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Ça, c’est un baiser, Gallimard 2002
vendredi 27 janvier 2006 par Meleze

Philippe Djian

 

Ce livre, à peine commencé, j’ai eu envie d’en parler. Pourquoi ?

C’est extrêmement simple ! Dans Exigence Littérature il y avait eu une petite agitation au moment de la publication du livre des photos nues de Catherine Millet et sur la question de savoir si une telle publication relevait ou non de la pornographie.

Or page 56 du livre de Djian on trouve :

«Chéri, je suis entièrement d’accord avec toi. Il n’y a rien d’inné dans ce domaine. Et non seulement ça mais l’expérience n’est pas tout. Prends une fille comme Catherine Millet par exemple. Est-ce qu’elle sait baiser ? Et bien moi, je te dis non. Jamais de la vie. Ca sûrement pas. Je te dis non » 

Donc Djian avec un roman policier répond à Catherine Millet. Il n’a pas la possibilité de faire comme elle et de se montrer nu au coin des gares et des débarcadères. Il ne possède que l’art du roman policier et il va mettre ses personnages dans des situations telles qu’ils vont discuter du droit de la femme à tirer parti du marché pornographique.

 

 

            Derrière un roman policier se glisse tout un programme. Je n’en suis plus très sur mais je crois bien que c’est le dernier livre de cet auteur pour lequel j’avais entendu une discussion critique à la radio. La discussion m’avait paru longue et laborieuse. Djian s’en sortait mal. Il se laissait exécuter par son adversaire et c’est dommage. Le livre est ambitieux bien construit. J’ai envie d’en prendre la défense même si sur le plan de l’intrigue policière il tourne un peu vers la fin en eau de boudin.

            Il s’agit de l’assassinat d’une riche héritière dans le milieu des alter mondialistes. C’est vrai qu’on ne saura jamais très bien par qui elle a été assassinée alors qu’on aura tout le loisir à travers les dialogues de découvrir les points de vue  des uns et des autres sur les entreprises mondialisées, leur recours à la main d’oeuvre asiatique, sur le sexe et sur les différentes pratiques qui finissent par rendre le dialogue impossible dans ce domaine.

            Une de ces pratiques est évidemment la consommation de produit de dopage qui rend les personnages surpuissants pas bien loin de la nymphomanie qu’il s’agisse des hommes ou des femmes. Toujours est-il qu’on atteint un état des relations, entre les deux personnages qui alternent leur récit pour raconter leur enquête, où il n’y a plus de communication. Chacun est trop intimement victime d’une interpenetration extrême entre vie privée et vie professionnelle. Et c’est pourquoi le roman de Djian s’adresse si frontalement à Catherine Millet. D’accord elle a publié un livre de photos sur elle ! D’accord cette monographie n’est pas tout à fait de la pornographie ! Mais cette femme a-t’elle  une vie sexuelle épanouie pour autant.

 

            Vous n’avez plus qu’à découvrir le vrai sujet du suspens, l’enquête et comment le héros confronté aux même troubles que Catherine Millet s’en sort à sa façon avec ses qualités masculines et sans pour autant reproduire le personnage de Don Juan.

 

Mélèze

 

           

 

 



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