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Albatros, la croisière de la peur de Deborah Scaling Kiley
lundi 15 août 2005 par Catherine Nohales

Un grand roman d’aventures, parfaitement écrit et qui tient le lecteur en haleine de la première à la dernière ligne. Pour un coup d’essai, c’est un coup de maître et je suis vraiment époustouflée par cette maîtrise. C’est un premier roman, le seul à ce jour écrit par Deborah Scaling Kiley.

Roman...mais tout est vrai dans cette histoire. Ce n’est pas une oeuvre de fiction. Il a fallu dix ans à la jeune femme pour nous faire part de sa terrible expérience en pleine mer en compagnie d’un équipage relevant des Pieds Nickelés ; des hommes et femmes cabossés par l’existence et qui, au cours d’une terrifiante tempête, vont montrer leur vraie personnalité.

Tout démarre par un essai non transformé. La narratrice tente de surfer. La passion de la mer est plus forte que tout, plus forte que les souvenirs, les échecs, les défaites. Deborah fonce mais le tourbillon la propulse des années auparavant, lors du naufrage vécu en 1982.

Début des années quatre-vingts. Par besoin vital de l’Océan, la jeune femme embarque à bord du Trashman. Elle hésite bien devant les méthodes avinées du skipper mais le manque l’emporte. Elle est embauchée sur le yacht du milliardaire propriétaire du bijou.

Tout est prétexte à faire la fête. Le skipper boit, s’abîme dans l’alcool. Trois autres individus, dont une femme, montent à bord. L’équipage est constitué. D’emblée, Marc, arrogant, irrascible s’en prend à la narratrice qui repère et dénonce l’incompétence et la dangerosité de ce coéquipier.

Une tempête s’annonce. Le yacht est perdu. Cinq personnes se retrouvent à survivre dans un canot ballotté. Et les menaces naturelles rodent autour de l’équipage. Il en est d’autres. Je ne vous dirai pas lesquelles.

Dans cette histoire vraie, les tombereaux d’eau qui s’abattent sur ces hommes et femmes décapent leur âme. Les oripeaux de civilité s’effilochent avec les requins, la soif atroce qui s’empare d’eux, la peur primaire. Le danger vous révèle dans l’abject ou la vaillance.

On s’y croirait tant c’est vraiment bien mené, bien maîtrisé. Les descriptions sont remarquablement efficaces. Elles sont techniques au début du récit ( parfois trop, tout de même ). L’effet de réel fonctionne. Aucune esbrouffe mais des faits, des gestes précis qui posent le cadre de l’action. Deborah connaît le monde dans lequel elle évolue. Grâce à son sens du récit, son intuition de la narration, nous vivons pleinement le drame violent qui fut le sien avant de se reconstruire.

Chapeau bas pour une telle réussite. Vraiment. A méditer, je crois, pour toutes celles et ceux qui se lancent dans un premier roman, une première nouvelle.

Messages

  • J’ai lu ce livre sur les conseils de Polac (France Inter) je n’étais alors qu’un lecteur occasionnel. J’ai fini le livre un soir avant de m’endormir, je n’ai lu les 2 annexes (coupure de presse journal soviétique et rapport gardes-côtes américans) que le lendemain au réveil. Une fois le livre refermé, je me suis mis à courir et à crier dans toute la maison. Je ne savais pas qu’un livre pouvait me mettre dans un tel état d’excitation. Seuls quelques Paul Auster m’ont remis dans un tel état. J’avais la tentation de sauter des pages pour avoir le dénouement plus vite et en même temps l’envie de lire lentement pour profiter de chaque phrase.

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