans le roman précédent, « Le voyage en hiver », l’avion se jette sur la Tour Eiffel, c’est-à-dire sur la lettre A comme le A d’Amélie, pour la détruire, dans celui-ci, l’écrivaine va finir dans le camp américain pour terroristes, Guantanamo… D’une certaine manière, les lecteurs sont invités à être des agents de la CIA arrêtant la dangereuse terroriste s’apprêtant à entrer aux Etats-Unis pour commettre un attentat, et qu’il faut envoyer dans le camp de Guantanamo… Sur leur territoire, qui est comme l’américain, l’écrivaine ne va déranger personne…

Mais, si par exemple il y avait une lectrice qui voudrait aller plus loin, elle se mettrait à entendre autre chose de la part de cette écrivaine qui feint de croire que son écriture finirait totalement dans cette lecture arrestation, elle écouterait le silence qui suivrait, comme celui après la jouissance supposée totale de cette sexualité en acte que sont ces romans, elle aurait la surprise de recevoir une sorte d’écriture fossile, comme cette très faible lumière qui nous arrive encore et qui vient des premières secondes de la naissance de l’univers, témoignant du big bang. Elle entendrait, cette lectrice, cette écriture de ce qui reste après la jouissance, cette jouissance pas toute puisqu’il reste quelque chose, presque rien, passage du son. Amélie lui demanderait : « Est-ce que je vous dérange ? Ou bien, le territoire de votre vie est-il américain, totalement défendu, de sorte qu’à chaque étape de mon écriture, c’est comme un ace sexuel décevant, automatique, c’est pour rien, je n’ai pas fait dévier votre vie, je n’ai pas été vraiment accueillie en tant que quelqu’un sur votre territoire, vous n’avez fait que consommer mon nième roman comme un hamburger de plus ? La lectrice écouterait la question presque imperceptible d’avoir autant voyagé à travers le temps et l’espace : suis-je entrée sur votre territoire ? Une petite voix qui dit, je ne suis pas une terroriste, l’autre n’est pas terroriste, l’autre peut entrer sur mon territoire, je n’ai pas des agents de la CIA pour l’arrêter, son écriture vient habiter mon temps à mon retour de vacances, juste avant l’automne et la rentrée littéraire. Une lectrice qui entendrait, dans l’écriture d’Amélie Nothomb se précisant avec ce roman, la question de savoir si une œuvre est forcément lue comme un acte terroriste par des lecteurs qui voient leur petit territoire personnel comme un état américain qui ne doit être attaqué par aucun autre, ces autres forcément vus comme de dangereux étrangers, des pas comme nous, et, dans cette vison extrémiste, ils sont des Irakiens à aller détruire en Irak, sans se soucier des dégâts collatéraux sur les civils, puisqu’il s’agit de tuer ceux qui nous dérangent chez nous.

Une écriture, une vraie, dérange, alors, si c’est un danger, la sortie d’un livre est comme un attentat sur le point de se produire sur notre sol, il faut arrêter l’écrivaine, heureusement elle se dénonce, on sait depuis le précédent livre qu’elle est une écrivaine neu neu… L’Irak, dans ce roman, pourrait être le pays des écrivains dangereux par leurs œuvres dérangeantes sur note propre sol et qu’il ne faut pas laisser entrer chez nous, il faut envoyer nos soldats sur leur propre sol. Là, les soldats sont les lecteurs qui ne laissent pas entrer sur leur sol les œuvres qui pourraient mettre radicalement en question, faire dévier leurs vies, leur faire passer le mur du son, ils nous disent comment lire pour ne pas être dérangé : il faut lire comme on bouffe, au sens bien sûr de la malbouffe, du canard que l’on engraisse par l’entonnoir, encore et encore. D’un côté la production qui ne finit jamais, encore et encore, et encore, de l’autre une consommation, on lit comme on mange, et on rejette les déchets, et, d’une certaine manière, on se met à stocker dans notre corps, tel un camp de Guantanamo, toutes ces œuvres qu’on arrête mais qu’on ne lit pas, qui, alors, restent là à prendre tellement de place, de la graisse monstrueuse, tumeur maligne, comme une forme de grossesse sans fin, l’œuvre de l’écrivaine prenant de plus en plus de place dans le corps du lecteur, fœtus graisseux de plus en plus visible à l’intérieur du corps autre qu’est le lecteur, écriture qui colonise sous forme de graisse le corps du lecteur qui l’arrête en lui. Lecteur monstrueusement enceint de l’œuvre de l’écrivaine, qui la consomme, consomme, consomme, attend le prochain roman, pour le manger encore, en l’arrêtant en lui, en l’attendant encore comme on entend un enfant, comme si la fin de la gestation n’était jamais atteinte, l’écrivaine disant au lecteur qui la reçoit en son sein, je continue à n’en plus finir de produire de l’écriture que tu stockes en toi sous forme de graisse parce que tu n’as pas encore lu mon désir de naître, de vivre, d’être un corps qui se distingue du tien.

Dans cette fantaisie scripturale d’un lecteur boulimique, devenant monstrueusement obèse, il y a ce fantasme qu’un lecteur d’un genre nouveau pour lequel Amélie Nothomb aurait une importance si infinie pour lui qu’il en serait enceint, qu’au rythme des productions en nombre incroyable il deviendrait de plus en plus gros, la graisse étant l’écriture de l’écrivaine venant grossir à l’intérieur du corps du lecteur d’un genre nouveau. Lisant comme il mange, lisant comme un soldat américain venant tuer les terroristes irakiens en Irak et en tuant aussi des civils, il devient monstrueusement gros de l’œuvre boulimique d’Amélie. Car on pourrait dire que la faim est aussi celle d’Amélie Nothomb. Faim de la faim du lecteur. Faim d’être attendue par lui, faim que cette attente se voit dans la déformation de plus en plus monstrueuse du lecteur d’un genre nouveau.

Mais faim aussi d’être lue autrement, non pas lire ses romans comme on mange, comme on consomme, mais faim de leur anorexie, de leur non-faim, faim de la sortie de leur corps afin d’apparaître en face d’eux, qu’elle soit vue autrement que comme productrice prolifique d’objets littéraires de consommation, faim de vivre sur un territoire où vivraient des humains qui ne verraient plus l’autre comme un dangereux terroriste.

Voilà, le roman d’Amélie Nothomb commence ainsi : « Ce matin-là, je reçus une lettre d’un genre nouveau. » Un soldat américain en Irak, Melvin Mapple, lui écrit. « Je vous écris parce que je souffre comme un chien. J’ai besoin d’un peu de compréhension et vous, vous me comprendrez, je sais. »

D’emblée, la souffrance. On peut entendre : une écriture en souffrance, bloquée quelque part, stockée monstrueusement, une production d’autant plus prolifique qu’elle se répète à l’infini parce qu’elle n’est pas vraiment entendue, pas vraiment lue, mais retenue jusqu’à faire enfler, jusqu’à déformer, jusqu’à déformer, aussi, le sens d’une écriture. Amélie Nothomb se pose beaucoup de questions, pourquoi comprendrait-elle ? « Tant de gens m’écrivaient déjà leurs peines en long et en large. Ma capacité à supporter la douleur d’autrui était au bord de la rupture. » Pour le soldat américain en Irak, c’est son corps qui est au bord de la rupture, monstrueusement obèse, car, écrit-il à Amélie Nothomb, là-bas c’est tellement terrible, une tuerie, que de nombreux soldats deviennent boulimiques et grossissent, grossissent, devenant obèses, jusqu’à prendre comme lui 130 kg. Comme si la culpabilité d’avoir tué, non seulement d’avoir tué des supposés terroristes mais aussi des civils, tout ceci pour sauvegarder la tranquillité du sol américain, pour ne jamais être dérangés par ces autres tellement autres qu’ils ne seront jamais les mêmes que nous, poussaient ces soldats devenant fous de douleur à accueillir ces vies niés, bousillées, dans leur corps, sous forme de graisse défigurante, les faisant peu à peu apparaître comme d’horribles, d’effrayants, de méconnaissables… autres que leurs familles ne pourront plus reconnaître s’ils rentrent chez eux. La manière très folle de reconnaître malgré tout ces autres qu’on a vus comme de dangereux terroristes à ne pas laisser entrer chez soi, à aller éliminer chez eux, est de les manger, de les mettre dans ce camp spécial qu’est le corps, de ne plus les laisser sortir, et de grossir, grossir, grossir, grossesse inversée, grossesse suicidaire, grossesse interminable, à l’envers, comme renvoyer à avant leur conception tous ces étrangers… Amélie Nothomb elle-même, à propos de cette souffrance d’un soldat américain en Irak qui prend tant de place dit : « Contiendrais-je un tel volume ? Non. »

D’abord, Amélie Nothomb croit que ce petit soldat de base n’a pas lu ses livres… Elle lui en envoie, en pensant contribuer à sa culture… et découvre, par ses lettres, qu’il a tout lu d’elle. Quelle faim ! Alors qu’elle pensait qu’il n’en avait jamais eu faim… « Je suis vraiment touchée que vous ayez lu tous mes livres. » Melvin Mapple lui écrit son histoire. Il avait faim, dans sa banlieue de Baltimore, il n’avait pas de perspectives d’avenir, il avait compris qu’il ne serait pas écrivain, pas peintre, pas artiste, bref qu’il ne se ferait pas un nom, alors, il a eu l’idée de s’enrôler dans l’armée américaine, en croyant qu’il y serait à l’abri car il n’y aurait plus de guerre, il n’aura qu’à se laisser nourrir, loger, blanchir, bref une vie de fœtus américain tout baigne, sans aucun ennemi pour déranger, n’ayant qu’à manger… Or, c’était sans compter sur les terroristes menaçant son pays, et voici la guerre en Irak. « Sa faim allait lui coûter cher. » Il se retrouve en Irak, ce qu’ils sont obligés de faire sur ce front est si monstrueux, si horrible, tuer et risquer d’être tué, voir à côté de soi un autre soldat être explosé, qu’il se met à manger sans plus s’arrêter, sombrant dans une addiction bien pire que celle de la drogue comme au Vietnam. Retrouvant ces autres, qu’au nom de l’armée américaine nettoyeuse de terroristes il tue, en les mangeant à travers l’abondante nourriture, il se laisse imploser par eux qui sont devenus de la dangereuse graisse. Devenant défiguré, méconnaissable, il ne pourra plus rentrer chez lui, car il ne retrouvera plus jamais son corps d’avant. Ceux qu’il a tués reviennent altérer son corps, en faire de l’intérieur une sorte de bombe qui, trop grosse de toutes ces vies qu’on n’a pas voulu reconnaître, va se déchirer, s’ouvrir, montrant ses entrailles sanguinolentes à la terre. Si la vie humaine se réduit à la consommation, si tout est consommable y compris l’écriture, qui alors se produit encore et encore, alors le corps devient obèse, enceint de toutes ces choses venant se loger en lui, mais comme une grossesse nerveuse.

« A l’armée, on gagne un peu d’argent. Avec mon salaire, j’ai acheté des livres. Par hasard, j’ai lu le premier des vôtres à avoir été traduit en américain… J’ai accroché. Je me suis procuré tous vos romans. » Voilà : Amélie Nothomb nous présente un lecteur « accroché ». Comme au début de la gestation l’œuf humain s’accroche. Cela rime avec « accro ». Avec une très spéciale addiction à… l’écriture d’Amélie Nothomb. La production scripturale incessante d’Amélie Nothomb a de manière saisissante cette qualité qu’ont les enveloppes placentaires de venir se proposer à la nidification des œufs humains, elles ne cessent pas de se produire, de s’écrire, encore et encore, comme en œuvres au nombre aussi infini que le nombre infini d’êtres humains, se nommant lecteurs encore à venir s’y nidifier. Comme s’il n’y en avait pas encore eu un qui y aurait vraiment mené à terme sa vie fœtale. Sauf ce lecteur d’un genre nouveau ?

Dans ses lettres, avec Amélie Nothomb qui est, à son tour, « accrochée », le soldat se décrit, monstrueux, et évoque la vie monstrueuse, sanguinaire, en Irak, la vie foutue, la vie ravagée, l’obésité américaine aussi, faisant entrevoir entre les lignes que se nourrir bien, c’est autre chose, ce n’est pas bouffer, ce n’est pas être nourri, logé, blanchi à l’abri, c’est peut-être se nourrir de l’autre, de son écriture, de son étrangeté. Déjà, la curieuse et folle addiction de Melvin le conduit à manger sans fin pour se nourrir des autres qu’il a tués, ce qui est une curieuse altération de la faim : l’addiction de ce soldat le conduit à travers cette bouffe qui le fait crever à une autre faim : celle de l’autre qui, sur mon sol, m’apporte la chance de sortir de mon corps nourri à l’entonnoir ombilical ! Il mange à la folie pour réussir à rejoindre, à l’infini, son désir, sa faim d’autre chose, qui ne consiste pas à le boucher. Son addiction boulimique met en relief son abjection de cette forme de nourriture, frôle par l’absurde l’anorexie, fait apparaître la mauvaise nourriture, celle qui tue, celle qui enferme sur son sol le canard à engraisser. Il mange de manière absurde, fanatique, suicidaire, pour ne pas manger, pour mettre en question de manière magistrale cette nourriture, cette mauvaise mère, pour la faire exploser. Ainsi, cet obèse difforme est non seulement cet artiste du Body Art qui fait de son corps son œuvre sculptée, demandant à Amélie Nothomb de lui trouver quelqu’un qui accepterait d’exposer des photos de lui, qui le ferait entrer dans la visibilité, mais c’est aussi le terroriste qui, en faisant sauter son corps par la bouffe américaine, pose une très puissante bombe sur le sol américain. Voyez, Amérique, comment vous nous nourrissez ! Une bombe devenue visible, qui explose dans le visible. Le corps monstrueux du soldat obèse, qui envoie sa photo de lui nu à Amélie Nothomb qui la transmet à l’ami qui a accepté d’exposer les photos du Body Art, fait entrer dans le visible en fait le corps enfermé dans ses enveloppes placentaires, on le voit du dehors, comme une chrysalide. Un cocon tout rond. Une bombe chrysalide. La visibilité va déchirer les enveloppes, et, par l’ouverture béante, laisser sortir celui qui atteint à force de boulimie l’anorexie, celui qui à force d’addiction a atteint le sevrage.

Comme quoi la terroriste Amélie Nothomb rigole bien, en remplissant le ridicule questionnaire américain en arrivant sur le sol outre Atlantique, puisqu’elle a répondu oui à toutes les questions, elle sera envoyée à Guantanamo, mais c’est une très intelligente diversion : la bombe est déjà en Amérique ! Tous ces obèses ! Dans le roman, il s’avère que Melvin Mapple a menti, c’est son frère et pas lui qui est soldat en Irak, et il a eu l’idée de dire que son obésité, réelle, est une conséquence de la monstruosité en Irak parce qu’il a lu un article à propos des soldats devenant obèses pour supporter ce qu’ils font là-bas. En fait, ayant échoué à devenir quelqu’un, crevant de faim, à trente ans il est revenu chez papa et maman, et là, dans le cocon, dans le ventre, et se débrouillant, près de l’usine à pneus parentale, pour gagner quelques sous, il devient boulimique, et monstrueusement obèse au point que sa mère ne veut plus le voir. Mais entrer à l’armée pour y être bien nourri, à l’abri, n’est-ce pas comme revenir dans le ventre matriciel, et se gaver ? L’idée de l’Irak est très intéressante : lorsqu’on se contente de se gaver à en crever, on tue les autres qui dérangent, c’est-à-dire qui nous poussent hors de soi. « Il semblerait qu’aux U.S.A., le mensonge soit le mal par excellence « , écrit Amélie Nothomb en réponse à la lettre de Melvin qui lui demande de lui pardonner de son mensonge. Le mensonge, c’est de prendre l’autre pour un terroriste, alors qu’il permet de sortir de ses propres enveloppes placentaires…

Amélie Nothomb, dans le roman, décide d’aller voir cet étrange lecteur américain, qui ressemble, avec toute sa graisse, non seulement à Body Art, mais à une chrysalide explosive, à un fœtus enveloppé à ciel ouvert de son placenta. Mais, s’il s’est nidifié dans l’œuvre d’Amélie Nothomb, elle ne peut pas le voir de l’extérieur, il est en son sein. Elle ne le verra jamais ainsi. Comme une mère ne peut jamais voir de l’extérieur son enfant encore pareil à une momie entourée de bandelettes. Elle ne peut voir que l’enfant né, débarrassé des enveloppes qui l’ont nourri, ainsi que hors… du tissu scriptural qui s’est tricoté pour la nidification. Lorsqu’on a peur de l’autre au point de le voir comme un terroriste, c’est qu’on croit qu’on va être avalé en lui, que ses tissus vont nous remettre dedans, tels du tissu scriptural qui ne nous lâcherait plus jamais parce qu’il voudrait être gros de nous à jamais, nous rattrapant toujours par encore et encore du tissu scriptural… Mais Amélie Nothomb répond oui à toutes les questions, en arrivant en Amérique, elle sera arrêtée…

Je ne suis pas d’accord avec ce que j’ai lu quelque part, que ce roman ne serait pas du meilleur Amélie Nothomb ! C’est tout simplement de l’Amélie Nothomb ! Cela paraît si simple que la lire est difficile !

Alice Granger Guitard

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