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La poésie de Rollinat comme métaphysique de la signification
mercredi 17 janvier 2007 par Sébastien Robert

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Contestation, mythe et réalité :

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Contestation, mythe et réalité :

La poésie de Rollinat comme métaphysique de la signification.

 

 

                                                                                                      Nous ne cessions d’aller alors qu’il parlait

                                                                                                                      mais nous traversions la forêt

                                                                                                                      la dense forêt, dis-je, des esprits.

 

                                                                                                                               Dante, La divine comédie, IV, 64.

 

 

Présentation

 

Il s’agit pour nous de présenter moins un exposé qu’un ensemble de perspectives, de pistes d’interprétation, sur le mouvement général de la production rollinatienne.

            Nous aimerions analyser, d’une part, quelques aspects contestataires de l’oeuvre de Rollinat, qui font de lui un écrivain engagé, et qui ont été largement traités dans un travail plus conséquent[1].

            D’autre part, nous aimerions tenter d’esquisser une ligne directrice de l’oeuvre du poète de Fresselines, à partir de sa tentative de compréhension du monde et de la donnée comme telle. Cela, pensons-nous, conduit à une conception philosophique, c’est-à-dire métaphysique de l’inerte, du vivant et plus précisément du sujet.

            Du réel au transfiguré, de l’esthétique simple et harmonieuse de la Nature à son visage chaotique, il n’y a qu’un pas. Ce pas, Rollinat l’a franchi pour les besoins d’une quête : celle de la signification du monde, de l'Homme et de lui-même.

 

 

I

La contestation

 

            Foi et religion

 

            On a beaucoup fait, depuis des années, pour donner à Rollinat une « place » dans le paysage littéraire français. Ce faisant, sa portée en fut peut-être minimisée. Le poète devenait un « poète de la Nature » ou du « fantastique ». Pourtant, la force profonde du diable en acier[2] se situe peut-être au-delà d’un goût unique pour la nature blonde ou l’étrange, qui semblent davantage être les moyens d’une réflexion que des fins en soi. Le fantastique et le bucolique témoignent de la sincérité du poète, mais recouvrent – où révèlent – un message plus profond.

            Une lecture suivie de l’oeuvre de Rollinat nous a faire découvrir un poète engagé. Une forme de contestation, bien différente de celle de Baudelaire, notamment dans le « Mauvais vitrier », est pourtant présente chez Rollinat : le poète impose, dérange, dénonce. Pourtant, on a longtemps reproché à Rollinat sa malhonnêteté intellectuelle, en le qualifiant de vulgaire plagiaire de Baudelaire et d’Edgar Poe. Verlaine, pamphlétaire à ses heures perdues, a cru que la poésie de Rollinat n’était qu’une insignifiante fantaisie à la mode, un ultime sursaut de diabolisme qui de surcroît, selon le critique, tombait bien bas :

 

                                   Enfin, Rollinat vint, qui le premier en France po-pu-la-ri-sa le Satanisme. (C’est par ce mot que la masse des lecteurs en est encore à croire désigner le haut et douteux spiritualisme, l’exquisement amère sensualité du plus grand poète de ce siècle, avec Lamartine.) Le malheur est que d’abord ladite sensualité, non plus que le spiritualisme en question, n’existait en aucune façon dans le travail massif, osons dire mastoc, du vulgarisateur. Et puis, ô quel style ![3]

 

                Verlaine s’est trompé, comme beaucoup d’autres, en ayant soupçonné une quelconque fantaisie chez Rollinat. Longtemps, on a eu peine à démentir cela : il aura fallu le témoignage des amis du poète, pour nous dire à quel point Rollinat souffrait, névralgique et angoissé, d’ailleurs victime de la triste fin que l’on connaît. Il est important de noter que sa mère lui infligea une éducation conventionnelle et stricte, qui n’est sûrement pas sans lien avec les assauts de Rollinat contre la morale et la religion de son temps. Il s’agit donc, contre Verlaine, de mettre la poésie de Rollinat en vibration, pour en faire jaillir les implications concrètes.

 

            Le poète ne s’est pas privé de juger sévèrement le visage rigide et froid d’une religion qui, absorbée par la lettre, ne cesse en vérité de s’éloigner de la foi :

 

           La religion, ne pouvant admettre la libre discussion, exige de la part de l’homme un acte de foi et souvent un credo quia absurdum.[4]

 

            La religion est pratiquée dans un élan métaphysique que l’on tient pour inexplicable. On croit parce que c’est absurde, comme l’écrit Vinchon. Ce dernier fait remarquer à juste titre que cette position, pour Rollinat, est inadmissible. Bien que le poète, notamment dans ses ouvrages tardifs, donne des indices sur sa foi éventuelle[5], il souhaite l’entrée de la raison en religion. C’est une tâche difficile mais figurant pour Rollinat comme un devoir :

 

           La religion a le tort d’être un dogme, et d’ajouter à ce dogme des pratiques rituelles, de fréquentes manifestations publiques qui, pour n’être qu’un symbole, n’en sont pas moins incomprises.[6]

 

            C’est cette religion-là que Rollinat attaque. Il s’agit pour lui de redéfinir le croyant et de critiquer une institution qui n’est que mimétisme et incompréhension d’elle-même :

 

           Les religions, pour être comprises et vécues, exigent le don tout particulièrement exceptionnel de la sagesse, dans son sens le plus subtilement philosophique, de la pensée grave et profonde, de la plus retorse et sagace lucidité dans le connais-toi toi même. [...] C’est ce qui explique pourquoi tant de gens, se croyant et s’affirmant religieux de par leurs pratiques qui ne sont que des extériorités cérémoniales, n’en restent pas moins toute leur vie, sans en retirer nul bien ni pour eux-mêmes ni pour les autres, d’incorrigibles têtes folles et d’immuables imbéciles.[7]

 

            Lorsque Rollinat écrit que les religions « font sur terre plus d’hypocrites et d’imbéciles qu’il n’y aurait sans elle »[8], parce que ces rites paralysent la raison et dénaturent la vraie foi, le poète semble pencher vers un déisme qui, par définition, s’exerce en dehors des cadres institutionnels de l’Eglise sans en renier la lettre.

            L’homme de foi, le vrai croyant, c’est celui qui sans négliger la parole de Dieu, peut en rendre compte aux hommes, sans asservir ces derniers par des paroles prises pour des lois aveuglément comprises. C’est pour ainsi dire l’image, chez Rollinat, du bon curé :

 

I’dit, pour excuser les hommes, qu’y a des crimes qui viennent de not’sang.[9]

 

Le bon curé, c’est :

 

               Toujours simple et net qu’on l’trouve [...] Cui là c’est l’plus vrai des apôtres : pas seulement i l’parle et l’écrit, mais il l’pratique comme Jésus Christ, son aimez-vous les uns les autres.[10] 

 

            Plus proche de Rollinat, l’abbé Daure incarne ce bon curé, ami et confident. Il est peut-être, pour le poète, l’incarnation même de la foi :

 

Rollinat l’aimait beaucoup et en faisait le prêtre idéal, franc « ayant plus de pardon que de justice et même plus d’oubli que de pardon. »[11]

 

            Les conséquences sont claires : les hommes ne doivent pas  assimiler la lettre sans que cette dernière soit traduite, expliquée, pensée et portée par de vrais hommes de foi guidés par le souci premier du réel.

 

 

 

Une revalorisation de la volupté

 

            Lorsque Rollinat entre chez les hydropathes, il pactise avec un groupe anticlérical, antibourgeois, antipolitique et pour ainsi dire anarchiste. Le point de vue des hydropathes fut partagé par Rollinat en un certain sens : il suffit pour cela de considérer les attaques répétées du poète contre la morale de son temps, en pointant ses abus, paradoxes et faiblesses. Rollinat s’est principalement employé à restituer, contre les closes morales de son époque, une célébration de l’érotisme et de la sexualité. D’ailleurs, dans l’Abîme, le poète ne résiste pas à la tentation de mettre au jour les rapports entre religion et luxure :

 

Les confessionnaux lui [la luxure] de repaire,

Et sous l’ombre des Christs et des Chemins de croix,

Elle suit à travers ses chuchotements froids

La dépravation que son astuce opère.[12]

 

                C’est ainsi que Rollinat va également louer la nudité et les relations intimes, avec une hardiesse et un naturel déconcertant. Hugues Lapaire rapporte d’ailleurs la réaction de l’éditeur Lemerre à la réception du manuscrit des Névroses :

 

Malgré le réel mérite de ses poèmes, ne pas éditer. La moitié des pièces suffirait pour traduire l’auteur en cour d’assise.[13]

 

En effet, notamment dans le poème Les seins, dont l’érotisme, au-delà des métaphores, n’est absolument pas mesuré, Rollinat célèbre l’imaginaire sexuel dans toute sa splendeur :

 

Si j’osais ! Tu souris, semblant me dire : « Osez !

« Mes seins voluptueux sont friands de vos lèvres

« Et de larmes d’amour veulent être arrosés. »[14]

 

Le dernier vers parle de lui-même, et témoigne d’une perversité bien mal reçue à l’époque : le libertinage et les moeurs désinvoltes. L’exemple en est donné ici avec l’évocation d’une pratique sexuelle très peu conventionnelle. On comprendra d’ailleurs que ses louanges des plaisirs de la chair, mêlées à ses fréquentations parisiennes, causeront à Rollinat l’hostilité des bien-pensants et la séparation d’avec sa première femme, Marie Sérullaz. Quoiqu’il en soit, et ce qui résume le mieux le propos du poète, c’est peut-être sa fuite vers la Creuse, à partir d’un refus : celui d’être « institutionnalisé », stigmatisé, étiqueté comme le poète du macabre, voire du répugnant. Cette fuite est aussi la marque non pas d’une prétendue malhonnêteté, mais d’un souhait de retour à soi, de ressaisie, loin de la vie mondaine et superficielle de Paris. Le poète pourra donc, à Fresselines, se retrouver lui-même et chanter, comme une dizaine d’années auparavant, « Fuyons Paris ».

 

 

II

De la Nature au sujet : une métaphysique du sens.

 

L’oeuvre de Rollinat, dont la dernière partie tente une sorte de synthèse de toutes les inspirations du poète, nous renvoie à un mouvement général du corpus rollinatien. Pourtant, le tort de beaucoup est de résumer de manière simpliste le travail de Rollinat. M. Yves-Gérard Le Dantec, dans un article consacré à Rollinat[15], témoigne d’une incompréhension surprenante et d’une doxa très datée. En critiquant sévèrement l’entreprise des Névroses, témoignant selon l’auteur, d’une mauvaise compréhension des Fleurs du Mal, M. Le Dantec en est réduit à saluer le poète de Fresselines pour ses belles pages descriptives et rustiques de Dans les brandes. Selon M. Le Dantec, le « satanisme » des Névroses, qui se prolonge dans l’Abîme (que l’auteur, au regard de ce qu’il avance, n’a très certainement pas lu) tombe alors dans la caricature et le ridicule. Ainsi, nous retrouvons la critique confortable, dans la directe lignée de Verlaine : systématiquement définir les travaux de Rollinat en rapport à ceux de Baudelaire, en provoquant la frustration.

Le seul mérite de Rollinat serait alors d’avoir déployé une poésie descriptive ; un « petit bijou de réalisme ». Mais cette dénomination est restrictive et fausse. Elle avorte, parce qu’insuffisante, toute tentative d’investigation sur le sens de l’oeuvre rollinatienne. Lorsque l'on ouvre les Névroses, à la suite de Dans les brandes[16], on ne trouve pas vraiment une poésie descriptive ni même un satanisme de comptoir : on part d’une description simple et dépouillée de la Nature (Dans les brandes), pour aller, dans les Névroses, jusqu’à une exploration des mythes, et une soumission de la Nature à l’examen du mythe.

Par le biais d’une vue d’ensemble, on peut alors envisager l’oeuvre de Rollinat de manière plus profonde. C’est d’ailleurs Emile Vinchon qui, le premier, envisage de faire valoir les implications philosophiques de la poésie de Rollinat[17]. Mais ce n’est pas suffisant. Il ne s’agit pas seulement de dégager chez le poète des thèmes de réflexion puis de les ordonner, mais bien de les réinscrire dans un mouvement global de l’oeuvre qui est comme l’image d’un cheminement réflexif.

La philosophie de Rollinat est dans le vers, et le concept y est en puissance. Sa poésie n’est pas simplement une praxis, c’est-à-dire une pratique de la belle langue, une simple célébration ou effectuation, mais bien une poiesis de sens : son langage même est philosophie. On ne saurait donc accuser Rollinat de mimétisme sans avoir préalablement pris la peine d’avoir considéré cette nuance.

 

            Selon nous, quatre recueils dont un posthume (Dans les brandes, les Névroses, l’Abîme et Ruminations), forment à eux seuls une dialectique poético-métaphysique. Quel parcours trace alors cette dialectique ?

            Dans les brandes ouvre le cheminement par une description générale de la Nature (L’écrevisses, Le crapaud, Les arbres), et c’est une description enjouée parce que simple, effectuée à partir des impressions directes que nous offre la donnée naturelle. Mais cette description ne satisfait pas le poète, qui souhaite faire « dégorger » la Nature d’un mystère qui obstrue sa quête de sens. Pour cela, Rollinat trouve un moyen paradoxal et assez déconcertant : avoir recours à l’imaginaire pour saisir le réel. Ainsi, les Névroses témoignent de cette infiltration mythologique dans les phénomènes naturels, et dans les objets : le poète injecte dans l’inerte son sérum de vérité (cf. La bibliothèque, Le lait de serpent).

            Cette transfiguration mythologique du monde ne quittera pas Rollinat : c’est aussi à travers le prisme des mythes qu’il cherchera à dénoncer une nature humaine perverse et habitée par l’étrange et le malsain[18]. L’Abîme et Ruminations sont d’ailleurs les ouvrages les plus synthétiques de Rollinat et en particulier sur le thème du sujet humain :

 

La mort, l’inconnu, l’inaccessible, l’immobilité, le silence, autant de divers éléments unis ou séparés, constitutifs du Mystère. Mais il est fait aussi, augmenté de tout ce que l’âme, perdue en sa cécité, occulte pour elle-même, lui apporte de sa propre énigme, de la nuit où elle rampe, de l’illusoire où elle se débat.[19]

 

Il ajoute :

 

Les maternités et les perfidies, les charmes et les horreurs de la nature sont des contrastes nécessaires à l’homme, ce Protée volage de sensations, de jugements et de pensées, toujours ballotté entre les extrêmes, tiraillé par les contraires, retourné par les inverses, pratiquant tour à tour avec la même courte illusion la croyance et le doute, l’enthousiasme et le dégoût, la logique et l’inconséquence. [...] Chez les êtres comme dans la nature, il y a du bon et du mauvais, du meilleur et du pire : c’est ce qui nous fait tour à tour si optimistes ou si pessimistes, si versatiles, si instables.[20]

 

                Ainsi, la découverte des valeurs fait du sujet un être en perpétuelle instabilité, et peut-être sans aucun sérieux. Rollinat pointe ici un drame, qui est celui de l’humain : à l’image de la Nature, les hommes sont capricieux et imprévisibles. C’est cette imprévisibilité (conséquence du jeu des contraires) qui, en même temps qu’elle interloque le poète, lui fait conclure de la vanité de la condition humaine. Difficile alors de trouver une place à l’homme au milieu du monde, et Rollinat n’a finalement recours qu’à un parallélisme entre la Nature et la subjectivité : ils obéissent l’un et l’autre au même « défaut de fabrication ». Comme chez Pascal, Rollinat exige peut-être de l’homme qu’il remplisse un gouffre, différent cependant d’un « manque de Dieu » affirmé par l’auteur des Pensées. Ce gouffre rollinatien est sans doute assimilable à un « manque d’humanité », une humanité qui rendrait impossible la comparaison avec la Nature. Pour combler, Rollinat se retire dans la solitude, qui force le sujet à ne plus exercer qu’un travail sur soi-même.

            Il semble alors que la poésie de Rollinat soit une aventure originale de l’esprit, dont l’origine est tout le contraire d’un solipsisme. D’abord, le poète comprend que l’extériorité est prégnante, vivante et qu’elle jouit d’une autonomie qui le dépasse : il en est fasciné. Pour notre auteur, le recours aux mythes (le Diable, l’Enfer) ainsi qu’à l’imaginaire macabre (la mort, la putréfaction), répond à son étonnement en comblant un manque de signification. L’étonnement, c’est la première émotion du poète mais aussi du philosophe. Et Rollinat ne se contente pas de décrire, mais bien de questionner cette Nature qu’il transfigure volontairement. Par ce biais, la Nature dévoile son essence mystérieuse, inconséquente, et s’affiche comme le miroir « parfait » de l’intériorité humaine. Cette correspondance entre Nature et Humanité, le seul examen de leurs ressemblances, achève la quête de Rollinat. Tout ce que la Nature recèle de mystérieux, Rollinat le place sous la coupe du fantastique. Parallèlement, en déclinant ce procédé, Rollinat fait de la conscience et des actes humains, les jouets de forces profondes et vaporeuses :

 

Notre âme, ce cloaque ignoré de la sonde,

Transparaît louchement dans le visage humain ;

- Tel un étang sinistre au long d’un vieux chemin

Dissimule sa boue au miroir de son onde.[21]

 

Et encore :

 

Tant que l’Esprit n’est pas dissous,

Et que le sang bat les vertèbres,

Elle déchiffre nos algèbres,

Et plonge au fond de nos remous.

La Conscience voit dans nous ! –[22]

 

 

Aux antipodes d’un Descartes qui part du sujet pour aller vers le monde, le poète trouve au contraire dans la Nature les moyens de comprendre l’intériorité : les envies, les sentiments et les tourments de l’âme. La poésie de Rollinat pourrait se comprendre comme un spiritualisme mythologique, dans lequel l’inerte serait un tremplin capital pour la saisie de l’esprit par lui-même. Cette métaphysique de la signification est rendue possible par une réalité reconstruite par l’imaginaire et les croyances, qui deviennent pour le poète de véritables visions. Elles maintiennent alors sa quête de sens et reculent le désespoir.

 

 

Mon Dieu, dans ses rages infimes

Dans ses tourments, dans ses repos

Dans ses peurs, dans ses pantomines,

L’âme vous hèle à tout propos

Du plus profond de ses abîmes ![23]

 

Mais la fin de l’oeuvre de Rollinat affronte ces abîmes en les dévoilant. On pourra bien reprocher à notre auteur d’avoir développé une « philosophie du pauvre » parce qu’elle fait appel au fabuleux. Dans ce cas, le critique n’est pas moins pauvre car il impose lui aussi une croyance : la rationalité.

 

 



*              Né à Châteauroux (Indre) en 1983. Poursuivant des études de philosophie à l’université de Tours, il enseigne temporairement  la philosophie au lycée Saint-Joseph de Chinon. Il a notamment travaillé sur Sartre (in Pourquoi Sartre ?, Latresne, Bord de l’eau, 2005) ainsi que sur le philosophe Louis Lavelle au sujet duquel une étude va paraître (La philosophie de Louis Lavelle. Liberté et participation, Paris, l’Harmattan). Il prépare également un ouvrage critique sur l’écrivain et comédien Jean-Louis Boncoeur.

[1]              Sébastien Robert, Engagement et « langagement » chez Maurice Rollinat, texte dactylographié, 2003.

[2]              Jules Barbey d’Aurevilly, Un poète à l’horizon !, Le Constitutionnel, Juin 1882. On lit : « Lui, Rollinat, c’est un diable en acier, en acier aiguisé, qui coupe et fait froid, en coupant. »

[3]              Paul Verlaine, « Maurice Rollinat » in Les Hommes d’aujourd’hui.

[4]              Emile Vinchon, La philosophie de Maurice Rollinat, Paris, Jouve, 1929, p. 54.

[5]              Cf. « Les antagonistes » in l’Abîme, Paris, Charpentier, 1886.

[6]              Emile Vinchon, La philosophie... , p. 54-55.

[7]              Ruminations, Paris, Fasquelles, 1904, p. 218 et 219

[8]              Ibid. , p. 287

[9]              Paysages et paysans, Paris, Charpentier, 1899, p. 284

[10]             Ibid.

[11]             Hugues Lapaire, Maurice Rollinat, poète et musicien, Paris, Mélottée, 1930, p. 167.

[12]             « La luxure » in L’Abîme, Paris, Charpentier, p. 101.

[13]             Op. cit. , p. 105.

[14]             Les Névroses, Paris, Minard, 1972, p. 110.

[15]             Laffont-Bompiani, Nouveau dictionnaire des auteurs, III, Paris, Laffont, 1994, p. 2747.

[16]             Dans les brandes est déjà investi par l’étrange et le macabre (Nuit fantastique, L’hôte suspect...)

[17]             Emile Vinchon, La philosophie de Maurice Rollinat, Paris, Jouve, 1929.

[18]             Cf. « Le facies humain » in l’Abîme, p. 1 à 5.

[19]             Ruminations, p. 2 et 6.

[20]             Ibid. , p. 2 et 3.

[21]             « Le facies humain » in l’Abîme, p. 1.

[22]             « La Conscience » in les Névroses, p. 26.

[23]             « De profundis » in les Névroses, p. 381.

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