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L’enjeu d’exister

Daniel Sibony, Editions du Seuil, 2007

mercredi 24 octobre 2007 par Alice Granger

Analysant dans ce livre les différentes thérapies, chacune mettant plus ou moins en cause Freud, l’inconscient et la psychanalyse et promettant une disparition rapide des symptômes comme pour se mettre en conformité avec un traitement de masse de l’être humain réduit à être entre les mains de techniques qui sauront bien le formater, Daniel Sibony met en relief son idée « psy » et sa pratique de la psychanalyse.

Surtout il s’avance lui-même tel un passeur d’être, très vivant, se tenant là où des êtres désirent relancer leur vie, échapper à des répétitions mortifères, remettre sur le métier leur histoire afin de pouvoir écrire de nouveaux chapitres inédits, se sentir dans le jeu mouvant des relations.

Le passeur d’être qu’il est, accueillant l’être humain mis à l’épreuve d’une faille originaire, je dirais d’une séparation irrémédiable, d’une perte d’un état d’enveloppement, d’un deuil narcissique, permet, par son écoute là où c’est ouvert comme l’infini de la vie et des parties à jouer, une transmission symbolique.

Et le symptôme, celui par exemple qui pousse à venir demander une thérapie ou une analyse, n’est qu’un symbole raté. Pour être un passeur d’être, comme l’est sûrement Daniel Sibony, il faut soi-même aimer la vie toujours en train de se remettre en jeu dans un entre-deux fécond, un entre-deux d’amour, de générosité, d’intérêt.

Un passeur d’être se tient dans cet entre-deux, qui est par exemple celui du dispositif psychanalytique, à guetter et à accueillir l’être, sur la base d’une même faille intrinsèque. Le passeur écoute, interprète, se prête dans le jeu du transfert et contre-transfert à une nouvelle distribution des cartes du jeu de la vie, différente de celle dans laquelle l’analysant est resté bloqué comme si son corps et son psychisme jouissaient de rester « entre les mains de ». Cet entre-deux que le passeur d’être ouvre vient par exemple provoquer des secousses dans l’entre-deux originaire parental et surtout maternel, vient par sa nouveauté, son caractère incompatible, non familier, éclairer d’une lumière critique l’huis clos étouffant d’où cet être-là n’arrive pas à sortir, à naître, à clore le chapitre inaugural de son histoire, à se sevrer de sa jouissance, de sa souffrance, de son narcissisme, de l’état d’enveloppement qui perdure. Cet être-là, par ses symptômes, lance des appels, du dedans dont il semble ne pas pouvoir sortir, au guetteur et passeur d’être. Ce passeur d’être l’écoute dans un relancement de la mémoire, des traces, des manifestations de l’inconscient, il entend dans ce nouvel entre-deux qui vient mettre en question l’entre-deux originaire, qui le trouble, lui enlève son emprise, son hégémonie. De même que dans l’enfance, lorsque la mère bien sûr n’exclut pas le père de sa parole, le père ouvre à son enfant un autre entre-deux que celui avec la mère, et ainsi le lézarde, met en œuvre son programme d’apoptose, et rend possible que ce premier chapitre de l’histoire s’achève en passant à un deuxième chapitre, le pas étant sauté.

Un passeur d’être permet l’accomplissement d’une transmission symbolique, un changement d’orbite, un saut qualitatif.

Un passeur d’être rend possible, juste avec le dispositif qu’est un entre-deux avec un autre être humain dont cela se sent qu’il est vivant de cette vie se relançant à l’infini au rythme des rencontres, que son analysant réussisse, voire s’autorise, un inaugural saut de qualité, un premier changement d’orbite, ne se sentant plus indispensable en regard de ce pourquoi il est né dans sa famille.

Un passeur d’être, qui est lui-même un être humain constitué d’une faille irrémédiable, et mêmement orienté vers l’entre-deux des relations humaines où les cartes de son jeu vont pouvoir se distribuer un certain nombre de fois de manière différente et imprévue, va ouvrir à l’autre être qui arrive avec son appel, sa demande, une partie différente en même temps qu’il va écouter la partie ancienne, celle qu’il ne s’autorise pas à quitter, celle dont il ne se sent pas encore quitte, comme s’il n’avait pas encore assez payé la dette familiale.

Un passeur d’être, guettant l’être encore emberlificoté dans ses enveloppes aliénantes, ses répétitions, ses jouissances, son narcissisme nombriliste, comme si tout autour de lui le tissu matriciel s’était éternisé par la cellule familiale, entend le symptôme comme les premières lézardes dans ce placenta métaphorique, comme un processus d’apoptose qui, certes, a toutes les difficultés du monde à démarrer mais se manifeste à travers le malêtre, la souffrance, la sensation de ne pas vivre vraiment, de ne pas respirer, de ne pas ouvrir les yeux sur autre chose. Le passeur d’être voit, dans le symptôme, ce tout début du symbole, c’est-à-dire déjà le manque irrémédiable d’enveloppe tout autour de l’être. Le symbole accompli est ce manque absolu d’enveloppes maternantes, et c’est en même temps autre chose qui s’offre à l’être jeté sur terre.

Le symbole, la transmission symbolique, dans cet entre-deux qu’est la psychanalyse avec un psychanalyste intelligent, sensible, et surtout faisant rayonner cet amour de la vie contagieux donnant un sens non pathologique à cette faille, à cette perte constitutive de l’être humain, indique qu’en même temps que quelque chose se perd irrémédiablement, se décompose, faisant traverser une sorte de mort à l’état précédant enveloppé, quelque chose d’autre se donne, à travers un saut qualitatif, un changement d’orbite.

Le symbole, pour Lacan, était lié au langage. Daniel Sibony en propose un autre sens. Dans l’entre-deux, qui est aussi bien l’entre-deux parental que l’entre-deux des générations, et l’entre-deux des relations humaines, il s’agit, je dirais, de sentir la perte, la faille, la mort à un état précédent où rien ne manquait, le deuil d’un certain narcissisme lié au cocon familial et tous les regard sur le berceau.

Cette perte, cette faille dont l’être humain né est constitué y compris à travers toutes ses dénégations, est un abandon à la vie, à l’existence. De ce côté-ci, la bouteille est à moitié vide, et se vide inexorablement, mais il ne s’agit pas, si on veut vivre vraiment, de rester sidéré à la regarder mettre un temps indéfini à se vider, et laisser son corps en rade, dans cette souffrance jouissance.

Au contraire, en sentant la perte, ce qui est perdu devient un symbole, celui de l’autre vie qui s’annonce. La transmission symbolique est réussie lorsque ce qui est perdu symbolise alors autre chose, ce qui devient possible de se jouer sur une autre orbite.

Le symbole est lié non seulement à ce qui est perdu, à une traversée de la mort à un état enveloppé précédent où rien ne manquait comme dans le lieu matriciel, mais aussi à ce qui se donne dans l’ouverture de l’existence. C’est pour cela que la transmission symbolique, dans l’entre-deux quel qu’il soit, est la transmission de l’inscription d’une perte, afin de pouvoir agréer la nouveauté qui s’offre au jeu de vivre. Je crois que c’est cela que veut dire Daniel Sibony. La chance d’un relancement à l’infini de l’existence de l’être ne s’offre qu’avec la perte, qui se réitère. La transmission d’un symbole, c’est la transmission de cette faille, la transmission de la déchirure irrémédiable de l’enveloppe placentaire, mais aussi la déchirure du désir si enveloppant de concevoir cet enfant-là qui sera dans le fantasme parental le réparateur d’histoire.

L’être humain ne doit pas seulement perdre son enveloppe matricielle dans laquelle tout baignait pour lui, mais il doit sortir aussi du désir d’enfant qui a présidé à sa conception et dans lequel, en y répondant corps et psychisme, il est enfermé dans un narcissisme fou, étouffant. Se sevrer de ce désir d’enfant mis sur lui, le laisser aller, mourir à ce narcissisme originaire, cesser de s’offrir au filet du désir parental, qui est d’ailleurs différent du point de vue de la mère et du père ce qui permet à l’être humain de mieux se détacher. Le père va offrir à l’enfant un entre-deux différent par rapport à celui de la mère, c’est déjà un saut qualitatif, un changement d’orbite, une distribution du jeu de cartes qui se distingue de celui du côté maternel. Heureusement, il n’y a pas de compatibilité entre le désir d’enfant de la mère et celui du père, par conséquent le père va ouvrir l’horizon à son enfant, à condition que la mère le laisse exister bien sûr.

La pratique psychanalytique telle que nous en parle Daniel Sibony ne perd jamais de vue cet entre-deux qui permet la transmission symbolique par excellence, qui fait sentir au passage cette perte qui abandonne à la vie, et qui saisit, à chaque génération, l’être humain qui renouvelle l’espèce humaine.

Le passeur d’être qu’est le psychanalyste d’une part écoute cet être aux prises avec une histoire familiale dont il doit se sevrer et lorsque c’est impossible le caractère invivable de cette jouissance narcissique à vouloir de manière absurde continuer à répondre au désir d’enfant produit des symptômes.

D’autre part il ouvre, dans le transfert, une nouvelle possibilité, c’est une éclaircie incroyable, est-ce que ce sera assez fort pour tirer du côté de la vie, assez contagieux pour voir la bouteille à moitié pleine infiniment plus prometteuse que la bouteille à moitié vide ?

Sibony me semble toujours se tenir là où la perte, le sevrage, la séparation, valent le coup d’être admis, parce que ce symbole transmis signifie en même temps autre chose, une nouvelle vie. Il insiste sur la dimension du transfert et contre-transfert, c’est-à-dire que lui, en tant qu’être humain, il s’implique, voire il incarne par son être une ouverture, une promesse, une incitation à sauter le pas. C’est un psychanalyste qui rayonne sa vie, qui appelle donc depuis une autre orbite. De ce côté de la vie, il y a de l’amour, il y a de l’entre-deux, il y a de la relation, il y a du jeu possible, il y a autre chose. Alors il devient possible d’abandonner les « doudous » de toutes sortes. C’est un psychanalyste qui rayonne quelque chose par son être qui a déjà fait l’expérience du saut de qualité, du changement d’orbite, il ouvre le passage. C’est un passeur d’être.

De manière très différente, les autres thérapies, thérapies cognitivo-comportementalistes, thérapies brèves ou systémiques, voire le traitement médicamenteux, l’hypnose, les techniques, visent au contraire toutes à guérir les symptômes, à adapter, bref il y a une sorte de fantasme de toute puissance qu’on sent à l’œuvre, les techniques vont prendre en main le malade, il y a un programme pour redresser, des suggestions, les problèmes ce serait une affaire de gestion. Bref, on sent tellement une sorte d’instance maternelle, derrière toutes ces techniques, qui sait bien faire pour que tout aille mieux. Pour adapter, pour rendre performant. Formatage.

Daniel Sibony écrit : « Le nerf de la psychanalyse ne relève pas de la preuve mais de l’épreuve, celle d’une certaine faille intrinsèque à l’être humain, faille qui lui rend la vie impossible et en même temps possible et féconde. Ce nerf fait que le point de vue technologique et de grande consommation n’y trouve pas son compte : on veut des thérapies répétables, pour lesquels ont veut former des cohortes de soignants…qui répètent la même chose. »

« …le sujet c’est l’ensemble des jeux qu’il peut soutenir, ouvrir, relancer, devenir ‘sujet’ c’est se rendre capable non seulement de ‘jouer’, de changer de jeu, mais de porter et transmettre des entre-deux jouables. L’enjeu est que le patient conquière le symbole ( du partage ou de l’entre-deux) pour qu’il puisse ‘ouvrir’ les situations, les partager, y faire la part de l’autre, la part de l’être…Notre idée du sujet contient la trame des relations et des jeux où il prend part…un être humain est l’ensemble des relations qui passent par lui, donc c’est un opérateur dans un espace de relations. Ainsi, il est toujours entre-deux ; il n’est pas identique à lui-même, il opère sur une relation et dans l’espace des relations où il est pris. Le tirer d’affaire, c’est l’aider à sentir cette trame, où il tente bizarrement de résoudre des problèmes alors que souvent il n’y a pas de problèmes à résoudre, il n’y a qu’à vivre les relations, les entre-deux, sans y ramener de vieux problèmes insolubles. »

« L’important est d’être à la hauteur des surprises, de supporter leurs excès. »

« Revenons à l’enjeu de l’acte symbolique : révéler le point d’existence, la surprise d’exister et de sentir que l’autre existe ; reconnaître que ces deux existences se recoupent et se croisent. Il est clair que l’amour, inhérent à l’acte thérapeutique, prend là sa source : dans le fait que l’autre vienne exister là où l’appel d’être, en vous, ne trouvait nul écho ; jusqu’à être inaudible. L’amour surgit au croisement entre un appel et une présence qui ‘répond’, qui donne du répondant ; sans que cela s’ajuste : c’est une discordance efficace, une dissonance harmonieuse… »

Il se produit des secousses de la mémoire, une barrière de refoulement est franchie, le corps vivant dans son unité singulière devient le premier événement symbolique, il existe hors des enveloppes de toutes sortes qui voulaient prendre soin de lui, c’est une chair pensante, alors ce corps unique se lève et part pour le voyage qu’il deviendra, « dont il s’ouvre la voie à travers l ‘être et les autres ».

« Exister, c’est aimer son lieu d’être en tant qu’il est mouvant. L’acte thérapeutique doit rendre possible l’accès aux lieux d’être. » Sans besoin du concept de résilience… « Le noyau des pathologies, de presque toutes, c’est de n’avoir pas de lieu d’être ; n’avoir pas de lieu où poser même son manque-à-être ». Naître, sortir des enveloppes, de l’idéologie du bien-être, échapper à toutes ces technologies qui veulent s’occuper du malade handicapé, savoir pour lui, l’orienter vers le troupeau.

« …exister, c’est pouvoir vivre les entre-deux où se transmet le symbolique ».

Daniel Sibony souligne l’importance de la qualité du passeur. Bien sûr !

Dans ce livre, il faut reconnaître qu’il évite d’être trop négatif envers les autres thérapies, souvent il y trouve des choses qui s’approchent de l’analyse, ça semble marcher, il dit pourquoi pas, puis, à la réflexion, c’est tellement éloigné de sa façon de rencontrer l’être humain…Sa façon à lui d’être psychanalyste, d’être ce passeur d’être pour une transmission symbolique, inaugure, avec cet être là qui appelle, auquel il répond, un entre-deux que suivra une infinité d’autres entre-deux. Il a permis une sorte de déblocage de l’entre-deux originaire. L’histoire originaire va pouvoir s’écrire en d’autres chapitres imprévisibles. Mais l’analyse qu’il semble nous proposer est déjà de la vie dans son rythme, dans son renouvellement infini. Il se pose-là, passeur d’être, en quelque sorte comme l’entre-deux d’une autre qualité que l’entre-deux originaire, parental. Et c’est ça le saut de qualité. Cette générosité à venir chercher l’être nouveau là où c’est difficile de sortir, là où il s’agit d’entendre les traces aliénantes pour mieux pouvoir les laisser.

Toute la qualité d’un passeur en train d’inventer sa pratique à partir de son propre être.

Alice Granger Guitard

Messages

  • très bon article
    clair, vous devriez écrire 1 bouquin de vulgarisation sur la psychanalyse

  • Bonjour,
    J’ai beaucoup lu Daniel SIBONY, le premier psychanalyste qui m’a fait dire en le lisant, c’est ça !!!
    Et puis je l’ai rencontré : Daniel SIBONY passeur ne fut pas à la hauteur !!!
    Il me semble donc que de sa lecture jaillit plus d’amour que de son être, dommage !!!

    Merci pour tous vos articles, je me délecte !

    • Bonjour,

      comme la dit un intervenant j’ai aussi beaucoup lu daniel sibony qui théorise fort bien dans ses livres et dont la devise est "ne pas-se-réduire-a-soit-meme" alors que dans son blog et dans ses messages, le moins que l’on puisse dire c’est qu’il ne se l’applique pas franchement sa devise en jetant l’opprobre sur "les autres", retrancher dans une cloture identitaire, qui peut amuser tellement il nous rabache le contraire dans ses ouvrage, autrement dit appliquer mes théorie fumeurse et putot théorique..et moi je m’en dispense

  • votre compte rendu est d’autant plus touchant qu’on y sent qu’elle vient de quelqu’un qui a rencontré l’auteur, je veux dire rencontré vraiment, que cette rencontre vous a touchée, et lui aussi - sans quoi ce n’aurait pas été une vraie rencontre. Je me demande souvent pourquoi, dans les associations et les milieux psy on parle si peu des oeuvres de cet auteur, pourquoi elle trouve si peu d’écho, alors que tant de gens, y compris des psys, la lisent et y trouvent quelquechose d’essentiel pour eux personnellement, mais ne parviennent pas à en faire passer quelquechose dans le social. Serait-ce que cette oeuvre témoigne d’un parcours tellement "original" qu’il ne saurait être pris comme modèle
    d’aucune "bonne pratique" ? Ou alors devant son ampleur, il y a-t-il un recul devant l’injonction surmoïque de "tout lire" avant de pouvoir s’autoriser à en parler ? ou craint-on la réaction de l’auteur qui ne doit pas être un homme commode, hors lien analytique ? je partage tout à fait votre admiration pour le travail de cet auteur, et également l’affection que vous avez pour sa personne, et qui transparait dans ce que vous écrivez. Cet amour, d’ailleurs réciproque, qui nait du fait de sa pratique, de "passeur d’être", comme vous dites, reprenant son propre propos, a ceci de singulier qu’il ne comporte aucune possessivité, aucune appropriation. Ce qu’il offre à ses patients, c’est une rencontre au plus intime, et aussi peu personelle que possible, au point où l’humain brûle, sans le savoir, au feu de l’Etre. C’est là où on le trouve - et nulle part ailleurs.
    Rencontrer Daniel Sibony, c’est le perdre dans le même mouvement, et de ce mouvement nait une dynamique.
    Je cherche vainement, sur internet ou ailleurs, une "thèse", ou un "travail" de quelqu’un qui aurait parcouru l’oeuvre de cet auteur, et aurait eu quelquechose à dire du mouvement qui l’anime, pour le moment, je ne trouve pas.
    bien cordialement

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