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Lecture architecturée des Window (s) - Jalel El Gharbi
jeudi 30 juin 2011 par Mahdia Benguesmia

Calligraphie échaudée du regard et contraste éclaté du mot

« Aucune figure ne nous dispense de la figure »
(J. El Gharbi)

Les chiffres comme les lettres sont des signes distinctifs de la poésie gharbie.
Poète sensible au calcul cartésien des émotions et du regard tiré des abysses du mot qui fuit à la perception tangible des sens, Jalel El Gharbi spécialise sa poésie à travers une calligraphie phénoménale qui marie le nombre au mot et la lettre(1) au vertige d’un sens qu’elle n’a pas encore acquis.

Dans son recueil Prière du vieux maître soufi le lendemain de la fête (2), monté comme une maison - puzzle de quatre vingt huit étages ayant extraordinairement chacun des pieds au sol, je m’arrête à ses sept poèmes appelés Window, pour mesurer l’importance d’une vision architecturale des plus prodigieuses dans l’écriture poétique contemporaine, à travers une lecture qui emprunte son vocabulaire à une perspective de l’espace qui étend sous le pas du mot sa terre, s’agrippe à ses pans, déplie ses ourlets et ses revers, et visualise ses différentes façades.
Il est à noter cependant que tou(te)s ces Windows sont bâties dans la pierre de l’amertume d’un amour échoué. Ces fenêtres que j’essayerai d’ouvrir, à travers l’astuce du mot allègre pour décloisonner leurs mots, tissent dramatiquement à l’amour des voiles imperméables à l’amour.

Lecture graduelle des « Window » 1 et 7, et condensée des cinq autres (3)

Dans Window 1, El Gharbi écrit :
Un soir, / J’ai tout considéré / L’abrupt de la rue / L’échelle de mon désir / Le poids de ton sommeil / Et j’ai fini par partir dans la nuit profonde.

Optique 1

Tout est mesuré de l’intérieur comme qui voudrait s’affranchir de sa carcasse et laisser voir une plaie de la dimension de l’indéfinissable : l’aimée est un maraudeur géant, sans scrupule, qui emportera tout, c’est-à-dire jusqu’à l’épaisseur des mots non encore dits.

Optique 2

Une fenêtre de la dimension de l’être.
Entre le soir et la tombée du soir, le poète étale, comme qui le ferait dans un palais imaginaire, le tapis de la vertu du mot, et dans toutes les formes que l’être ne peut avoir faute de s’en être affranchi ou de les avoir dépassées, ou n’en a jamais possédées autrement, il vient pourtant reconsidérer les mesures de la contenance infinissable de l’être aimant.
Aimer est le seul verbe qui peut s’identifier au verbe vivre dans ses significations liées au bonheur, et désirer en est une de ses formes les plus ouvertes, les plus extraverties. Ainsi, de la ténacité de la pierre dans la pierre qui se parcourt et ne s’arrête dans un coin de la rue que pour reprendre le chemin de la rue, au désir dont les degrés donnent à l’insupportable le désir de ne point finir, au sommeil, mort de l’état de veille à l’état de finitude dont le poids n’a pas de poids, le poète vient mesurer l’incalculable désir, « désirer » l’autre, que d’autres désirs plus forts , plus durs, plus invulnérables qu’aimer viennent faire échouer.
Il s’avère que dormir dans tous les sens qu’on pourrait lui suggérer : oublier, partir ou mourir, peut aussi s’accommoder à l’autre penchant du désir, celui de faire échouer le désir de l’amour. « J’ai fini par partir dans la nuit profonde. » dit dans un affaissement terrible le poète peiné, pour dire, sans laisser au langage la prétention de croire à une suite du langage, « j’ai fini par partir dans la nuit profonde. » !
Point, sans retour à la ligne.

Optique 3

Window, un titre en Anglais ! Je pense que le choix de l’anglais ici, (et Jalel El Gharbi est multilingue) n’affecte nullement le contenu, car tout lecteur francophone le penserait automatiquement en français , et pourtant le mot anglais persiste, et le poète dans son insistance à l’écrire dans la langue de Keats voudrait sans doute mener son lecteur à le découvrir plus que dans sa traduction en français, dans son étymologie en anglais c’est à dire « œil » de wind-ow « œil de vent » (4) qu’il va sans ombrage pourtant inscrire carrément dans W. 5 « Je n’ai pas fermé l’œil de la nuit », et dans W. 4 « Fermée comme une paupière éteinte » en parlant de fenêtre et même dans W. 1 en citant « Le poids de ton sommeil » ; et en expansion encore dans des verbes qui disent remarquablement le verbe « regarder » dans ses états grammaticaux réels ou métaphoriques et même pathologiques car de « considérer » à « distinguer » à « miser » à « fermer l’œil » et à « je ne sais plus de quel coté de la vitre il neige » puis « j’ai fini par partir » ou « entrer dans le froid » pour parvenir à « penser à une nouvelle page », le regard nait, se transforme , est atteint de doute , meurt , puis renait à son autre réalité du regard qui veut dire : mourir le désir d’aimer et renaitre au désir d’oublier et de vivre que les deux derniers vers de la dernière fenêtre condense dans cet émouvant témoignage : Toute une vie pour comprendre / Que tout finit au grenier.

Mais tous ces regards prêtés aux fenêtres sont étonnement coordonnés pour représenter en fait dans le premier poème, considéré comme l’amorce des suivants, l’œil du temps, celui qui ouvre sur le jour et ferme sur la nuit, ce regard qui vient pudiquement le soir reconsidérer le temps.

« Un soir » dit le poète « j’ai tout considéré ».

Mais le soir du poète n’est pas le soir ordinaire de tous les hommes.
A la limite du soir humain et celui surhumain, il s’approche plus, par la profondeur, l’épaisseur et la dimension que lui confère le poète, de la limite absolue. Car le poète vient considérer ici pour l’éternité de son mot les acquis d’un jour pas comme les autres jours, parce qu’il est celui du cœur, et le jour du cœur, quand il est surtout celui du poète, passe toute une vie à se confectionner et à se nourrir de forces combien terribles du non-sens pour s’octroyer ne serait-ce qu’une petite parcelle du sens qui le déifierait.
Et le jour fini, le soir venu et plié du poète est le soir d’une peine d’abord qui ne s’achève pas, ne s’achèvera jamais tant qu’elle habite malheureusement la souffrance exprimée une fois pour toute dans le mot qui, dans « Window 1 », décide comme par fatalité épique du sort de tous les « Window » qui suivront.

Dans cette souffrance, il nous naîtra à partir des six autres fenêtres (de leurs derniers vers pour 2, 4, 6 et7 et des premiers vers pour 3 et 5) une élégie d’une beauté sans égal qui dit l’ineffable douleur des tristes fenêtres :
Avant d’entrer dans le froid / Il n’y avait personne dans ta rue /Fermée comme une paupière éteinte /Comme une métaphore passée sous silence / Toute une vie pour comprendre /
Que tout finit au grenier
.
Et pourtant, combien encore une des fenêtres qui garde l’espoir au fond de la lumière que le cœur du poète ne sait pas, ne veut pas éteindre, pourrait apporter l’espoir dit dans le sens de WINDOW ! Cette fenêtre du milieu « window 5 » qui dit : « Je n’ai pas fermé l’œil de la nuit /Pensant à une nouvelle page » !

DansWindow 2 le poète s’initie au doute :

Je distingue encore la vitre de la neige / Le bois de l’arbre /Et le chant de la morsure /Mais je ne sais plus / De quel côté de la vitre /Il neige./ Ni quelles images j’ai laissées / Derrière la vitre /Ni combien d’heures je tiendrai encore / Avant d’entrer dans le froid

Tout y est pour faire du bonheur un simple feu que l’aimée attendue doit allumer, mais la neige dépassant sa limite en pénétrant là et là, ici et ici, derrière et derrière a sapé l’espoir de voir devant ou dedans, ou même le mince fil espiègle sur lequel se maintient, grelotant, le poète.

« Je distingue encore la vitre de la neige » dit dans le premier vers le poète faisant mine d’espérer, mais les deuxième et troisième vers viennent préparer sa défaite par/ dans le mot, car quand on parvient à entrevoir ce qui résilie le rapport entre « le bois et son arbre »( v.2) et ce qui sépare grandiosement « le chant de la morsure » ( v.3), les « Mais » et « Ni » et « Ni » d’après ne peuvent que contribuer à le faire échouer au bord de son mot.
Les heures du poète ! des années en somme, et le froid est ce qui efface toutes les heures passées à aimer et à savourer dans « l’aimer » - plus que dans l’aimée chez El Gharbi- l’attente, ce mal d’aimer qui, lorsque l’amante est là, il aurait aimé qu’elle ne soit jamais venue pour l’attendre à l’infini ! confondant ainsi baiser et morsure et mélangeant, comme il le voudrait pourtant, le miel au fiel et « l’aimée » au désir de l’amour qui la dépasse et l’annule pour la vénérer.

« Entrer dans le froid » (dernier vers) suppose dans toutes les langues du monde une baisse de la température ; mais le poète attend encore le miracle de la fenêtre même si le mot gèle ici.
Il parait - mais quelle incroyable évidence ! - que le poète est plus naïf que son mot.
De l’arbre au bois, à la fenêtre, l’homme a su vaincre le froid, mais le poète travaillant à l’ombre de son homme ou à son insu ne finit pas de pactiser avec le gel, ce qui me pousse à dire non avec ardeur que tant qu’il y aura des poètes, le froid ne risquera pas d’avoir les os gelés, car quelle belle cheminée en flamme, même si jamais ramonée, que l’âme du poète !

Mais Window 3 n’attend pas beaucoup pour venir déstabiliser le sens :

Il n’y avait personne dans ta rue /Quelques arbres / Sous un ciel Renoir

Une belle leçon de naturhumanisme pourtant !
Malgré l’extrême déchéance de l’amour, le cœur de la rue bat encore à travers des arbres et le souvenir des mains qui les peignent. « La peinture est figure d’autre chose », dit le poète dans un autre poème qui n’a même pas de fenêtre pour s’ouvrir ou sourire.
Mais le poète est abattu ! A quoi serviraient les arbres, le ciel et l’art quand celui qui sait les dire a perdu l’amour de les dire ? « A quoi bon les poètes en temps de détresse ? » dit douloureusement le poète qui ouvre et ferme le recueil d’El Gharbi, Hölderlin !
Le poète s’effeuille pourtant pour fleurir les arbres de son Renoir et garder pour un autre âge de l’amour qu’il espère probe, cette autre fenêtre, de la peinture, comme celle inventée par Alberti ou celle vu à Delft, cette « fille de Vermeer » (5)

Et lWindow 4 vient conclure le sens :

J’avais tout misé sur un signe / De ta fenêtre / Et la voici / Fermée comme une paupière éteinte

Une fenêtre d’où part l’espoir, d’où meurt l’espoir !
Il parait même qu’à l’insu du poète, il est venu discrètement se faufiler ici le sens négatif ou tabou de l’œil, sa signification du « mauvais œil », du « mauvais augure » qu’il entraine, laquelle , semble –t-il a mené les irlandais à remplacer dans leur pratique de la langue œil (eye) par soleil ( sŭil)(6)
Mais là, en réalité, le poète vient me leurrer ! je ne veux pas en tant que décoratrice du mot lui envier ses fenêtres mais je constate qu’ il ya une fenêtre de trop , celle de l’aimée, puisque « j’ai tout misé sur un signe de (ma fenêtre ) / de ta fenêtre », ou une fenêtre de moins, la sienne, car rien ne prouve aussi qu’il a misé de là. Mais tout compte fait, je pense qu’il restera toujours au total sept window, en annulant celle fermée de l’aimée ou celle qui n’existe pas du poète.
Non ! en fait, et si toutes les deux restaient, car une énième fenêtre est toujours suggérée par le poète, une fenêtre d’où repart l’espoir et tutti quanti par exemple pour José Ensch, mais cela est une autre histoire ! (7)

Mais Window 5 reprend espoir et rêve malgré mon peu d’espoir :

Je n’ai pas fermé l’œil de la nuit / Pensant à / une nouvelle page / Sur le sentier du lac

Une fenêtre –phénix, penserai-je qui penserait à se rouvrir, mais le poète, tel un augure, dessine sur la cendre qui remplit son regard un œil qui se regarde au fond de l’eau et se donne une deuxième chance avant d’aller rejoindre comme Narcisse son unique image dans l’eau du lac de son sentier ou de l’incomparable échec de sa sixième window car dans :

Comme une métaphore passée sous silence

même le suggéré n’a pas lieu d’être.
Ou si le poète le suggère, il ne remplit tragiquement qu’une compétence métaphorique des plus négatives. Aucune émotion - ni bonne, ni mauvaise et même pas neutre- même allégorique n’est envisageable ici, car la détresse du poète est à son comble. Le mot, les mots se refusent à être même en mode symbolique. Mais « la métaphore est le pont de la vérité » nous dit ailleurs El Gharbi ! Comment peut-on parvenir à saisir l’ultime à travers son silence ?

Window 6hallucine . Le regard est et n’est pas.
Le poète lui a semblé voir !
Mais, combien cette métaphore est puissante dans un autre sens lorsqu’elle vient sous-entendre ce qui pourrait me tourmenter en tant qu’être humain, un mirage, pas simplement au désert quand je manque d’eau !
J’ouvre la fenêtre ou il me semble l’avoir ouverte et il me semble avoir vu et pourtant … Je peux aussi forcément avoir la gorge de mon œil asséchée, tarir dans mon regard ou dans son esprit, et une flaque d’eau pourrait m’apparaître derrière la nuque !

Et Window 7vient récapituler l’Échec :

Combien d’années à vouloir ces noms :/Un roman dont j’ai oublié l’auteur /La belle que j’ai croisée un jour sans nom / Un nom indéchiffrable en bas du tableau /Un vieux livre sans couverture imprimé à Hyderabad / Et l’illisible calligraphie du désir

Combien d’années à vouloir prendre :/ / Un sourire de Constance / Une rue de Tombouctou de Tachkent /Un poème dans une langue inconnue / Une fenêtre sur le Danube /Et un sourire de Constance

Combien d’années à écarter des bagages / Le dard de l’abeille /L’orange amère(8) /Quelques mots intrus du dictionnaire

Toute une vie pour comprendre / Que tout finit au grenier.

Et je tombe les mailles, saute les marches, m’ajuste au nombre de mon poète et propose l’Optique 7

Constat 1

La fenêtre, ici comme feuilleter, devient le mot, devient le livre, celui qui raconte la légende des temps espérés et l’amertume des temps vécus. L’œil qui surveille le temps qui traine le temps. L’œil qui ferme l’œil et se laisse cajoler par le sourire du temps. Et l’œil qui ferme les yeux au temps qui s’amuse à se jouer du temps de cet homme qui ne vit que de la respiration du temps.

Constat 2

Combien de lectures pourraient épuiser la peine des fenêtres nées des yeux qui pleurent le mot qui feint le mot ? Et combien de mots faudrait-il taire pour amadouer le dard de l’abeille qui suce le suc de la vie ?
J’improvise une septième lecture pour apporter au contraste du mot que Jalel El Gharbi fait éclater dans le mot, une stabilité dont a besoin ce mot pour recouvrer l’espoir qu’il a perdu dans tous ces / ses regards qui n’ont pu récolter que la moitié du regard ou un regard borgne que l’amour brisé a brisé au fond de l’œil.
J’improvise une septième fenêtre dans le verso de la page et je lis au lieu de « ces » démonstratif, « mes » possessif. Je veux que le poète ait une huitième chance, oui le poète !
Y a –t-il plus représentatif de la sainteté du regard de notre espèce que lui ?
je veux que le poète accède au bonheur de sa page, qu’il retrouve le nom du roman sans nom et la belle sans nom qui devrait pourtant porter un nom. Je veux qu’il déchiffre le nom du tableau et recouse le livre déchiré et recouvre, redécouvre le désir dans la calligraphie du mot désir.
Je veux, dis-je, car ici c’est moi qui commande mon mot et à lui seul il est donné d’aller ouvrir toutes ces fenêtres derrière lesquelles se tient l’ultime sens.

Constat 3

L’ultime sens ! Et comment parvenir à le flairer ? Avec du bon sens certainemment, et là le bon sens est déjà ce qui remplit le texte ou le poème en mots quand ceux-là viennent a priori épouser leurs dessous métaphoriques. Car, si je m’épuise à chercher en fait en dehors de cet espace posé, ex-posé, je me retrouverai certainement dans le no man’s land de mon poète avec une grande déception du lecteur qui se risque à superviser la maison du voisin au lieu de celle qu’il s’est assignée.
Une dernière lumière donc sur ce dernier poème vient me convaincre que tout grand désir d’ El Gharbi est, avant tout, un désir de l’ailleurs de « l’ailleurs des mots » , du livre devenu l’amant de la mémoire de l’humanité, caché de nom, caché dans un tableau, caché à l’élégance des livres reliés, le livre fait femme en fait, cet éternel recommencement de l’envie de renaitre à travers sa fécondité , et la femme faite image d’un désir absolu ou convoité indéfiniment jusqu’à « l’illisible calligraphie du désir » ! Après cette métaphore de l’injuste justesse, le point de lui-même refusera de descendre la ligne !

J’ai parlé de maison – puzzle dans mon introduction pour la distribution en pièces, ou en pierres, architecturales multiformes dont l’une appelant l’autre pour souder ou former l’image du grand poème - recueil pour la construction duquel le poète a employé, en plus de son propre personnage, deux autres architectes efficaces du mot, un grammairien et un soufi, mais exprès aussi pour conduire cette image du jeu esthétique jusqu’à ma lecture, à laquelle j’ai assigné, par admiration à cette demeure, la fonction de dépôt de réverbères en face de ses sept fenêtres, qui pourtant restent insuffisantes en nombre pour éclairer une aussi grande forteresse et mal – ouvertes de surcroit pour l’égayer.

Certes, il y a l’éclairage du dedans que les mots « amour » « prière » et « fête » illustrent, et même des livres ouverts partout sur les chemins où passent ces mots, et même aussi d’invraisemblables lampes en nombre de quatre ( sur lesquelles je viendrai poser un de mes regards écarquillés) que le poète allume dans ces dernières pages, et d’autres cachées et même d’autres fenêtres mises à l’écart de l’envie des bad Windows, mais qu’est-ce que le poète aurait perdu s’il avait débarrassé son grenier de tout ce qui n’éclaire pas, ne respire pas, ne vit pas en fait et lui avait posé un bow-window qui capte en permanence la lumière du mot qui désire le ciel, tant sa prière embrasse le monde !


(1) Dans son recueil intitulé Prière du vieux maître soufi le lendemain de la fête, Jalel El Gharbi nomme sous le titre « Extraits de l’Abécédaire du vieux maître soufi » quatorze lettres de l’alphabet arabe ( pp. 26-39) , les plus représentatives, pour lui, de la beauté sise dans la calligraphie de la lettre et de ses multiples symboles qu’il corrèle avec l’admirable sens qu’il leur fait dire en français.

(2) Publié aux Éditions du Cygne, 2010, Paris.

(3) pp. 67-73

(4) -ow de window, « fenêtre », littéralement « ouverture pour le vent, œil du vent », est issu du vieux norrois auga, « œil », lui-même du germanique *augōn- (> all. Auge, angl. eye), que les étymologistes rattachent à la racine indo-européenne OKw- , écrit Jean-Claude Rolland, dans son livre « Les grandes familles de mots », Version e-book.

(5) Dans son Della Pittura, Alberti définit le tableau comme une « fenêtre ouverte » et El Gharbi, extrêmement attentif à l’art qui s’inspire de la vie et épouse ses courbes et ses reliefs écrit dans son poème intitulé Vu à Delft (le recueil), en évoquant trois fois le mot fenêtre en relation avec Vermeer et en clignant de l’œil à l’artiste scientifique génois accompli : « Rue au bord du canal /Etroite allée, marchant vers le large /Comme chez Vermeer/Et une fenêtre fermée…J’aurais vécu ici / Si la fenêtre était ouverte ». (p.58).
Et à propos de « la fille aux perles » il écrit : « Je me souviens de la mer venant du nord/Aux reflets de perle comme /La fille de Vermeer » (ibid.), en considérant dans un texte antérieur Vermeer comme « le peintre des perles par excellence » et la perle « comme une clé de lecture de tout Vermeer », (billet publié sur le site du poète en date du 29 décembre 2009).

(6) Sergueï Sakhno, Dictionnaire russe-français d’étymologie comparée, e- book, p. 18.

(7) Dans La Passante, en hommage à José Ensch, il émeut les mots de son recueil avec un poème d’une extraordinaire sensibilité dont nous lui empruntant ici ces vers en relation avec notre thème : J’aurais tant aimé ouvrir la fenêtre /Voir passer la passante /Qui croit traverser la rue /Quand elle piétine mon cœur. (p.41).

(8) Un clin d’œil, sans doute ici aussi , même si mélancolique, à Guillaume Apollinaire pour son poème intitulé Les fenêtres et son vers combien jouxtant le sien : La fenêtre s’ouvre comme une orange Le beau fruit de la lumière !



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