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Tempo di Roma

Alexis Curvers, Laffont 1957

samedi 20 août 2005 par Meleze

TEMPO DI ROMA

Il y a quelques années la BNF a ouvert dans sa base de données sur un internet un chapitre consacré « aux voyages en Italie ». Il se veut complet et correspond vraisemblablement au volume édité par la collection Bouquin sur le même sujet. Or il y a au moins une exception célèbre qui échappe à ce classement, un livre écrit en 1950 et qui devra attendre 1957 pour atteindre les éditions Laffont et rencontrer le succès qu’il méritait. Il s’agit du « TEMPO DI ROMA » de l’écrivain belge Alexis Curvers. Vous comprenez un belge écrivant en français ne peut pas appartenir à une base de données plus nationales qu’européennes. Par ailleurs le « tempo di roma » est un tableau du peintre Giorgio de Chirico bien en cours à l’époque de Mussolini.

J’ai eu plaisir à collecter tous ces faits qui font de ce livre un moment d’exception. On pourra le classer dans la sphère mussolinienne tant qu’on voudra -, de même qu’on attache parfois aussi a cette sphère le livre de Broch « la mort de Virgile » dont j’avais donné un commentaire à Exigence-, Curvers fait preuve d’un enthousiasme pour l’Italie passionnant d’un bout à l’autre et supportant facilement la lecture de 450 pages en trois jours comme je viens de les parcourir.

Le héros est un amateur d’art qui réussit le concours de guide touristique de la ville de Rome. Et pendant ce temps il devient aussi le légataire universel d’un vieil aristocrate anglais de Florence. Ces deux dimensions de l’écriture qui sont d’un côté la promotion sociale comme on trouve dans un autre célèbre roman italien tel que Padre Padrone et de l’autre la tentation homosexuelle, se rejoignent pour ouvrir des pages spontanées au sein desquelles l’auteur réussit à faire sentir quelques impressions parmi les plus fortes qui aient jamais été écrites sur la ville de Rome.

Tout d’abord il est empreint de culture latine et au lendemain de la guerre il lui parait naturel de considérer l’occupation dont Rome a été l’objet par les nazis à l’instar de la fascination que l’empire romain exerçait sur eux. En fait on a là la vraie raison de l’oubli de ce livre. Car ça ne plait pas aux Français d’admettre que Paris n’était pas l’objectif d’Hitler, que la ville de Rome était beaucoup plus précieuse pour lui , et qu’en général cette ville avec tous les âges de l’histoire qu’elle fait découvrir au regard, l’emporte facilement sur la capitale de la France.

C’est que Paris ne se défend pas pour ce qui lui donne sa valeur et qui est son esprit de résistance. La critique n’a pas su faire la part des choses en louant Cuers qui a su placer Rome en tête pour sa beauté et qui en même temps n’a pas hésité non plus pas à attaquer l’esprit de bassesse de la population romaine formée par les jeux du cirque des empereurs et entremêlant constamment le légal et le mafieux dans toutes ses activités. Là aussi il y a de très beaux passages.

Ca me conduit à un autre thème très à la mode au début du 21° siècle qui a enregistré le décès de Jean-Paul II et son remplacement par le pape allemand Benoît XVI. La ville de Rome est celle de la papauté. En effet cet écrivain belge natif de Liège et élevé lui-même dans un catholicisme fervent, à sur ce sujet des remarques admirables. On peut lui reprocher une trop grande admiration pour Pie XII qui sera condamnée ultérieurement pour sa faiblesse vis à vis de l’occupant. Il n’empêche que l’usage des rites du Vatican étudiée sous l’angle de « l’attente » me paraît d’une très grande valeur. Curvers attaque par instinct une classification qui deviendra plus tard l’anthropologie du tourisme et il y réussit mieux que beaucoup de chercheurs qui ont abordé ce comportement en se voulant plus objectif.

Je suis très heureux d’avoir conservé une trace de cette lecture. J’espère que mes catégories pourront être utiles à d’autres lecteurs. Je suis toujours intéressé par des influences fortes qui ont marqué mon chemin mais que je n’avais pas toujours su identifier.



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