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Louis Capet, suite et fin, de Jean-Luc Benoziglio

« On me dit, et ce n’est guère pour me surprendre, qu’à Saint-Saphorien, bourgade perdue à l’extrémité du lac opposée à Genève, le débarquement (...) d’un tel personnage provoqua une fièvre et souleva des remous qui, aujourd’hui encore, ne sont peut-être pas entièrement retombés. »

jeudi 15 mars 2007 par Marisa Corbin

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« Depuis qu’était tombée la nouvelle que le roi avait échappé à la guillotine, grogne et agitation populaires n’avaient cessé d’enfler  ».
En vérité, la Convention n’a pas condamné Louis XVI à mort mais au bannissement perpétuel.
Revisitant l’histoire, Jean-Luc Benoziglio offre une seconde vie au citoyen Louis Capet et l’exile dans un petit village suisse, Saint-Saphorien, au bord du lac Léman.

Condamné à mener l’existence d’un citoyen ordinaire, l’ancien monarque détonne parmi les villageois tranquilles et sans histoire. Observé comme une bête curieuse par ses nouveaux hôtes, il est l’étranger qui se distingue par son langage, sa religion et ses excentricités vestimentaires.

Se morfondant d’ennui, Louis Capet passe ses journées à boire de la bière et du kirsch et recevoir des hôtes illustres, témoins de sa grandeur passée.
Sous la pression des villageois qui veulent que l’ancien souverain travaille pour mériter leur hospitalité bienveillante, on annonce solennellement que « Louis Capet mettrait volontiers et bénévolement ses connaissances en serrurerie au service de la population. »
Malheureusement, la tentative de se rendre utile s’avère un cuisant échec : Capet ne sait rien faire de ses dix doigts, même en matière de serrurerie, parce qu’« entre la serrurerie suisse, vaudoise en particulier, et la française, existait une radicale, fondamentale incompatibilité. »

Incompatibles, ainsi sont les relations entretenues entre l’ancien roi et ses concitoyens. Cette différence amène le rocambolesque, comme cette dégustation de fondue (oserais-je dire « savoyarde ») à laquelle est convié le roi.

L’humour qui ponctue ce récit traduit la finesse de l’auteur. Glissant quelques anachronismes pour capter l’attention du lecteur, ce Franco-suisse joue avec l’Histoire, prétexte à décrire les querelles moqueuses opposant les Français aux Suisses.

« Veux-tu bien [expliquer], à moi et à la noble assistance ici présente, pourquoi tu dis soixante-dix pour septante, quatre-vingt-dix pour nonante, et pas vingt-douze pour trente-deux, par exemple, ou quarante-dix pour cinquante ? »

On l’aura compris, les lecteurs qui connaissent à la fois les mœurs mystérieuses des Helvètes et l’histoire de France trouveront ce livre à leur goût.

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