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Le pays derrière les yeux de Gérard Pfister

Recueil de poèmes paru aux Editions Arfuyen

lundi 15 juin 2009 par Françoise Urban-Menninger

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Poète, traducteur et éditeur, l’auteur publie aux Editions Arfuyen dont il est le directeur, un opuscule lumineux qui tel une poussière d’étoiles nous émerveille et nous ouvre les yeux sur notre monde intérieur.

"Vois la nuit/derrière tes yeux", "derrière les yeux/est ta naissance"...Sur le ton de l’aparté, Gérard Pfister tutoie chacun d’entre nous pour l’enjoindre de regarder "derrière le regard". Dans un monde de l’apparence où le paraître l’emporte sur l’être, chacun semble avoir oublié ce lieu inconnu d’où surgissent parfois peines et angoisses mais où survivent les souvenirs de l’enfance et les images toujours vivantes des disparus.

Le poète avec des mots simples mais limpides nous incite à renouer avec nous-mêmes :"entre sans crainte/ici/est la demeure", car "jamais/tu n’en es sorti". Nous portons en nous cette nuit que nous endormons dans le lit des apparences, nous l’enfouissons comme un secret parce que nous avons peur de ce que nous ne comprenons pas et qui nous dépasse.

"Ce pur noyau/de silence" est pourtant la clé d’un royaume, celui d’avant la naissance "où la mort/n’a pas/commencé", "avant l’esprit/avant"...Tel un enfant qui s’interroge sur le grand trou noir de l’origine, Gérard Pfister appréhende cette nuit que nous refoulons le jour et dont il ne reste que le souvenir.

"Le pays derrière les yeux" nous fait quitter le temps horizontal pour entrer dans la verticalité de l’être. Ce recueil résonne dans l’âme en descendant d’écho en écho à la découverte de notre entité. Il donne le courage d’aller jusqu’au fond, au plus profond où nichent nos angoisses lovées dans les replis de notre conscience.

En dehors des sentiers battus de la psychanalyse ou de la religion, Gérard Pfister emprunte la voie de la poésie pour nous permettre d’appréhender l’ambivalence abstraite de l’être et du non-être.
Bachelard nous le disait déjà, c’est "dans les ténèbres" que "l’homme voit mieux sa propre lumière".

Mais le jour vient éteindre la nuit chaque matin car pour survivre, il faut retourner auprès des vivants et se "réenchaîner". Bachelard ne nous confiait-il pas que "Pour vivre, il faut toujours trahir les fantômes ?".
Mais la musique du long poème de Gérard Pfister ne nous quitte plus, elle s’insinue au plus nu de notre âme pour éclairer l’invisible et donner sa voix à l’indicible.

Françoise Urban-Menninger

Dans le même temps, les éditions Le Nouvel Athanor publient une anthologie des poèmes de Gérard Pfister dans la collection "Poètes trop effacés".

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