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Un Français libre

Jacques D’Arribehaude, L’Age d’Homme, 2000

dimanche 13 août 2006 par Alice Granger

Ce deuxième tome du journal de Jacques D’Arribehaude, allant de 1960 à 1968 et publié en partie une première fois sous les titres « Complainte mandingue » (1999), « Une saison à Cadix » (1997), « L’encre du salut » (1997), nous fait cadeau comme le premier tome d’une liberté de pensée qui nous fait sentir à quel point aujourd’hui cette pensée s’est laissée décapiter par une intimidation immanente relayée de partout. La pensée de Jacques D’Arribehaude se risque par l’écriture, cette « encre du salut » qui « est la ressource de ceux qui ont précisément du mal à exprimer en société ce qu’ils ressentent », donnant l’impression que cet auteur est un survivant inespéré d’une autre époque.

Par-delà cette pensée qui prend donc des risques à dire par exemples des opinions politiques avec une liberté et une vigueur qui contrastent avec l’autocensure devenue habituelle, la valeur absolument unique de ce journal me semble surgir de cette impression qu’il donne d’une cohérence psychique époustouflante organisant au fil des jours et des années une vie sexuelle, amoureuse et professionnelle apparemment chaotique et anarchique au cours de laquelle cet homme tel le phénix ne cesse de renaître des cendres auxquelles l’ont réduit ses aventures.

Une logique traverse cette sorte de errance sexuelle qui s’embrase avec Kid la nordique, avec Gabriela, avec Jane l’Anglaise, toutes des jeunes femmes mariées, après l’initiation auprès des femmes africaines si libres et des femmes oisives sur le bateau ramenant du Tchad. Ce journal est le plus beau reportage réalisé par Jacques D’Arribehaude, qui en a pourtant fait beaucoup pour la télévision. Cette écriture est à ciel ouvert sur la lente mais sûre progression d’une caméra filmant les images d’une vie qui apparaissent après-coup littéralement organisées par le but à atteindre, le port où arriver et rien d’autre ne pouvant arrêter en cours de route le libre et brûlant aventurier. Ce deuxième tome du journal, parce qu’il aboutit enfin à la stabilité, à une femme, Roussia, avec laquelle ce sera possible de faire sa vie, et aussi, comme par hasard, à une réussite professionnelle remarquable, nous fait soudain, à la fin, tout comprendre. Jacques D’Arribehaude s’enflamme corps et âme pour cette série de femmes, la plupart mariées d’où l’ambiguïté incestueuse de chaque situation triangulaire, mais depuis le commencement de chaque aventure c’est certain qu’aucune ne le gardera, parce qu’en fait il est d’une fidélité absolue à celle dont le visage ne sortira de l’ombre qu’à la fin, lorsqu’il arrivera « nel mezzo del camin » de sa vie, à la quarantaine. Roussia entre très logiquement en résonance avec la mère de D’Arribehaude, c’est évident. Comme si, dans cet extraordinaire reportage qu’est ce journal, un homme passait lentement des mains de sa mère aux mains de sa femme, la première ne le lâchant psychiquement que lorsque cette femme correspondra parfaitement. Tout semble se passer comme si, jusqu’à la quarantaine, comme un surabondant supplément, il avait accès très librement aux passions sexuelles l’attirant dans leur giron, le retenant en deçà, encore et encore et encore mais aussi jamais, jamais, jamais, interdit de l’inceste oblige de manière si contradictoire dans tant de liberté, toutes ces flammes l’embrasant étant comme une drogue dont le sevrage est très habilement mis en œuvre par la liberté même de consommer. De sorte que, au milieu du chemin de la vie, il puisse ne plus être tenté, puisqu’ayant « tout » connu. Roussia peut accueillir un homme rendu vierge par la surabondance même de ses aventures sexuelles. Désormais, il a envie d’autre chose. Il est, pendant plus de vingt ans, allé dans une voie, à fond et au risque de sa santé, pour ne pas exclure une deuxième possibilité, pour enfin arriver à autre chose. Au bout du compte, la façon ancienne de vivre, dans une liberté sexuelle absolue, corps englouti par les flammes et tête obsédée, se trouve interdite par le fait même de n’avoir apparemment jamais subi d’interdit, d’avoir pu se vivre « totalement », jusqu’au sevrage, jusqu’au désir d’autre chose.

Jusqu’à plus de quarante ans, la boussole la plus sûre pour guider sa vie aventurière est son corps, ce qui est la preuve la plus infaillible qu’il est encore entre les mains de sa mère à travers chacune des femmes et les situations triangulaires qui vont avec. C’est ça, son très extraordinaire reportage : avec son corps sentant au quart de tour que sur terre c’est possible par une sorte de saut de revenir baigner dans une communion matricielle, il vérifie que, depuis les femmes africaines, ne manquent pas des suppléments de chair maternelle avec laquelle plonger dans le bonheur fou, l’entente parfaite. C’est très physique, c’est très charnel, c’est une communion de sens, même si ensuite cela envahit sa tête de manière obsédante parce que l’impossible vient se mettre en travers et qu’il sait bien que cette fois encore ce ne sera pas la femme de sa vie, avec laquelle se marier et fonder une famille. Son corps, celui qui au quart de tour sait sentir la chair avec laquelle communier encore comme dans le sein maternel, avec laquelle sauter d’un bond en arrière dans les eaux vives de Bayonne, en s’enflammant totalement, sang basque de sa mère, ne cesse de vérifier qu’il y a des femmes, comme par hasard mariées, mais soit oisives, soit désirant échapper à une situation conjugale ennuyeuse, étouffante, révoltante, qui peuvent, juste là à portée de regard, de sexe, lui offrir un bonheur placentaire inimaginable, d’où cette entente sexuelle, physique, charnelle, que ce journal ne cesse d’écrire. Le corps spécial de Jacques D’Arribehaude, tel un reporter surdoué, sent au sens fort quand une femme est pourvue de cette matière rare, elle est juste là, au hasard de la vie libre semelles au vent, et elle ouvre, comme par miracle, de manière très réelle, un placenta dans lequel elle attire, et le corps de cet homme s’y engouffre totalement, brûle à reculons jusque dans les limbes, retrouve les vagues matricielles de Bayonne, l’intérieur sans âge de sa mère étrangement laissé à disposition du fils par le père. Car, à travers chacune de ces femmes mariées, que l’ennui, l’oisiveté, le désir d’échapper à la monotonie d’une vie de mère de famille ou d’épouse à laquelle rien ne manque, se met en relief le désir d’une femme d’avoir un fils. Jacques D’Arribehaude ne retrouve-t-il pas, tel un reporter spécial, le moment précis où sa mère, ne pouvant se suffire de sa vie avec son mari, a désiré avoir ce garçon, ce fils unique, pour donner un supplément infini d’images et de sensations à une vie conjugale ? Chacune de ces femmes mariées ne sont-elles pas un retour de sa mère dans le désir d’avoir un garçon qui lui offrirait les images d’une autre vie que l’archi-connue vie conjugale ? Pourquoi s’étonner alors que ce fils soit ensuite devenu un très étonnant reporter, aussi bien par son journal que pour la télé ? Pourquoi ces femmes ont-elles ça, cette chair, à lui donner, à lui ouvrir, ce que son corps reporter saisit au quart de tour ? Chair à la fois très réelle, très folle, et impossible à garder pour faire sa vie, chair qui le met dehors aussi violemment qu’elle l’a accueilli dedans. Sa mère, à Bayonne, est à la fois auréolée, son origine basque en fait une femme libre, et en même temps la relative pauvreté matérielle, un père ouvrier comme l’écrit Jacques D’Arribehaude, en fait cadre d’entreprise, font que dans le cadre de l’enfance le giron maternel se présente comme détruit, comme mettant dehors, comme forçant à aller ailleurs chercher des suppléments remédiant à cette destruction. La métaphore de la pauvreté familiale est essentielle dans la vie de cet auteur. Elle fait pivot dans cette œuvre. Elle est la marque du père, bien sûr. Père pour lequel le fils a une estime incroyable, mais père qui, comme par hasard, n’assure pas un confort qualifié de matriciel pour l’éternité. A cause de ce père « ouvrier », « artisan », le lieu maternel est en puissance détruit à partir de la naissance, le fils ne peut espérer s’y éterniser, par-delà son désir et celui de sa mère qui entrent en communion. Alors, pour ne pas faire comme de le frère de la mère, auquel selon le dire de la mère Jacques ressemble, mort pour rien à la guerre 14-18, sacrifié, sacrifié par la destruction matricielle de la patrie qui ne garde pas en son sein son fils, le fils Jacques s’enfuit pendant la deuxième guerre mondiale, il passe du côté de la France libre, de la résistance, de De Gaulle, et c’est déjà une métaphore du supplément à la destruction irrémédiable du sein de la patrie à l’heure où aucun mère n’assume vraiment, pas même De Gaulle qui s’avère être décevant par la suite. Bref, aussi bien le père que De Gaulle inscrivent l’interdit de l’inceste, l’absence de remède à la destruction placentaire, matricielle, et voici que se met en relief une mère qui, comme la patrie française, et à son corps défendant, ne peut assurer à son fils un intérieur non détruit, parce qu’elle ne peut rien faire contre le fait que, par-delà Pétain, le père et tout substitut du père alias De Gaulle n’assurent pas vraiment ? Reste le fait que, allant voir ailleurs, passant en zone libre, en Espagne, où il est d’ailleurs arrêté comme inscription de l’interdit de l’inceste, où cet interdit s’écrit comme l’hépatite C qui de longues années durant vont lui faire risquer sa vie et le miner par des nausées et des migraines terribles, s’ouvre le temps du supplément, de la folle vie libre, de la vie sexuelle surabondante et source de bonheur fou, engouffrant, obsédant, avalant son corps jusque dans des utérus exquis . Tout cela parce que sur terre, à commencer par la généreuse et libre Afrique, existent des femmes qui l’ont, ce supplément de chair, de matrice, répondant au fantasme de la mère de retenir son fils dedans. Ces femmes l’ont à disposition, l’ouvrent à Jacques pour des aventures charnelles engouffrantes, justement parce que, contrairement au père ouvrier, elles ont un mari qui, matériellement, assurent, riches. Ces femmes sont, matériellement, assurées, et, sexuellement, en manque, giron ouvert pour accueillir la nidation sexuelle du fils. D’où une ambiguïté fondamentale qui poussent Jacques à aller rôder auprès de ces maris qui ont des moyens... ! Ambiguïté incestueuse ! L’aventure passionnée avec chacune de ces femmes, Kid, Gabriela, Jane, et les autres, n’auraient pas été possible sans cette sorte de mari. L’aventure s’est à chaque fois jouée aussi avec ces maris. Qui laissent leur épouse s’ouvrir à Jacques suppléant à leur impuissance à combler leur épouse. Situation triangulaire. Incestueuse. Mais aussi interdit de l’inceste, car, manquant de moyen, se gardant bien d’avoir, matériellement parlant, une situation stable, se protégeant de la dévoration par une installation pour la vie, Jacques n’est pas « à la hauteur » de ces différents maris...d’où l’interdit de l’inceste...quand même...Cet impossible se réitérant finissant par faire ressortir l’abjection : Jacques D’Arribehaude arrivant peu à peu à se voir, dans cette sorte-là de miroir, comme un raté. Il se fait jeter dehors par sa propre abjection.

C’est le désir insistant de sa mère à le voir installé, professionnellement et sentimentalement, qui met en relief la destruction en puissance du lieu où réellement s’installer. La mère n’est plus un lieu dans lequel entrer. Si Jacques D’Arribehaude, avec ses économies d’Afrique sur lesquelles sa mère a veillé, a pu offrir à ses parents la maison sur les remparts de Bayonne, n’est-ce pas pour mieux souligner qu’il a réussi à construire sur du détruit ? Et, à Paris, lorsqu’enfin il peut acheter un appartement, c’est sa mère qui vient l’aménager, avec goût bien entendu, avec ses meubles basques qui ont la patine de l’ancien. Tout dans la vie de Jacques D’Arribehaude porte la marque d’un intérieur maternel.

Avec Roussia, d’origine russe, issue de l’émigration pour échapper aux « lendemains qui chantent » communistes, voici une femme très différente de celles jusque-là rencontrées, y compris cette Alice là depuis l’adolescence basque comme métaphore d’une richesse toute américaine, frimant avec sa décapotable américaine, sa maison dans le Lubéron. Roussia, elle, n’a pas de mari riche, même si, lorsqu’elle apparaît dans sa vie, arrivé à « l’âge des dernières chances », il peut dire : « Je n’ai jamais rencontré quelqu’un qui approche de cette ouverture du cœur, cette confiance spontanément offerte, comme si tout chez cette femme ignorait ou voulait ignorer l’existence du mal et dénier les difficultés et les embûches du sort ». Elle est, comme par hasard, sans mari. Divorcée d’avec un premier mari, duquel elle a une fille, Irène, adolescente de 17 ans, et veuve d’un deuxième mari. Elle n’est pas pourvue, matériellement parlant, d’un « dedans ». Au contraire, pour l’œuvre cinématographique qu’elle projette de réaliser, elle a besoin du « cinéaste », du producteur et reporteur d’images qu’est Jacques D’Arribehaude. Avec Roussia, c’est autre chose. Le mari disparu entre en résonance avec le père ouvrier. La situation matérielle de Roussia fait écho à celle de la mère d’autrefois, et la pauvreté. En tout cas, la sensation de la situation incestueuse a disparu. Roussia rêve d’installer Jacques dans un mariage avec une femme riche, qui pourrait lui offrir de ne pas avoir à gagner sa vie et de pouvoir se consacrer uniquement à l’écriture. Elle fantasme de lui donner par une femme riche interposée ce qu’une mère en sa chair peut offrir comme abri matriciel, et elle met donc en relief Jacques D’Arribehaude comme un fils, plus que jamais. Tandis qu’elle, comme se moquant de la précarité professionnelle de Jacques, pas encore « installé » à plus de quarante ans, va pouvoir bénéficier jusqu’à la fin de ses jours, à condition de ne pas se remarier, de la confortable pension de réversion de son deuxième mari mort. De manière provocante et incroyable, Roussia finit donc par se présenter à Jacques comme une femme n’ayant pas besoin qu’il soit capable d’assurer matériellement parlant la vie d’un couple, elle semble ne rien attendre de lui, de toute façon il paraît ne pas avoir beaucoup de moyens...En apparence, elle ne demande rien, elle est très libre. Sa joie de vivre, pourtant, devient très vite irrenonçable pour Jacques D’Arribehaude. Elle lui a entrouvert autre chose. Déchirure sur quelque chose de jamais encore vécu. Et là, tout à coup, comme par hasard, alors que cette femme n’a pas besoin qu’il soit capable d’avoir les moyens, il décroche enfin un contrat inespéré avec la télévision. La rémunération est mirobolante, c’est Byzance ! Enfin il a les moyens ! Roussia, nous l’imaginons, va apparaître comme sa mère réparée, comme sa mère femme enfin satisfaite d’avoir un mari avec des moyens, ce sont les plaintes de sa mère autrefois qui se trouvent avec cette femme aujourd’hui enfin par le fils apaisées, plus de quarante ans après. Roussia nous semble avoir totalement repris à son compte le désir de la mère, et le fils peut l’agréer avec une femme qui n’est pas sa mère, mais étant, dans le déplacement radical, quitte, il a bien entendu, et bien répondu, il peut enfin être lui-même le fils apaisé. Parce qu’il est quitte par rapport à la question, « Que veut une femme, une fille ? », question qu’incarnait très bien Alice, cette figure de sœur, de fille face au garçon, qui l’a accompagné depuis l’adolescence, et qui, enfin, s’est éloignée, comme pour laisser Roussia advenir. Ce n’est pas par hasard s’il n’a jamais eu d’enfant, car l’enfant qu’il s’agissait de donner vraiment à la lumière, cela a toujours été lui, le garçon, et elle, Roussia, la fille. Ainsi donnés à la lumière, à travers une œuvre d’écriture, ne sont-ils pas, ce garçon et cette fille, des paradigmes pour des descendants qui s’inspireraient d’eux ? La poursuite de la lignée est-elle seulement une question de sang ? Jacques D’Arribehaude écrirait-il, serait-il à ce points obsédé de laisser son œuvre, s’il n’était pas persuadé qu’on fait aussi des enfants par une voie littéraire, réussissant à perpétuer la lignée de Français libres ?

La jalousie de Roussia est très intéressante. D’une part, elle sait intuitivement que c’est sa vie d’avant qui a conduit cet homme jusqu’à elle dans une sorte de virginité, au seuil d’autre chose. Alors elle a en quelque sorte une dette envers cette série de femmes si différentes d’elle, sans elles son rôle à elle n’aurait pas été amené pour ainsi dire logiquement. Elle est liée à elles, elles ont été son « voyage au bout de la nuit » matricielle, et ce n’est pas par hasard que Jacques D’Arribehaude a une vraie passion pour Céline, et qu’il a pu l’interviewer peu de temps avant sa mort, Céline l’ayant agréé comme une sorte de semblable. Ce journal raconte cette rencontre avec Céline. Roussia a un intérêt ambigu et féroce pour les femmes d’avant de Jacques. Comme si dans leur miroir elle se construisait peu à peu sa propre image comme ce qu’elles n’avaient pas à proposer à Jacques pour être vraiment son « encre du salut ». D’autre part, sa jalousie, qui ordonne que tout ceci soit fini, soit interdit, souligne l’incompatibilité entre elles et elle, entre la vie d’avant comme un voyage au bout de la nuit et la vie de maintenant enfin donné à la lumière, célébrant un mariage comme une naissance. Jacques D’Arribehaude écrit avec humour : « Je ne sais plus comment marcher dans la rue ni quoi regarder sinon le ciel en écrasant les innombrables merdes de chien, tant elle guette mes regards les plus souvent distraits ou perdus dans le vague d’innocentes et vieilles rêveries. ». Roussia, par rapport à la série des femmes de Jacques, déchaîne une passion du mal qui s’ancre dans son origine russe. Mais c’est très logiquement que cela vient jouer dans la vie de son futur mari. « ...elle a l’écrasante capacité non seulement d’inventer des raisons de se torturer, mais encore d’imposer ce que je suis bien obligé d’appeler la tyrannie de sa souffrance. » Roussia sent dans son corps et dans son âme ce qu’elle n’a pas, ce supplément de chair matricielle qu’elle ne peut offrir à Jacques comme toutes ces femmes l’ont fait. A travers la tyrannie de cette souffrance, elle va sur le terrain, comme pour un reportage là-aussi, de ce qui lui manque pour pouvoir à la manière maternelle ramener en elle, dans une folle communion physique, cet homme. Roussia parle la destruction placentaire enfin signifiée à ce fils, elle lui dit aussi la naissance à partir de cette coupure, elle lui chante à travers sa joie de vivre la lumière du dehors, et c’est logique pour elle de partir à la chasse de tout indice faisant soupçonner une régression pour lui. Ce qu’elle n’a pas, ce pouvoir charnel de le ramener dedans, en arrière, de le retenir dans une sorte de maladie d’enfance, c’est une chance pour lui enfin sevré. Mais en même temps, elle souffre de ne pas avoir cet « intérieur » charnel qu’il fallait, elle hurle ce qu’elle n’a pas, en fille qui ne peut plus ignorer qu’elle n’a pas. Reportage, ce journal splendide, sur la différence sexuelle, sur les fantasmes des filles, des garçons, comment cela s’écrit à partir de la mère, du père.

« Peut-être penserais-je moins à mes jeunes amies si elle ne m’en croyait à ce point obsédé ? » « Adieu caprice, adieu fantaisie...adieu joyeux délires...Elle a horreur de mes amis...J’aspire à autre chose, à l’harmonie dans la paix des sens....Je l’aime autrement. » Cela ne s’occupe plus de son corps selon une logique maternelle. Cela ne le saisit plus comme des mains de mère, comme une préoccupation de mère. « Il m’a fallu oublier plus ou moins la joyeuse simplicité africaine...Eteindre la lumière... » Roussia n’a plus ce quelque chose, et comme par hasard elle ne peut plus avoir d’enfant : « J’aurais tant voulu être la plus belle et la plus jeune pour t’offrir ça... » Voici une femme qui doit elle-même faire le deuil d’un intérieur matriciel qu’elle ne peut incarner. Passion torturante. Roussia fait d’abord mine de s’effacer : « Je ne suis pour toi qu’une thérapeutique provisoire, une pause un peu amère et décevante après tes nombreux et chers déboires, rien de plus qu’un repos passager ». Elle prend le temps de faire le deuil d’une certaine image de femme, pour s’accepter autre : « J’ai besoin d’être aimée pour moi...je ne me sens pas à l’âge d’accepter de me tenir à l’ombre de ton admiration pour ces jolies allumeuses ... ». Elle n’est pas l’une d’elles. Elle se met en relief par le négatif. Par sa parole forte, elle acquiert une valeur comparable à celle de la mère. Peu à peu, elle se met à peser aussi lourd. Et, comme pourrait le dire la mère, elle croit en lui : « N’oublie jamais que tu n’es pas n’importe qui et ne te laisse pas détruire par des imbéciles... » Soutenue par sa fille Irène, elle dit « qu’il n’est possible d’aimer vraiment d’amour qu’un seul être, et dans l’absolu de la fidélité réciproque ». C’est clair... ! Mais c’est vrai qu’avec elle il a retrouvé « la vraie maison, la vraie patrie qui m’attendaient ».

Roussia et Jacques, c’est l’union de deux rescapés sauvés des eaux, qui s’aiment autrement. Rescapés des eaux ! Comment mieux dire que chacun d’eux, l’homme et la femme, le garçon et la fille, ne sont plus dans la métaphore des eaux matricielles, dans une vie assurée. Ils sont nés. Roussia est une femme qui ne se présente pas comme les femmes qu’il a connues, chacune d’elle entretenue dans l’aisance par leur mari, flottant dans les eaux. Rescapés des eaux qui se sont perdues avec la naissance. Cette métaphore de la naissance. Après Jane l’Anglaise, avec laquelle il connut une sorte « de fidélité mystique à la pureté de l’enfance, âmes sœurs », Jacques D’Arribehaude est confronté à l’usure sentimentale, à une « espèce de tarissement de mes anciennes capacités d’emballement », il est fatigué. Par rapport à cette fatigue, « la bonne humeur de Roussia, sa gaieté, me sont devenues un réconfort et un soutien indispensables. » A ce moment-là, comme par hasard, les problèmes de santé de D’Arribehaude sont de plus en plus fréquents, et c’est Roussia qui le soigne.

Jacques D’Arribehaude s’est donc présenté à Roussia avec ses problèmes matériels non résolus, à quarante-deux ans. Jusque-là, dans ses aventures amoureuses, c’était comme s’il avait veillé à ne pas avoir les moyens matériels de vivre une vie de couple et entretenir une famille. Son manque de moyens matériels, sa non installation professionnelle, n’étaient-ils pas le plus sûr moyen de rendre impossible l’installation. C’est seulement avec Roussia que ses problèmes matériels seront résolus. Et qu’il aura, nous l’imaginons, des moyens à lui offrir, au moment-même où elle pourrait aussi s’en passer.

A propos de sa mère, qu’il va voir à Bayonne de temps en temps : « Hors de question de lui présenter une fille autrement que pour le bon motif et avec les garanties de sérieux, d’antécédents familiaux respectables... » Roussia, à l’évidence, a les mêmes exigences que sa mère, d’où cette forte impression de retrouver la vraie maison...Par contre Kid « n’aurait jamais pu cadrer avec l’humble code de nos traditions familiales, de nos principes de dignité simple, modeste et tranquille, ceux qui ont cours depuis des siècles dans ma vieille Navarre, et qui m’ont fait ce que je suis ».

Adolescent, fils unique à l’enfance trop choyée, avec une mère qui avait tout reporté sur lui, il échappa au cocon familial par l’échappatoire de la guerre, et ce fut le début d’un interminable nomadisme, et pas de perspective de mariage à l’horizon. Il avait un tel besoin d’évasion, d’horizons lointains, « quasiment mythiques et inaccessibles ». Disons que, longtemps, s’écrivit paradoxalement à travers cette inimaginable liberté sexuelle l’interdit de l’inceste. Ne pas se fixer, au contraire n’en pas finir de trouver de désirables jeunes femmes toutes interdites pour une vie normale de couple par leur mari, c’était continuer à échapper au cocon familial. Il fut interminablement « un pauvre enfant pas fort du tout, maladif, uniquement déterminé à échapper à l’affreuse prison à quoi se réduisait à mes yeux ce que mes parents entendaient par une perspective d’études et de carrière exemplaire ». Mais, toujours, il aura cette idée dominante de ne pas, finalement, décevoir sa pauvre mère et son père. Il aura réussi. A partir de Roussia, il aura rejoint la vraie maison, et l’image adéquate de lui-même, voyant, nous l’imaginons, le regard apaisé de père et mère sur lui.

Lui-même n’en finissant pas d’échapper à l’affreuse prison est immédiatement « reconnu » par des femmes qui désirent elle-même aussi se soustraire, temporairement, à leur propre prison, mais la plupart du temps pas disposées cependant à renoncer au confort matériel que leur assure leur mari. Par exemple Kate la Suédoise, sa petite sœur de rêve, échappe avec lui à l’encerclement dans son pays, mais bien sûr elle ne songe pas à le détruire.... Par rapport à son propre et précoce et impératif désir d’évasion écrivant en réalité un interdit de l’inceste, chacune des femmes avec lesquelles il va vivre un bonheur fou, une communion charnelle essentiellement, sont des sœurs, elles reconnaissent au quart de tour en lui leur propre désir d’évasion, elles sont installées, choyées, elles ont un mari riche, elles sont oisives, et elles s’ennuient dans leur « rien ne manque », alors elles sautent sur l’aventure qui s’offre avec ce frère ! Là aussi, dans cette ressemblance du point de vue de l’insupportable sensation de prison, de parois étouffantes, dans ce besoin impérieux de sensation de liberté, de vertige de liberté, il s’agit avec elles d’aventure incestueuse. Avec une série infinie de sœurs. Depuis Alice, connue à Bayonne à l’adolescence, qui a un riche mari, beaucoup d’argent, et qui s’ennuie.
Kid la Danoise est mariée à René, mais de tout son être Jacques D’Arribehaude lui appartient. Curieusement, il veille à ne pas détruire...le mari ! A Cotonou, il vit avec elle de tels instants de bonheur ! « Elle est en train de m’avoir jusqu’au trognon ».

Alice lui écrit de New York. « ...ma petite frangine paumée et malheureuse ». Il y eut avec elle une longue attente frustrée, puis l’interminable ambiguïté de leurs relations.

A propos de Kid : « Au nom du ciel, qu’avais-je à faire de cette petite bourge, éprise il est vrai de Paris et de la France...je n’aurai été qu’un interlude dans sa tendance au suivisme ordinaire...la religion du prêt-à-penser dans la platitude des quotidiens, hebdos et éditoriaux interchangeables...étouffe la liberté par la multiplication des besoins inutiles, crétinise la terre entière, et condamne tranquillement la planète à l’hébétude de la plus morne soumission aux dieux du jour ». « Pourquoi a-t-il fallu que je me laisse emmerder à ce point par cette petite femelle... ». Jacques D’Arribehaude a beaucoup de sympathie pour René le mari de Kid, de famille riche et jeune héritier de son père, ayant finalement tout balancé et perdu beaucoup d’argent. René ne s’est pas aperçu de la liaison de Jacques avec Kid, ils étaient dans leur bulle invisibles. Relation triangulaire.

« Toujours les mêmes emballements pour des prunes, inévitablement suivis des mêmes déprimes »... « Les Français m’emmerdent avec leurs obsessions bourgeoises de bagnoles et loisirs organisés...bobonnes mollasses, têtards hideux... Je suis fils de l’Europe, de la vieille Europe malade, oui, mais je n’ai rien à voir avec cette race de moutons, j’ai 500 ans de moins, et le sang d’hommes libres coule en moi, je finis par le croire, à l’égal de ces vieux chefs nègres dont j’admire ici la dignité superbe et le mépris de nos si vaines et laides simagrées ». Très fort ! « L’Europe, ma vraie patrie, que je ne trahirai jamais ». « ..mon cœur d’enfant était navarrais et l’est resté ». « ... une incapacité que j’oserais qualifier d’atavique à plier l’échine qui m’a toujours éloigné de toute espèce d’alignement à quelque parti que ce soit ».

Rêve de faire enfin un film qui lui assurera la reconnaissance : « Etre capable de monter un film pour m’arracher à cette affreuse sensation de piétinement, de stérilité desséchante et me rendre à moi-même ».

Sartre : « ...l’une des pires enflures du siècle... ». De Gaulle : « le monarchiste conscient et épris de progrès qu’il ne peut que mépriser...je crains que sa seule réussite, son seul talent, n’aient jamais consisté qu’à travestir en apparence de victoire et de grandeur l’effacement fatal, constant et navrant, de ce malheureux pays de la scène du monde ». « Le roman de Proust est une fête continuelle où nul ne s’amuse vraiment d’où sa prodigieuse ironie ». « ...triomphe de l’économie américaine dans son matérialisme uniforme et dévastateur de toute vraie culture...intervention américaine a fait notre ruine...succès mortifère du marxisme-léninisme au seul profit du dieu dollar et du veau d’or... »

Obsession de D’Arribehaude à être un jour reconnu. En attendant, il vit à l’écart, et pense vraiment. Une consécration trop précoce, dit-il, est néfaste. Rester libre. Navigation en solitaire. Jamais prisonnier d’un milieu littéraire. Toujours échapper à un cocon.

Mais il fantasme : « C’en est fini de m’emmerder et gémir pour une femme. Du fric, des voyages, la paix, et de belles filles au soleil, je reviens à ma santé d’adolescent ».

La rencontre avec Céline est très belle. « Nouvelle tentative de ramener sur terre le reclus de Meudon ». Lors de cette rencontre d’exception, Céline se montre à Jacques D’Arribehaude « Aussi éloigné que possible de l’amertume sarcastique où il se complaisait, le voilà qui plane, étrangement allègre, dans la rêverie pure, l’optimisme le plus extravagant ». Et alors, face à Céline qui lui fait tellement penser à son père, qui a le même âge que lui, et appartenant comme lui à « une génération à jamais marquée par l’épouvantable boucherie de 1914 », « le pire est que je me surprends à rêvasser, moi aussi, comme s’il me communiquait son virus ». « Tout ce qu’il doit à l’amour et au dévouement de Lucette, Céline en est parfaitement conscient. Même si leurs affinités ne sautent pas aux eux, il est clair qu’il n’aurait jamais tenu le coup sans elle après 44. L’art de la danse a d’ailleurs beaucoup compté dans sa vie, il m’en parle sans cesse. » Céline a très bien reconnu l’homme libre en Jacques D’Arribehaude. Une lignée. Céline lui dit : « la liberté n’existe que pour ceux qui sont complètement détachés du monde. Qui s’en foutent. Mais cela, le monde ne le supporte pas, et le considère même comme le pire crime. » Et oui, il faut être consommateur....

Avec Kid, D’Arribehaude arrive à écrire que leur amour n’était pas dans la réalité...Kid jalouse d’Alice, c’est-à-dire cette image de luxe et de richesse qu’elle incarne, alors qu’elle tremble de se retrouver sans rien. Et si le confort matriciel disparaissait ? Et s’il n’y avait plus d’homme pour le lui assurer ? Et oui, Jacques D’Arribehaude n’a pas de moyens matériels. Alice, elle, est riche, à l’abri...Homosexualité latente...Kid, son idée fixe est l’indépendance financière. Ne pas être assurée par un homme.

A Fabienne : « Je lui ai dit l’angoisse où je suis, partagé entre le désir profond de stabilité, et la crainte panique de ne pouvoir m’y souffrir ».

« L’obsession de Kid ne me lâche pas ». Elle voit « toutes ces filles défiler... »

Pas facile pour Jacques D’Arribehaude d’être à la fois aristocrate et fils d’ouvrier. Cette aristocratie, il la retrouve avec Roussia. Une certaine harmonie. Un apaisement. La vraie maison. La vraie patrie.

Marie est la gaieté même. Tendre et généreuse d’elle-même dans l’acte d’amour. Spontanéité des femmes d’Afrique, « m’apporte sans histoire cette paix des sens ». Au Cameroun, joie folle avec elle. « fabuleux pétard des filles d’Afrique, croupes sublimes...sources de jouvence pour pauvre Blanc désemparé, minus occidental à bout de souffle, civilisé mélancolique et décrépi à foie fatigué... ». Quel portrait !

Gabriela, rencontrée au cœur de l’Afrique. Il est un ver de terre amoureux d’une étoile. Dans ce cas encore, il y a un mari, qu’il estime...Situation triangulaire. « Que pourrais-je lui apporter de mieux que la sécurité de ce mari... » C’est clair d’emblée ! Et ces femmes qui ont besoin d’être assurées par leur mari, nidées dans ce confort...

Odile : une diversion par rapport à Gabriela...Mais amour fou avec Gabriela. « Je n’envisage plus de vie possible sans elle. Elle est l’âme sœur que j’ai si longtemps cherchée en vain, et réciproquement ». C’est clair qu’ils se reconnaissent ! Frère et sœur.

Mais Jacques D’Arribehaude sort chaque fois perturbé de ses visites à sa mère, à Bayonne. Il ne s’est pas encore rejoint, aux yeux de sa mère...

Alice ne le rate pas : « Que pouvez-vous attendre d’une femme non seulement mariée et mère de deux enfants, mais...installée dans une position sociale d’un certain rang que vous n’êtes aucunement en mesure de remplacer et d’assumer... » Et oui, c’est justement l’impossible qui enflamme Jacques...Et Gabriela, elle, saute dans cette aventure à la fois pour se divertir de la monotonie de sa vie à l’abri et pour se venger d’une belle-famille qui, d’abord la rejeta, elle la fille pauvre. Jacques est pour elle un instrument de vengeance et de divertissement. Mais cela ne l’arrange-t-il pas d’être assuré que cela restera impossible ? Il jouit, follement, de l’impossible lui-même, impossible incarné par le mari, dans la relation triangulaire. C’est encore et toujours maman et le petit garçon qui en profitent ensemble sous l’œil apparemment complice du père... « jamais je n’ai vécu un tel bonheur... » « je ne pourrais que la décevoir... » Et oui, c’est le mari qui a de quoi l’assurer, comme c’est papa qui...enfin papa n’avait pas assez, maman a eu envie d’un petit garçon...et voilà la base de la vie aventurière et chaotique... « excès baroque de Gabriela dans ses sentiments...notre rencontre est vraiment la réalisation de tous mes rêves depuis l’enfance... ». Bien sûr ! Mise en images avec cette femme, et d’autres, de son idylle avec sa mère...Mais pareil ! Gabriela s’écrie : « Jacques, nous nous ressemblons comme deux jumeaux ! » Jacques D’Arribehaude a la confiance d’Amaury mari de Gabriela. Il lui envoie sa pièce. « C’est un personnage bien étrange, Amaury ! Quand je pense qu’il a écrit ces pages géniales et qu’il est si médiocre dans sa vie de tous les jours ! »

Gabriela rêve de modeler Jacques, qu’il devienne un artiste...ce qu’a échoué à être Amaury...Toujours triangulaire et ambiguë, la relation...

Voici que Jane, l’Anglaise, apparaît. Eclipse Gabriela. Ne craint pas l’irruption de ses jeunes enfants dans la chambre... « J’ai l’enivrement de retrouver en elle le monde innocent et intact de mon adolescence... » Toujours pareil ! Mais « je ne vois décidément pas de compagne pour moi dans cette errance ». Jane « m’utilise comme prétexte pour développer ses propres contacts dans un milieu qui, dans son ignorance du monde, lui semble inespérément fertile en aventures, en imprévus... » Il incarne invariablement pour chaque femme l’ouverture de l’enfermement... « Je ne suis vraiment solidaire que de ceux qui refusent comme moi d’être embrigadés ». « ...ma nostalgie d’amour fou, exclusif... » Dans les pays du nord « la liberté de mœurs rejoint celle de l’Afrique, mais pas cette gentillesse, cette gaieté ». « Je cesse régulièrement d’aimer les femmes qui me restent attachées pour vouloir être aimé de celles qui, après m’avoir tout donné, se dérobent... »

« Les plaintes dont maman tracassait mon pauvre père » restent sans doute gravées en lui, et nul doute qu’il ait parié de se présenter à celle qui apparut sous les traits de Roussia comme le mari qui ne susciterait plus de telles plaintes...et cette hantise de ne pas être à la hauteur, peut-être, des attentes d’une femme à l’égard du mari. Réparer son père à travers son propre et tardif mariage ? Apaiser sa mère à travers Roussia ?

Je pourrais continuer à l’infini. La pensée à l’œuvre dans ce journal est très libre, très cohérente, très courageuse aussi. Il faut absolument aller lire ce deuxième tome, après le premier "« Cher Picaro » ! La grande affaire d’aimer y est filmée dans toute sa surabondance, ses errances, ses contradictions, et sa logique. Et les idées ne sont pas celles de tout le monde ! Comme nous voudrions que soient plus nombreux ceux qui osent encore dire, penser, risquer comme Jacques D’Arribehaude ! Parions que sa lignée ne s’éteindra pas !

Alice Granger Guitard



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