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Quelque chose à cacher

Dominique Barbéris - Gallimard coll. Blanche -2007

vendredi 19 octobre 2007 par Kevin Corbel

J’ai relu le roman de Dominique Barbéris, Quelque chose à cacher après un grand article de Patrick Grainville dans le Figaro de début octobre qui en disait grand bien.

Comment dire, c’est un roman atypique, d’une très belle langue, très musicale,qu’on lit très vite, pris par l’intrigue quasi policière d’une femme, Marie-Hélène qu’on retrouve assassinée dans la propriété de La Boulaye, sur les bords de Loire pendant la Toussaint. « La vérité, avait dit lentement la serveuse, elle l’a emportée dans sa tombe ». C’est ce qu’apprend au restaurant Les chaînes d’or le gendarme Massoneau, personnage complexe, qui balaye toute cette petite société de la ville de N. avec son compère le narrateur, gardien de musée et peintre contrarié, qui courrait après Marie-Hélène… comme tout le monde dans cette jeunesse des bords de Loire (« Même les forains »).
Mais voilà « il faut qu’un coupable soit trouvé » et c’est l’ingénieur de la centrale nucléaire voisine qui déjeunait aux Chaînes d’or…
Massoneau reconstitue minutieusement son parcours dans cette nuit humide, dans la petite allée entre le cimetière et la Boulaye, qui descend vers la Loire.

On comprend aussi que le narrateur y était aussi cette nuit là… et on est de plus en plus perplexe : si c’était lui l’assassin ??? Les repères s’effacent, les pistes se brouillent, il ne reste que la peur, le noir, les paysages humides de la Loire, le fantasme des gitans et des fous du centre voisin, le coups de fusil des chasseurs.
Et on est pris par cette sonate d’automne qui vous envoie un reflet au cœur comme celui des îles de la Loire, pris par cette musique de la nature d’une description fine, par cette ville de province qui vous envahit progressivement, comme lorsqu’on plonge dans un tableau flamand.
C’est un très beau livre, qu’on lit vite agréablement, mais qu’on peut relire lentement, pour bien autre chose que l’intrigue, pour la musique et pour le cœur.

Il s’ouvre et se termine dans le chemin entre la Boulaye et le cimetière :
" Et bien des fois, depuis, dans les musées où je traînais beaucoup l’après-midi, une toile m’a ramené ici, à cause d’un certain rapport de l’ombre et de la lumière, à cause d’un paysage, quelquefois simplement un chemin contre un mur. Beaucoup de tableaux que j’aime me ramènent ici, dans ce petit chemin du cimetière que je n’emprunte plus que rarement à cause des souvenirs."

Kevin Corbel, Colmar Octobre 2007



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