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Dracula de Bram Stoker
mardi 8 février 2011 par Catherine Nohales

La silhouette qui se détache de ce roman est bien celle qui fut immortalisée par Christopher Lee. Silhouette immense et noire, qui jamais ne parle ou si peu, infiniment peu. Une silhouette, que ce Dracula dans l’oeuvre de Bram Soker. Elle apparaît rarement mais le Vampire se manifeste à l’autre en battant des ailes, sous forme de chauve-souris, en commandant les éléments de la nature : les loups, le brouillard, la tempête qui doivent le protéger de la curiosité des hommes, de la traque de l’équipe de Van Helsing. Il manipule les êtres, les asservit à sa personne, au Mal qu’il incarne. Dans ce roman fantastique, Dracula est peu présent si ce n’est au début. Il est appréhendé par les expériences convergentes des différents personnages. Chacun, dans son journal, essaie de comprendre le surgissement d’évènements intolérables, incompréhensibles dans un XIXème siècle positiviste. C’est cela qui nous frappe tout d’abord dans ce très beau roman : une présence maligne mais paradoxalement discrète et très forte à la fois. On ne fait qu’entrevoir cet homme longiline dont le silence épaissit le mystère. Il est là, simplement, fortement.

Van Helsing, Mina Harker et son époux, Jonathan, témoin de l’infinie cruauté de son hôte, le Dc Seward, s’imposent avec une force rare dans le texte dont ils sont aussi les auteurs. Mais Dracula ne disparaît pas ainsi sous la présence écrasante du groupe qui le traque. Sa malfaisance s’incarne toujours sous les yeux des diaristes.

Cette figure mythique n’a rien avoir avec son homologue cinématographique incarné par Gary Oldman. Dans le film de Francis Ford Coppola, le Vampire est un homme épris jusqu’à la folie qui commet l’irréparable. Dracula est flamboyant, baroque, extrême. Superbe. Dans le roman, ce n’est qu’un bloc de haine qui finit par trouver la paix. Quelques lignes seulement à la fin de l’ouvrage disent cette paix retrouvée, une paix qui nous étonne, nous surprend car ce n’est pas l’image à laquelle nous sommes habitués.

Dracula est vraiment un très bon roman, très bien construit et la forme choisie, celle de journaux écrits par les différents protagonistes, est ingénieuse car on saisit la complexité des individus, leurs doutes, leur tentation de la défaillance.

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