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La Raison du plus faible de Lucas Belvaux
lundi 24 juillet 2006 par Catherine Nohales

L’image inaugurale du film semble indiquer au spectateur quelle en sera la fin. En effet, au début, nous assistons à un désastre social, celui de la fermeture d’une usine en Belgique, à Liège, où ont travaillé pendant des années, des décennies, les personnages principaux du film. Ils observent, muets et terriblement impuissants, derrière une grille qui symbolise les barreaux d’une cellule, la fin d’une époque. Dépeçage d’une usine, dépeçage de toute une vie.

C’est le chômage et la misère. Même les diplômes sont inutiles, ne sont en rien un rempart contre ces fléaux. Patrick est surdiplômé mais il ne peut subvenir aux besoins de sa famille. Il cultive son jardin ouvrier pendant que sa femme trime dans une blanchisserie où le rythme est infernal.

Comment ne pas être sensible, touchée par les propos de Patrick sur les multiples licences acquises et qui l’ont conduit dans une terrible impasse ? Diplômé, certes, mais au chômage. Fierté massacrée d’un homme méprisé par son beau-père.

Alors quand la mobylette de Carole rend l’âme définitivement, tout bascule. La mobylette, instrument de survie, doit être impérativement remplacée mais où trouver l’argent ? Patrick, le mari humilié, refuse le cadeau de son beau-père. Une seule solution : le braquage d’une usine dont le patron est un véritable mafieux. Les potes de Patrick s’organisent tant bien que mal sous le regard pessimiste de Marc, le prisonnier en instance de réinsertion.

Il est vrai qu’il y a des moments de rire provoqués par la maladresse de nos bandits amateurs et au grand coeur mais comment croire un seul instant que ce hold-up va réussir ?

La fatalité, présente depuis le début, s’incarne aussi sous les traits d’une police retorse, matoise. Il y a quelque chose de l’inspecteur Javert chez ce jeune lieutenant qui asticote, provoque Marc et qui précipite sa chute. Partant, il précipite celle de ses amis.

Pouvait-il en être autrement ? Comment échapper à cette misère noire qui englue toutes et tous ?

Pas une lueur d’espoir dans ce film noir. Si, une tout de même, la solidarité entre estropiés de la vie.

Cela ne saurait suffire.

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