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La guerre amoureuse, Jean-Marie Rouart

Editions Gallimard, 2011

samedi 22 janvier 2011 par Alice Granger

Ce nouveau roman de Jean-Marie Rouart nous offre, cette fois-ci de manière presque épurée, la logique qui est toujours en acte dans l’œuvre de l’écrivain académicien.

Le dispositif romanesque, très bien construit, fait toujours apparaître une femme qui va susciter une passion amoureuse chez le narrateur, mais la situation n’est jamais simple, car d’emblée ce narrateur ne peut être sûr d’avoir pour lui tout seul son amoureuse, on pourrait dire qu’il ne fait pas ce qu’il faut pour cela.

Le dispositif romanesque place toujours différents hommes susceptibles de lui prendre cette femme, évoquant non seulement une situation triangulaire, mais aussi une non réponse au désir de la jeune femme qui, alors, le tourne vers d’autres hommes, comme en désespoir de cause.

Le narrateur semble donc curieusement avoir besoin de ne jamais être sûr de garder cette femme dont il est amoureux fou. Soit elle a un fiancé, soit un peintre contemporain connu, pour lequel elle pose, qui a peut-être une histoire avec elle, soit, en fin de compte, et en désespoir de cause, elle épouse un jeune homme en basket et a un enfant avec lui, soit, de manière plus radicale encore, elle décroche elle-même, emportée par le courant et la lame de fond d’une mélancolie prenant la forme d’une maladie plus forte que la vie. Fin de non recevoir.

Bref, Jean-Marie Rouart semble avoir systématiquement besoin de mettre en scène la femme qui suscite une folle passion amoureuse comme à jamais perdue, ( disparition annoncée dès le début par le cadre du pays froid…) mais pas seulement pour le narrateur ! Enlevée par la mort ! Perdue non seulement pour lui, mais aussi pour chacun des concurrents… Le narrateur impuissant à la retenir, raté, sous les ordres d’une patronne autoritaire, a sa revanche au tournant, les autres hommes la perdent aussi…

La jeune femme d’origine russe surgit comme le miracle dans une vie gelée. Très vite elle est l’enfer parce que d’autres hommes font irruption et elle pourrait dire oui, tandis que le narrateur accepte curieusement que sa passion amoureuse bascule dans la passion masochiste. On devine une grande jouissance de la souffrance, d’être victime d’une sorte de femme perverse qui s’en va avec mieux que lui. Mais ça, c’est ce que le roman veut faire croire. Faire croire qu’Helena, très belle jeune fille, incarne la perversion, qu’elle en joue, qu’elle aime faire la bobine du jeu du For-Da freudien que l’enfant lanceur finira par perdre. Et qu’en fin de compte elle colle à la mélancolie maternelle, qui lâche prise à jamais, dans la passion supposée d’un goût pour le désespoir. Car derrière Helena, n’y aurait-il pas une mère mélancolique, que le garçon perd mais son père aussi. Mère qui aurait espéré de l’époux, puis du fils, et puis, en désespoir de cause, aurait lâché prise, et se serait laissée aller au fil du fleuve du désespoir, renonçant à demander audience. La chute du roman, la mort d’Helena par maladie incurable, m’interpelle beaucoup, alors même qu’à ce moment-là, le roman semble tourner court, le narrateur s’accommodant vite de cette disparition, l’amour ayant déjà cessé avant. Tout en semblant bien sûr abasourdi. En vérité, on sent vraiment qu’il a déjà fait son deuil bien avant, et que la répétition par le rajeunissement de la mère en jeune fille qui ne manquera pas de surgir à nouveau sur le chemin de cet homme d’âge mûr qui aura pris soin de rester libre va refouler efficacement le drame des femmes… Ce très curieux lâcher prise mélancolique…

Le titre du roman, « La guerre amoureuse », semble suggérer que c’est Helena, une très belle étudiante d’origine russe rencontrée en Finlande lors d’une conférence sur la critique littéraire, qui a la main, qui va d’abord envoûter le narrateur puis le torturer, lui infliger des blessures, et en fin de compte le clouer sur la croix de la perte définitive puisque l’héroïne se sera soustraite par la mort. L’auteur veut nous faire croire que c’est le narrateur, donc un homme, qui est le grand perdant dans cette guerre amoureuse où tous les pouvoirs seraient dans les mains de la belle et ici jeune héroïne aux magnifiques yeux bleu marine, surgie d’un pays glacial. Je n’y crois pas un seul instant. Le gagnant, c’est le narrateur, c’est cet homme, c’est un garçon, avec sa logique de garçon, qui dénie toujours l’existence d’une logique de fille, très différence d’une logique de mère.

La guerre amoureuse, c’est lui qui la provoque, et qui a, contrairement aux apparences romanesques, la main, dans un scénario désormais formidablement rôdé, y compris dans la belle œuvre littéraire de Jean-Marie Rouart. En refermant le livre, au terme de ma lecture, je suis restée avec l’étrange sensation que le narrateur s’était guéri à la vitesse de la lumière d’un amour passion qui l’avait torturé, comme s’il avait déjà vécu mille fois la chute, la fille arrachée par la mort. Impression que l’homme gagne sur la femme, pour pouvoir s’offrir toujours le même amour répété et impossible, qui vient follement et s’en va à jamais, avec à la clef la répétition assurée, une autre jeune fille qui viendra follement et s’en ira à jamais, ainsi que, dans les intervalles, une femme blessée jouant la consolatrice de l’homme blessé.

C’est sûr que ce roman parle du malentendu entre les hommes et les femmes, et au cœur de la sexualité. On pourrait dire que le malentendu commence avec l’apparition de la jeune fille, Helena, qui est vue par le narrateur comme incarnant le pouvoir total de lui faire quelque chose à lui, pouvoir d’atteindre son corps et son cerveau, pouvoir sado-masochiste et érotique. D’emblée, la jeune femme fait quelque chose à cet homme, le narrateur, comme elle fait quelque chose aux hommes qui la voit, au peintre contemporain Molnar, au fiancé d’Helsinki. C’est elle qui est peut-être prisonnière du pouvoir sexuel dont les hommes l’affublent, alors qu’elle, elle adresse une tout autre demande, qui prend la forme d’un désir de venir à Paris.

En face d’elle, un narrateur est en état d’addiction par rapport à une sensualité sado-masochiste, au fait que son plaisir soit inscrit dans son corps et son psychisme comme quelque chose qui vient attiser le feu de la passion et se dérobe tout le temps jusqu’à se soustraire définitivement, telle une implosion intime. Le narrateur y croirait, cette fois-ci ce sera un bonheur tranquille, l’installation dans un décor délicieux, peint de manière forcément impressionniste… L’homme, je dirais même le garçon, a besoin d’y croire follement, totalement, voici LA fille ! Il s’imagine que c’est ça, le désir d’une fille : coller à la fantaisie sexuelle d’un garçon, faire quelque chose de délicieux à son corps et son cerveau. Alors que, par-delà le feu sexuel, il y a manifestement un reste de plus en plus insistant : Helena désire autre chose… Mais le narrateur entend mal, il pense que c’est de la perversion, qu’elle est un démon. Il n’en finit pas de mal l’entendre. Il feint de ne jamais se rendre compte que c’est sa dénégation à lui qui organise le comportement pervers d’Helena, que c’est parce qu’il se dérobe à sa demande à propos de Paris, ne prenant jamais de décision pour lui ouvrir la ville lumière, qu’elle se tourne vers d’autres hommes en désespoir de cause, finissant par désespérer d’eux aussi. Le narrateur est fou de jalousie, torturé, il sera même capable d’aller fouiller l’appartement où vivra Helena à Paris, mais jamais il n’admettra que c’est lui qui a fait entrer ces autres hommes dont il est jaloux. Dans une autre version, il aurait pu dès les premiers moments de l’idylle lui offrir Paris, jouer le jeu de la figure paternelle qu’il est par la force des choses pour elle. Mais non, il la laisse au contraire désespérer de lui et se tourner, en vain pourtant, vers d’autres hommes, peut-être l’un d’eux…

Ne pourrions-nous donc pas lire autre chose entre les lignes de ce roman ? Par exemple que, lorsque la splendide Helena apparaît dans la froideur finlandaise, elle vient, par-delà l’objet sexuel qu’elle incarne et qui n’est peut-être pour elle qu’un masque, demander audience à cet homme venu d’ailleurs, qui, par la différence d’âge, est une figure paternelle. Elle se présente, et le malentendu fait qu’elle ne sera jamais entendue, pire, elle sera renvoyée au silence éternel. Dans cette guerre amoureuse, c’est elle qui meurt… Quand même ! Tandis que celui qui ne meurt pas, le narrateur, a cherché tout le temps à orienter les projecteurs sur ses affres passionnelles à lui, en long, en large, et en travers. Jean-Marie Rouart excelle à écrire ce côté-là de la passion amoureuse !

Le narrateur, homme d’âge mûr, figure de père face à cette jeune fille venue se remettre entre ses mains dans son pays froid, est incroyablement fixé sur ce qu’il sent lui, il en reste toujours aux descriptions de ce qui arrive à un homme cloué à la croix de la passion, croyant dur comme fer que c’est elle qui l’a cloué, alors que lui-même, dans sa vie, a fait très attention de n’avoir pas d’attaches, non sans s’être réservé en arrière-plan une ex-femme disponible. L’homme ne se pose jamais la question de ce qu’il lui fait à elle, et qu’on pourrait nommer roman d’une froideur radicale, roman de la mal entendue.

A plusieurs reprises pourtant, Helena tente de forcer le narrateur à prendre une décision, et ce questionnement frôle la question du mariage, comme une fille qui voudrait se marier avec un substitut de père. Le narrateur élude de manière systématique la demande d’Helena. Sa défense la plus efficace est qu’il est déjà marié. Son ex-femme reste présente, en effet. En embuscade. Pour le narrateur, il y a une sorte de schize entre la passion qu’elle suscite dans sa vie, violente, incroyable, dévastatrice, et ce qu’elle espère de lui jusqu’au désespoir radical. La guerre amoureuse, dont lui a en vérité la main, force Helena à lâcher prise, à ne plus rien espérer de cet homme qui pourrait être son père, et qui, pourtant, nous a prouvé avec force détails qu’il ne pouvait plus vivre sans elle, qu’il était torturé par la jalousie.

La jeune fille était venue demander audience à cet homme figure paternelle ayant fait irruption sur sa terre gelée, et, totalement mal entendue, elle est repartie vers le froid définitif. L’homme est resté sur ses positions de toujours quant à l’incarnation sexuelle d’une fille. Peut-être la fille avait-elle désiré que surgisse une figure de père, sur sa terre glacée, qui ne la touche pas, mais la voit et l’entend, tout simplement. Peut-être qu’un garçon a un mal fou à distinguer entre une fille et sa mère qui autrefois, premier amour, lui faisait un plaisir physique et psychique fou en même temps qu’elle lui était soustraite par le père ou une mélancolie abyssale, faisant s’effondrer la beauté impressionniste des tableaux des décors… Il n’y a pas dans ce roman de véritable questionnement sur le désespoir d’Helena dont on peut supposer qu’il l’a conduite à en faire une maladie mortelle. Le narrateur a un tranquillisant efficace, cette femme blessée, cette âme sœur, le voilà à l’abri dans une liaison tranquille. Jusqu’à la prochaine passion ? Telle l’inconnue de la Seine, Helena s’est laissée emporter par le courant du refoulement vers le froid. Le garçon n’a pas entendu la fille. La guerre amoureuse l’a tuée. Le garçon ne reconnaît qu’un seul paradigme pour l’amour, celui de la passion maternelle pour le fils remise en acte par la fille de manière répétitive sur l’homme d’âge mûr qui refoulera la demande d’une fille au père.

« J’allais vers un pays froid. » Bien sûr ! Métaphore de la fille ? De cette fille désespérée déjà tapie dans la mélancolie maternelle et l’inconnue de la Seine ? La Finlande « est géographiquement et sentimentalement plate, tétanisée huit mois sur douze par la présence du cercle polaire. » On dirait une mort annoncée… « Je devais prendre mon parti de ce voyage qui se présentait sous les plus lugubres auspices. » La chambre de l’hôtel Nelson est « envahie par l’omniprésente clarté laiteuse ». On dirait un autre temps, le décor d’une autre scène. Le narrateur se plonge dans la lecture d’une biographie de Benjamin Constant, immortel jeune homme, inflammable, empêtré de lui-même. Autoportrait ? Le narrateur se déprécie : « A ces tares congénitales, j’ajoutais celle d’être directeur d’une revue d’art sans grand renom. » On se demande si l’autocastration ne serait pas le meilleur alibi pour qu’une femme n’espère pas une installation avec lui… Soudain, une jeune fille l’interpelle avec assurance, elle « portait une chaîne en or soutenant une petite croix » : une croix ! Un hameçon ? Tout le contexte de l’enfance par cette croix ! « Ce nom qu’elle venait de prononcer me transporta soudain au cœur de la province reculée et la plus surannée. » Helena vient de dire qu’elle étudie Fromentin. Mais le temps ancien qui revient est peut-être aussi celui du narrateur. D’emblée, Helena est précise : « Il faudrait que j’aille à Paris. » Cela s’adresse à un homme d’âge mûr, un père, et qui pourrait l’aider, puisqu’il est directeur d’une revue d’art. Une demande se profile donc, de la part de la jeune fille. Le temps pourrait s’ouvrir pour elle. Paris. Demande-t-elle plus ? Elle disparaît vite, tandis que, à son hôtel, le narrateur se sent condamné à la lumière grise, semblable à « une algue échouée dans ce port de plaisance ». On peut se poser la question du statut du corps de cet homme. Tellement soumis à ce qui arrive. Puis Helena commence à l’obséder. Comment la retrouver ? Pourquoi l’a-t-il laissée s’en aller ? Déjà le For-Da…

« A quoi pourrais-je comparer mes souffrances secrètes : à celles d’un homme infirme de naissance. » Un boiteux. Bon. « Je vis seul avec ma honte. » Et si l’affirmation masochiste de l’infirmité était un subterfuge pour garder un corps d’enfant, traversé par ce qu’on lui fait, ce que la mère lui fait ? Honte ? Ou bien fin de non recevoir, face à une demande de fille ? De toute façon, je ne peux pas, je suis infirme… « Je sentais qu’elle me scrutait. »

Tableau impressionniste : « Elle était nue, allongée sur le lit aussi étroit que celui d’un lieutenant de cavalerie. » Lit à une place cher à Jean-Marie Rouart… « Entre ses seins brillait la petite croix en or. » Bien sûr ! Vierge Marie, madone à l’enfant… Mais Helena, elle a des projets pour Paris… Cela impliquait-il la nudité sur le lit à une place ? Certes : « Un déchaînement de bacchante. » Alors que le narrateur la voyait ingénue… Virginale… Elle a bien compris. Elle enflamme en experte le corps de cet homme qui pourrait l’emmener à Paris, et en même temps, « Qui était-elle vraiment ? ». Le narrateur a un besoin masochiste qu’elle lui échappe. De ne pas savoir qui elle est. C’est tout de suite en place. Elle est maintenant « enveloppée d’ombres et de feu. »

« Je l’ai dit : je boite. Un pied dans la réalité, l’autre dans un rêve inaccessible. » « … une existence privilégiée… rongé par un mal secret. » « Ce trésor, je ne l’ai pas trouvé. Je suis passé à côté de ma vie. » Mais aussi à côté de la question fille, peut-être… Le trésor… Helena l’avait « réveillé d’une sorte de somnolence. » Cependant, elle incarne « l’idéal que je n’avais jamais eu de cesse d’atteindre. » L’idéal ! Justement, Helena est autre chose qu’un idéal… « Je l’oubliais et je ne l’oubliais pas… ma vie devenait plate et insipide… » Ma vie, ma vie, ma vie…

C’est Helena qui le maltraite, et lui donne du plaisir. Ce n’est jamais lui, le garçon incarnant une figure paternelle, qui fait quelque chose à Helena, en la mal entendant. C’est-à-dire que le roman ne passe jamais de l’autre côté, il se focalise sur la passion infernale que vit le narrateur.

« Ces jours que je passai avec Helena demeurent parmi les plus enchanteurs de ma vie. » Helena est à Paris. Quelqu’un lui a prêté un appartement. Ce n’est donc pas le narrateur qui lui ouvre un lieu de vie. Détail très important. Quel bonheur qu’elle soit là, à Paris, qu’il puisse la rejoindre dans cet appartement, et en même temps le narrateur ne s’engage pas. Au contraire, il fait tout pour qu’Helena désespère de lui. Désespérant de lui, elle laissera d’autres hommes tourner autour d’elle, mais lui, au comble de la jalousie, continuera à la désespérer, à tout comprendre comme de la perversion, et ne prendra pas de décision. Elle débarque toute bruissante d’émotion chez lui, rue du Regard, éblouissante. Elle est si curieuse de Paris, elle pose des questions, idem pour la langue française.

Helena avait sûrement un homme dans sa vie en Finlande. Elle est secrète. On comprend que cela arrange le masochisme du narrateur, et aussi son désir de ne pas prendre de décision. « Je me torturais à l’imaginer. » Dispositif érotique… Maman est aussi à papa, pas qu’à moi son enfant. Et puis : maman n’est pas non plus à papa, puisque papa aussi la désespère, donc le désespoir chronique de maman me permet de ne pas cesser d’imaginer qu’elle est à moi tout seul. Une logique romanesque tire peu à peu Helena en arrière, vers le décrochage définitif : elle ne sera plus à personne…

Peintre Molnar. Le centre Pompidou va lui consacrer une rétrospective. Helena pose pour Molnar. Et plus ? Triangle oedipien réactualisé.

« J’étais déchiré de ne pouvoir ni vivre avec elle ni accepter la fatalité de la perdre. » Le fiancé de Finlande arrive à Paris, s’installe chez Helena. Torture érotique.

Louisa, l’ex-femme, prend soin du narrateur. Il peut tout lui dire… Maternelle…

La patronne de la revue d’art : le narrateur l’appelle la Catherine II de l’agroalimentaire… Air de propriétaire satisfaite… Le narrateur et la femme qui a l’argent, certes venant de l’agroalimentaire… Mais lui dépendant d’elle…

Molnar tente de faire entendre au narrateur qu’une jeune fille c’est fragile… « Vous ne voulez pas affronter la vérité », lui lance Molnar.

En fin de compte, Helena, tout doucement, se laisse saisir par la lame de fond de la mort, et, dans la trame du roman, on sent à quel point cette disparition est un point de fixation pour l’auteur. « Helena était allongée sur un lit médical surélevé. … le teint cireux… elle avait l’air d’un spectre. » Très vite, les funérailles. « Cette histoire finissait dans l’horreur. » Mais : « Helena aussi était à moi désormais pour toujours. » Voilà. C’est bien un garçon qui écrit… Et la mal entendue laisse un incurable masochisme emporter son corps dans une jouissance glaciale…

Alice Granger Guitard

Messages

  • La guerre amoureuse.... les barbelés dans la neige... Mr ROUART aime bien ce mot "barbelés". Il l’emploie à tout bout de champ. Le coup du conférencier très mûr, presque blêt qui part pour donner des conférences à l’autre bout du monde et tombe sur une Lolita exotique, d’autres écrivains nous l’ont fait et avec plus de talent. J’ai été très déçue par la qualité narrative de cet immortel, limite roman de gare, je suis certaine que LEVY ou MUSSO écrivent mieux. Ces bonshommes qui cherchent à se rassurer sexuellement en sautant des jeunes filles qui pourraient être la leur, qui ne nous épargnent rien, cela devient tendance. Romain GARY, F.O.G., André Maurois.... et j’en oublie bien sûr. Aucun personnage n’est fouillé, et lorsqu’il l’est, cela reste convenu, plein de lieux communs.
    J’ai un budget "littérature" assez conséquent, mais là, j’aurai mieux fait de m’acheter 18 € de moutarde.
    MJF

  • Une écriture haut de gamme pour un ouvrage d’une grande violence.
    Un des meilleurs livres que j’ai pu lire depuis longtemps. Peut-être parlera-t-il plus aux hommes qu’aux femmes, néanmoins je ne peux que vous recommander chaudement de dévorer cette histoire d’amour.

  • A chaque fois que j’ai lu quelque chose de Jean Marie Rouart, je me suis dit que j’aimais bien ce gars là parce que c’est quelqu’un qui me semblait très proche de moi mais en mieux. C’est souvent comme ça quand on lit quelqu’un qui écrit des choses qu’on aurait pu écrire si on avait su écrire comme il les a écrites ou encore quelqu’un qui pense ou qui ressent comme nous, sauf que lui, ça trouve un trajet de l’esprit au stylo, ça ne se déconstruit pas en cours de route.
    A par ça, Jean Marie Rouart écrit toujours très bien sans manière ni fioriture, il est fluide et léger et c’est très agréable à lire. Il est aussi très drôle.
    Là, c’est l’histoire d’un gars qui tombe amoureux d’une jeune russe en Finlande qui a le sexe qui sent le pain chaud et un goût salé, et si elle lui fait passer des bons moments, elle lui en fait baver aussi, des ronds de chapeaux. Naturellement, il ne sait pas bien ce qu’il veut en amour, un peu comme Paul Morand quand on disait qu’il pensait aux bistrots quand il était avec les duchesses, et aux duchesses quand il était dans les bistrots.
    Bref, ça se termine quand même bien, parce que lui il finit par en aimer une autre et que elle, elle meure d’un cancer.
    Lisez-le, je vous le recommande, vous passerez un bon moment, moi je l’ai terminé au lit, j’avais une gastroentérite et ça m’a beaucoup aidé à voir le bon côté des choses.

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