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Rafael, derniers jours

Accrochez-vous au chapitre trois

mardi 22 novembre 2005 par André Marois

Un livre noir, terrible, bouleversant.

C’est l’histoire de Rafael, un pauvre type, illettré et alcoolique, simple et sincère. Dès le début du livre, il vient rencontrer McCarthy et accepte de jouer dans un snuff movie pour 30 000 $. C’est là qu’arrive le chapitre trois. En avertissement au début du roman, Gregory Mcdonald nous prévient que ce qu’il va décrire est éprouvant, qu’« il aurait souhaité ne pas avoir eu à l’écrire », mais que cela sert le propos général du livre.
En effet, dans ce fameux chapitre, le bourreau va expliquer dans les moindres détails à Rafael les tortures qui lui seront infligées avant de mourir. C’est atroce. Et la force de cette oeuvre réside bien là, car on connaît alors avec précision ce qui attend Rafael. Et lui aussi le sait.

Les scènes des trois jours qui lui restent à vivre sont d’autant plus touchantes et dérisoires.
Après un épisode pathétique où il achète des cadeaux rares et symboliques (un gant de base-ball pour son nouveau-né), il rentre chez lui dans un bidonville ignoble, coincé entre l’autoroute et une décharge publique. Il retrouve ses amis, son père, ses frères, sa femme et ses trois enfants. Il les adore.

Le personnage de Rafael est touchant, car si sincère, si pur, si paumé. L’approche de la mort lui apporte une sorte d’illumination. Il désire que sa famille s’en sorte. Il se sacrifie pour eux. Il y croit vraiment. Et nous, lecteurs, nous savons que cette aventure n’est qu’un sinistre leurre. Rafael s’est fait berner, rouler dans la farine. L’atrocité rejoint l’ignominie.

Gregory Mcdonald (www.gregorymcdonald.com) est surtout connu pour sa série policière Fletch. Avec ce livre différent et si sombre, il remporta le trophée 813 du meilleur roman étranger.

Johnny Depp adapta et réalisa le film sous son titre original (The Brave), où il jouait au côté de Marlon Brando. Mais les mauvaises critiques à sa sortie à Cannes en 1997 le découragèrent de distribuer le film aux USA. On peut néanmoins le trouver en DVD.
André Marois

Traduit de l’américain par Jean-François Merle
Fleuve Noir, 1996
Titre original : The brave (1991)

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