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Apologie du silence d’Alain Maumejean

Ensemble de quatre textes poétiques parus aux editions Arfuyen en novembre 2009

dimanche 6 décembre 2009 par Françoise Urban-Menninger

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D’emblée le poète s’inscrit dans une problématique qui ressemble à une contradiction. Car comment dire le silence sinon en se taisant ou en laissant la page blanche. Dire le silence, de surcroît en faire l’apologie, n’est-ce pas déjà le rompre ?

Or Alain Maumejean possède l’art ou la clé qui le fait parler de l’intérieur du silence. Les mots sont susurrés et "ce qui s’entend n’est plus que le balbutiement du premier être qui rendit l’âme". Le poète est à l’écoute du silence dans sa conque de mots, il en "dénoue l’opulence" pour "ne rétablir que l’exigence de son écho".

Les strophes en prose traversent la page blanche, elles sont l’écho de ce silence qu’Alain Maumejean porte en lui depuis l’enfance. Mais que lui dit ce silence, de quel autre silence plus grand encore est-il l’annonciateur ?

Le silence est attente, il préfigure la mort mais il est aussi "le bégaiement de n’avoir rien à dire" et dans le même temps, le silence déborde de son trop plein dans une écriture qui parle tout en se taisant. Dans une écriture en forme de boucle, l’auteur revient immanquablement à ce je ou jeu où le silence est roi.

L’autodérision accompagne chacun des propos d’Alain Maumejean qui, suprême ironie, se défend d’être un écrivain puisque ce qu’il doit dire, c’est qu’il n’a rien écrit mais "puisque c’est là", il en est le lecteur !
Le poète devient alors le lecteur de ce silence qui l’habite et qui le "terrorise" car ce silence "l’instruit" jusqu’à lui signifier et à lui faire avouer à l’instar de Socrate : "je ne suis rien".

Ce rien court de page en page, il ponctue cette apologie du silence, il l’éclaire et la signe, il en donne le mot de la fin dans tous les sens du terme. Car Alain Maumejean n’en fait pas un mystère, il faut se préparer "à n’être plus", "accepter de mourir comme il a fallu naître : comme un rien".

Françoise Urban-Menninger

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