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Les femmes et l’alcool - Gérard Haddad (Grasset) 2009
mercredi 13 janvier 2010 par Calciolari

Traduction imparfaite d’une Note de lecture en italien que l’on trouvera ci-dessous.

Le livre de Gérard Haddad, Les femmes et l’alcool (Grasset) 2009, pp. 134,12 €) raconte les histoires de quatre femmes qui ont eu des problèmes avec l’alcool. Le livre est narratif, clinique, il offre les revers de la vie, en particulier l’aspect des relations familières en connexion avec la logique du fantasme. Gérard Haddad commence par distinguer l’alcool au masculin de l’alcool au féminin, car beaucoup d’approches ont voulu faire de l’alcoolisme au féminin un reflet ou une dérivation de l’alcoolisme au masculin.

En se référant à l’expérience et à la théorie de Freud, où l’Oedipe au genre masculin et au féminin ne sont guère symétriques, dans chaque cas il est singulier, Haddad commence la narration des cas sans se priver de la surprise à cause d’un parti pris théorique. L’auteur privilègie la clinique et non pas la métapsychologie. Il n’a pas besoin de faire références aux études psychanalytiques différentes, qui ont été faites jusqu’à maintenant, des annotations de Freud aux travaux de Ferenczi, ou de François Perrier à Charles Melman ; et cette manière clinique d’affronter le problème offre l’appât d’une lisibilité qui permet d’entendre quelque chose de l’alcool au féminin, et précisément les quelques éléments qui sortent de l’expérience de Gérard Haddad comme psychanalyste.

Gérard Haddad n’oublie pas des annotations sociologiques comme le statut de la honte. Il y a honte dans l’alcoolisme au féminin, honte issue de la société. En cherchant dans les livres anciens nous trouvons des références précises sur le problème de la femme ivre, comme dans Ovide : « C’est un spectacle indécent une femme qui languit ivre trempée : elle est digne de subir quelconque étreinte ». Subir le viol.
Il émerge de la clinique de Gérard Haddad un problème qui touche le sacré de la vie, l’aspect féminin du sacré qui a aussi quelque chose à voir avec la vie humaine, sa transmission, non pas sa reproductibilité animale mais la poursuite de l’itinéraire de l’humanité qui touche le symbolique, la culture, la religion, l’éthique. Il s’agit d’un statut qui n’est pas emprunté de l’animal. Gérard Haddad dit que c’est seulement quand est attaqué le nœud de sacralité de la femme qui a à voir avec la maternité, qu’il y a réaction à cette attaque avec l’alcool, et il le qualifie de forme lente de suicide.

Le discours occidental, véhiculé d’Aristote à Legendre, c’est le discours de la mort, le discours de la guerre, le discours du meurtre, notamment quand la main est levée sur soi, comme dans le cas du suicide. Oui, c’est vraiment ainsi, suite à l’attaque contre la vie sacrée, la vie nue, comme l’appelle Agamben, il y n’a pas bataille intellectuelle de vie mais laisser aller. Liquidation de la vie.

En revenant à l’alcool au masculin qu’il avait déjà analysé dans une de ses premières œuvres, Manger le livre, où il y a le cas de Malcom Lowry, qui a écrit le roman Sous le volcan, et le cas d’une œuvre de Henrik Ibsen, Hedda Gabler, où le problème se pose par rapport à la paternité, sa non assomption, Gérard Haddad parle de non-accès (à la fonction paternelle), la réponse étant l’alcool dans certains cas et la psychose en d’autres cas.

L’alcoolisme tente de résoudre l’impossible du nom, du zéro, du père. Non qu’il soit une manière d’accéder à la fonction, ou de l’assumer ; mais personne ne peut se dérober à l’itinéraire de vie, à l’inconscient dans son aspect de jeu et d’invention. Il y a l’instauration du zéro, du nom, du père et cette instauration dans sa fonctionnalité c’est l’accès. Le commencement est l’accès ; sans commencement, il n’y a pas d’ accès.
Les cas racontés par Gérard Haddad vont des années ’80 à nos jours, et nous nous trouvons avec des cas très embrouillés, par rapport au problème du père, de la paternité, du fils, de la transmission ; enchevêtrements comme "l’échange de sexe" qui n’interrogent plus au niveau éthique. Qu’une femme se fasse opérer, qu’elle se fasse enlever les seins, et elle se transforme en homme, avec une prothèse demi-synthétique et demi charnelle et qu’elle-lui puisse avoir une fille de sa femme, qui se serait fait fécondée par la semence de son frère, de manière que la fille lui ressemble, c’est devenu acceptable.
Ce n’est pas clair pour celui qui croit pouvoir résoudre d’avance, par expérience, de tels problèmes, l’alcoolisme ne concerne ni le père qui était une femme, ni la mère qui s’est mariée à une ex-femme. L’alcoolisme dans ce cas concerne la fille si belle et parfaite de cette famille bourgeoise modèle.

L’issue de la psychanalyse dans ce cas a été celle promue par le "bricoleur" Lacan, avant même que le bricolage puisse concerner Gérard Haddad, qu’il l’assume avec légèreté, et sur son invitation cela concerne tous ceux qui s’occupent de psychanalyse, car l’intervention n’est pas idéale, elle n’est pas salvatrice, elle n’est pas topologiquement parfaite, et il a y eu une sorte de cohabitation avec le symptôme qui - bien que nous puissions le considérer comme un échec théorique - ne l’est pas du point de vue clinique. La jeune fille en question a encore devant elle une vie unique, et on pas une vie déjà vécue à l’avance.
Que faudrait-il à cette jeune fille pour analyser plus profondément son propre cas ? Le cas dans son unicité est difficile pour tout le monde, il suffit de penser aux difficultés qui ont interrogé la vie des psychanalystes, et à la conclusion de quelques-uns parmi eux, sans exclure le cas du génial Jacques Lacan ni celui de l’inventeur Sigmund Freud.

L’aspect le plus important des cas du livre Les femmes et l’alcool est donné par la poursuite de l’analyse, là où elle a y eu lieu, et là où elle n’ été que provisoire, ou de courte durée. C’est-à-dire que l’enjeu de l’intervention du psychanalyste, ceci dit de la manière simplement narrative de Gérard Haddad, c’est de ne pas empêcher (il serait contre le contretransfert négatif) qu’une parole puisse être lue. Et la lecture va avec l’articulation des fantômes et avec leur dissipation : l’aspect clinique est que la représentation de quelques symptômes se dissout. Les autres appellent ça « guérison ».

Les objections « légères », dirions-nous aujourd’hui, de Gérard Haddad à quelques aspects du laïcisme, restent à la frontière des cas qu’il raconte, par exemple l’avortement facile, l’avortement provoqué, bien entendu, pris comme un acte immédiatement accepté dans sa symbolicité. Par contre en plus d’un de ces cas on remarque comme problème inanalysé (comme attaque contre la femme du point de vue de la maternité) l’alcoolisme comme contre-pas.
Le livre est plus important pour ce qui n’est pas
dit théoriquement, c’est-à-dire par son parcours clinique, ce qui laisse un point d’identification - pour commencer l’analyse – à ceux qui sont touchés par le problème. L’alcoolisme peut être mis entre parenthèses et même se dissoudre dans l’analyse lorsque celle-ci qui ne l’accepte plus comme solution.

Jacques Lacan est cité, aussi comme maître ; selon l’indication même de Lacan, que celui qui le cite risque d’inventer, alors que celui qui s’est formé avec lui et qui omet de le nommer ne fera rien d’autre que de tourner en rond. Et c’est pour cela que la clinique de Gérard Haddad a cette qualité inédite. Egalement pour nous, qui avons lu les perles de l’analyse de l’alcoolisme de bien d’autres auteurs.

Dans les séminaires tenus pour la formation de psychanalystes, Lacan, qui n’épargnait aucun aspect dans sa métapsychologie, disait que quand quelqu’un commençait une analyse il ne lui tenait pas une leçon de théorie mais il l’écoutait. Cette écoute est ce qui caractérise l’expérience clinique de Gérard Haddad et c’est pourquoi dans le témoignage de ce livre quelque chose d’essentiel autour du problème de la paternité et de la maternité est mis en relief à propos de l’alcoolisme.

Quelles vies sont en jeu avec les quatre cas de femmes dont Gérard Haddad parle ? Il s’agit de vies où n’émerge presque aucune trace de recherche culturelle ou artistique ni scientifique. Il y a de timides approches de l’entreprise, et la curiosité culturelle et artistique est confinée à la visite de musées, à quelque films, à quelque livres. Mais la vie n’est qu’effleurée.

Nous disons ceci dans le sens que si la vie est décalquée sur une voie sociale droite jusqu’à l’infini - qui est un cercle, où le point d’arrivée se juxtaposera au point de départ, la circulation sociale sera satisfaite - il est clair pour nous que ce ne peut être que contre-pas, contre-pieds, reculs, symptômes, lapsus, étourderies et tutti quanti.

Quelle est la nature du symptôme, quel est son statut dans la vie ? C’est une formation de l’inconscient, une formation de la vie, rien de parallèle : devant la tentative d’incarner un parallélisme à la vie, une pseudo- logique de la vie, une vie non authentique, le symptôme émerge comme originaire, et la jouissance est la satisfaction du symptôme originaire, si têtu. L’activité sexuelle du symptôme : ce sont des mots de Freud.

Certainement, Gérard Haddad n’entend pas la reproduction humaine de manière biologique, de manière animale, mais il y a quelque chose dans la reproductionde l’espèce qui fait problème, qui émerge avec le symptôme de l’alcoolisme et qui concerne la paternité et la maternité qui ne sont pas symétriques entre eux et qui ne peuvent être résolus dans l’engagement personnel de la fonction. Le rêve de symétrie est poursuivi d’autre part soit par l’algèbre du genre masculin que par l’algèbre du féminin qui encouragent l’engagement ou le refus de la fonction. Le terme de « reproduction » est à lire et à relire encore.

Nous notons que le symptôme est originaire, donc que rien ne sert de l’enlever, de l’extirper, de le réduire, de l’effacer. En chaque cas d’alcoolisme comme en chaque cas d’une autre urgence d’un symptôme, le symptôme est la méthode et la voie du chemin thérapeutique. Le symptôme est ce qu’il y a de plus près du problème de vie authentique.

Il faut ensuite à partir d’un cas d’alcoolisme dévider l’écheveau d’une histoire, entre le conte de fées et la saga, jusqu’à aborder entre le projet et le programme de vie, où ce que l’on croyait fermeture, prédestination familiale, mais aussi prédestination sociale, devient l’hypotypose de l’ouverture, la manière même de l’ouverture, la famille comme trace, la famille comme ouverture, et non pas comme prédestination, comme fermeture. Aucun point d’arrivée se juxtaposera jamais au point de départ, le voyage n’est pas circulaire. Quand Gérard Haddad dit qu’avec le nazisme, les champs d’extermination et la shoah ont touché un élément essentiel de la reproduction de l’espèce qui comporte que quelques-uns, dans un tissu général culturel refusent la paternité pour ne pas reproduire cette espèce qui a aussi provoqué le génocide des Juifs, c’est une réponse à une prédestination sociale présumée (et aussi une technique d’accomplissement de la métaphysique, selon Heidegger). Tout se passe comme si un automatisme avait joué sans que les choix des humains soient impliquées. Apparemment un palimpseste de choix, la culture et d’autres instances ayant conduit au meurtre en masse, industriel, des humains.

Nous précisons donc que la maternité n’est pas une destinée biologique de la femme, ce n’est pas en ce sens que Gérard Haddad parle du problème de la maternité, et de la paternité. Gérard Haddad relève que le problème est touché par une négation au niveau radical dans les cas d’alcoolisme féminin, et aussi dans les cas alcoolisme au masculin. Nous relevons que le fantasme d’accès, de participation à l’algèbre de la vie, de modifications de niveau dans la pyramide sociale de la généalogie – ce qui est la même chose que ce à quoi nous nous référons - porte l’alcoolisme comme échec intérieur même à l’algèbre pyramidale et à son exhibition géométrique à chaque niveau et à chaque marche du triangle spirituel ou matériel, de Marx à Kandinsky. La réponse à cet échec maintient en même temps le problème de la nécessité intellectuelle d’élaborer la généalogie, le phallicisme, le phallophorie. La généalogie est la tentative impossible d’instaurer ce qu’il y n’a pas d’originaire, c’est-à-dire la copie sur l’originaire ou le nom du nom. Justement, le nom du nom n’existe pas, pas plus que l’accès de l’accès, ni l’accès généalogique. La fonction du nom est la fonction d’accès. Le très beau récit de Kafka, Devant la loi, c’est l’hypotypose d’un tel problème : nous pouvons rester devant la porte de notre vie, ou nous pouvons rester dans la paralysie de l’ouverture, c’est-à-dire dans la transformation de l’ouverture en fermeture, croire que cette porte qui est notre porte est une porte fermée, comme dans la poésie de Giuseppe Piccoli, Poésie fermée de l’écluse porte. Mais l’accès concerne chacun.

En commençant, dans le commencement réside l’accès. Mais si pour n’importe quelle fantaisie, c’est-à-dire pour n’importe quel tabou du faire, pour une quelconque hypothèse qu’il y aie un "non" du faire, un « ne pas pouvoir faire ceci » ou un « ne pas pouvoir faire cela », entre projet et programme de vie, mais non pas entre projet et programme social de vie, il n’y a plus alors de prévision circulaire du cas, et quelque chose s’instaure, et de l’ouverture, de la famille comme trace, quelque chose peut arriver d’inédit. C’est le cas aussi, d’Ilse, qui n’est pas exclue de la vie, bien que les membres de la famille aient fait un patchwork, un impossible mélange alchimique génétique, mais pour un business socialement cru comme possible.

Pour entendre le problème de l’ouverture (à un destin pas déjà écrit à l’avance), nous reprenons une réponse singulière du psychanalyste Jean-Jacques Moscovitz, qui face au problème de l’interrogation éventuelle des enfants nés en éprouvette, qui pourraient à l’avenir demander raison de cette décision, a répondu que le problème est plutôt des autres fils, ceux qui ne sont pas nés en éprouvette et qui se demandent s’ils ne sont pas par hasard nés en éprouvette. C’est aussi la fable du fils échangé, de Pirandello, et la fable de tous ceux qui pensent être né dans la « mauvaise » famille, dans la généalogie incorrecte, et que leur destinée aurait été meilleure ou plus belle en venant d’une famille princière. C’est le cas de l’alcoolique « sans alcool » Louis Althusser, pour citer à son intention une théorisation d’Augustin, qu’il aurait voulu porter le nom de la mère et pas le nom du père. Cette curieuse fantaisie l’a même porté à tuer sa femme, Hélène Rytman, et à essayer de passer également comme innocent. Et ainsi, en évitant le tribunal, il a vécu reclus dans un appartement, et sous la sonnette il y avait le nom de la mère, Berger.

Parmi les cas que Haddad reprend il y a aussi celui de l’écrivaine Marguerite Duras, à propos de laquelle il remarque l’avortement et les autres événements qui ont touché son enfance, et qui l’ont portée à être le reste du désir de l’autre, ils rendaient la voie difficile, et il note que le problème de l’alcoolisme a été provisoirement suspendu par l’écriture. Les œuvres littéraires sont restées la guérison provisoire de Marguerite Duras. Haddad reprend le lien entre écriture et alcoolisme, entre livre et alcoolisme : manger le livre et non pas liquider le livre. Et nous pourrions dire aussi : boire le livre, parce que la nourriture et le boire sont du domaine de la vie, du domaine du dispositif à inventer. La métaphore de manger le livre que Gérard Haddad lit en Ezéchiel est l’axe porteur de l’œuvre citée Manger le livre.

Quand n’y a-t-il plus d’alcoolisme ? Il s’achève chaque fois que l’itinéraire de vie authentique reprend ; et en ce sens ce n’est pas la destinée des femmes d’accoucher, il faut que chaque femme décide de cette fonction présumée (« présumée » parce qu’elle n’est pas biologique ni sociale). Décision sans plus de sujet (dans le sens qu’il ne revient pas au sujet de choisir d’accepter au non la décision). En fait le sujet est l’hypostase du désir social de la manipulation des humains, jusqu’à la manipulation génétique pour gagner de l’argent. Aucun comité d’éthique sociale constitué d’académiciens et des barons de tout les savoirs présumés sur la maternité peut critiquer le projet et le programme de vie de la femme en question.

Une femme se laisse aller à la solitude, en se cachant, parce qu’elle est restée profanée dans sa fonction symbolique dans le procès de la procréation. Cette phrase est une reprise d’élaboration de Jacques Lacan. Cette profanation a pour agent, le plus fréquent, l’homme avec qui la femme est en train de vivre. Ce type de profanation va au-delà de chaque affaire privée. Cette profanation constitue un attentat à l’idée d’espèce humaine dont la destruction retire de la vie chaque raison de se prolonger.

L’invitation est à lire dans chaque cas d’"alcool" au féminin la question posée par la maternité et par la "reproduction", de manière que si l’usine des humains a travaillé pour produire des marionnettes sociales, cette marionnette sociale qui a trouvé la seule manière pour poser le problème de vérité et le problème de vie authentique avec l’alcoolisme trouve les conditions aussi pour élaborer et pour rendre vain la représentation du symptôme, en permettant justement, a posteriori, qu’il ne se soit pas traité d’autre chose que de la méthode et de l’itinéraire d’une logique particulière.

D’ailleurs, il ne s’agit pas de sortir de la destinée familiale, la manière de rester dedans, pour l’incarner, mais de dissoudre la destinée familiale présumée, l’équation familiale présumée, l’algorithme familial présumé, et de s’acheminer dans l’itinéraire qui procède de la famille comme trace, comme ouverture et pas comme fermeture.

Selon Gérard Haddad nous n’en sommes qu’aux premiers pas des manipulations délirantes de la sphère sacrée de la reproduction de l’espèce. La biologie moderne réalise, en partie, le rêve nazi. Entre les expériences différentes qui se remuent autour de ce statut, une place spéciale est donnée au génocide des Juifs. L’obsession de ce souvenir, son inflation dans nos productions culturelles, selon Gérard Haddad, résultent de notre difficulté à délimiter la zone actuelle de notre blessure et sa non cicatrisation. Cette zone est précisément celle des fonctions symboliques qui règlent la reproduction de l’espèce. Et les champs de concentration et d’extermination ont ensemble porté un coup fatal à ces fonctions. Le livre de Gérard Haddad se conclut ainsi : depuis le temps de notre aïeul Noé nous avons pris l’habitude de noyer dans les boissons incandescentes notre horreur d’exister.

En d’autres termes, pour nous il s’agit d’entendre qu’est-ce que les hommes font et qu’est-ce que font les femmes du refoulement, c’est-à-dire de la fonction du zéro, de la fonction du nom, de la fonction du père. Il n’est pas question d’un sujet qui accède à la fonction symbolique mais de l’accès qui est donné par le fonctionnement de cette fonction, laquelle plus que symbolique est fonction de refoulement. Le symbole est le reste de la fonction du refoulement.

Face à Lacan qui encourageait à avaler le crapaud, l’indication de Gérard Haddad de manger le livre, avec toute l’impuissance réelle de le faire, ceci indique le chemin parcouru, loin des impasses du lacanisme qui ne lit pas Lacan.

Gérard Haddad mesure aussi l’approche différente entre les chercheurs et l’opinion commune, celle des grandes colères pour la manipulation génétique du maïs, et celle de la révolte devant la profanation de l’enceinte sacrée de la paternité et de la maternité. Par exemple, aujourd’hui le transexualisme et le changement de sexe, qui sont une chimère, qui sont acceptés comme quelque chose de normal, disponible à l’acquisition sur les comptoirs des supermarchés. Gérard Haddad le répète : c’est la destruction du pacte sacré qui est insupportable pour une femme et qui la mène à l’alcool, une forme latente de suicide.

Quand Gérard Haddad dit que l’alcoolisme pour l’homme c’est son impuissance même à se hisser à la paternité, il indique qu’il n’y a pas d’accès à l’accès, et que l’instauration du commencement n’est ni personnelle ni sociale. Il y a une hypotypose de l’accès dans la brûlure. L’acte de manger le livre a pour équivalence un autre acte, celui de manger le feu, de brûler sa propre bouche pour accéder au symbolique de la parole. C’est arrivé à Moïse enfant, d’où sa difficulté à parler, cela a aussi été l’expérience inaugurale d’Isaïe et de Jérémie. Celui qui ne se brûle pas la bouche, ou celui qui a la bouche standard, n’a pas accès au symbolique de la parole, mais au système symbolique, phallique, et rien n’arrive à cette bouche qui ne s’est pas brûlée.

Manger le Livre comme le mode même du refoulement. Par contre, lorsque il y a la question d’accéder (à l’accès, au symbolique, au nom du père), alors il faut un livre de chair pour se payer la paternité, qui est au nom du nom plutôt qu’au nom du père.

Voilà la question qui semble demander la réponse géométrique, celle de l’exécution avec la cuite alcoolique. « Pourquoi se reproduire dans un monde dans lequel le fleuve de la disgrâce a submergé ses bords ? » Et on peut aussi répondre : parce que la répétition concerne paradoxalement le non identique, ce qui n’est jamais arrivé.

Dans notre bibliothèque, dans notre archive, dans nôtre trousse, selon le dit d’un autre Jacques (Derrida), il y a la Bible, Dante, Machiavel, Giordano Bruno, Freud, Cantor et nombreux d’autres, sans pour autant que la liste soit une énumération, et dans cette cour ancienne nous rencontrons aussi Gérard Haddad et nous le remercions.


Il libro di Gérard Haddad, Les femmes et l’alcool (Grasset, 2009, pp. 134,12 €) narra le storie di quattro donne che hanno avuto problemi con l’alcool. Il libro è narrativo, clinico, offre i risvolti della vita, in particolare nell’aspetto delle relazioni familiari in connessione con la logica dei fantasmi. Gérard Haddad comincia col distinguere l’alcool al maschile dall’alcool al femminile, poiché vari sono stati gli approcci che hanno voluto fare dell’alcoolismo al femminile un riflesso o una derivazione di quello maschile.

Rifacendosi all’esperienza e alla teoria di Freud, dove l’Edipo al maschile e al femminile non sono per nulla simmetrici, in ciascun caso singolari, Haddad comincia la narrazione dei casi, senza precludersi la sorpresa a causa di un partito preso teorico. L’autore privilegia la clinica non la metapsicologia, non ha bisogno di fare riferimenti ai vari studi psicanalitici, che sono stati fatti sinora, dalle poche annotazioni di Freud ai lavori di Ferenczi, sino a colleghi e amici di Lacan, come François Perrier ; e questo modo di affrontare la questione offre l’esca di una leggibilità che permette a chi voglia intendere qualcosa dell’alcool al femminile, di capire alcuni elementi che sono per l’appunto quelli dell’esperienza di Gérard Haddad come psicanalista.

Non tralascia Gérard Haddad alcune annotazioni sociologiche, come lo statuto della vergogna. Vergogna che è enunciata anche dalla chi è alle prese col problema dell’alcoolismo al femminile, vergogna attribuita dalla società. Cercando nei libri antichi troviamo proprio dei riferimenti precisi sulla questione della donna ubriaca, come in Ovidio : “È spettacolo indecente una donna che giace ubriaca fradicia : quella è degna di subire qualsiasi amplesso”. Subire l’amplesso è lo stupro.

Emerge dalla clinica di Gérard Haddad una questione che tocca il sacro della vita, tocca l’aspetto femminile del sacro che ha anche a che fare con la vita umana, nella sua trasmissione, non tanto la sua riproducibilità animale, ma il proseguimento dell’itinerario dell’umanità che tocca il simbolo, la cultura, la religione, l’etica. Si tratta di uno statuto che non è mutuato su quello animale. Gérard Haddad dice che solo quando è attaccato il nodo di sacralità della donna, che ha che fare con la maternità, allora c’è la reazione a questo attacco con l’alcool, e lo qualifica come una forma di suicidio lento.

Il discorso occidentale, vaticinato da Aristotele a Legendre, è il discorso della morte,che è il discorso della guerra, è il discorso dell’omicidio, anche quando la mano è levata contro di sé, come nel caso del suicidio. Sì, è proprio così, in risposta all’attacco contro la vita sacra, la nuda vita, come la chiama Agamben, non c’è la battaglia intellettuale di vita ma il lasciarsi andare. La liquidazione della vita.

Riprendendo anche l’alcool al maschile, che aveva già analizzato in una delle sue prime opere, Mangiare il libro, dove c’è il caso di Malcom Lowry, che ha scritto il romanzo Sotto il vulcano, e il caso di un’opera di Henrik Ibsen, Hedda Gabler, dove la questione si pone rispetto alla paternità, la sua non assunzione, Gérard Haddad parla di non accesso, e la risposta è l’alcool in alcuni casi e la psicosi in altri casi.

L’alcoolismo tenta della liquidazione impossibile del nome, dello zero, del padre. Non che ci sia un modo per accedere alla funzione, o per assumerla ; ma il non sottrarsi all’itinerario di vita, all’inconscio nel suo aspetto di gioco e di invenzione, ha come aspetto l’instaurazione dello zero, nel nome, del padre, e questa instaurazione nella sua funzionalità è l’accesso. Cominciando è l’accesso. Il cominciare è l’accesso, senza cominciamento, nessun accesso.

I casi narrati da Gérard Haddad vanno dagli anni ’80 ai nostri giorni, e quindi ci troviamo anche con casi dove intervengono questioni molto più aggrovigliate, rispetto alla questione del padre, della paternità, del figlio, della trasmissione ; grovigli come “il cambio di sesso” che non interrogano a livello etico. Che una donna si faccia operare, si faccia togliere il seno, e si trasformi pian piano nell’apparenza come un uomo, con una protesi mezza sintetica e mezza di carne umana e possa avere una figlia dalla moglie che si lascia fecondare dal seme del fratello di lui (lei), di modo che la figlia assomigli a lui (lei) è oggi eroticamente corretto.

Se non è chiaro per chi può giocare d’anticipo, per esperienza, su tali questioni, l’alcoolismo non riguarda né il padre che era una donna, né la madre che si è sposata una ex donna. L’acoolismo in questo caso riguarda la figlia così bella e così perfetta di questa famiglia borghese modello.

Il risultato della psicanalisi in questo caso è stato quello promosso dal “bricoleur” Lacan, ancora prima che il bricolage riguardi Gérard Haddad, che lo assume con leggerezza (e su suo invito riguarda ciascuno che si occupi di psicanalisi), poiché l’ intervento non è ideale, non è salvifico, non è topologicamente perfetto, e così c’è stato una sorta di convivere con il sintomo, che seppur possiamo considerare uno scacco teorico, non lo è clinicamente. La giovane in questione rischia ancora di vivere una vita irripetibile, e quindi anche bella.

Che cosa spetterebbe a questa giovane per analizzare più a fondo il proprio caso ? Il caso nella sua unicità è difficile per ciascuno, basta pensare ai vari contraccolpi e contrappassi che hanno punteggiato la vita degli stessi psicanalisti, e in particolare la conclusione di alcuni di loro, non escluso il geniale Jacques Lacan e l’inventore Sigmund Freud.

L’aspetto più importante di questi casi è dato dal proseguimento dell’analisi, là dove c’è stato, e là dove c’è stato più provvisoriamente, o per meno tempo. Ovvero la posta in gioco dell’intervento dello psicanalista, detto nel modo narrativo semplice di Gérard Haddad, è quello di non ostacolare (sarebbe contro il controtransfert negativo) che una parola sia presa in una lettura, che altrimenti non ci sarebbe mai stata, e non ci sarebbe mai stata nemmeno l’occasione in altro modo. E la lettura va con l’articolazione dei fantasmi e con la loro vanificazione : l’aspetto clinico è che la rappresentazione di alcuni sintomi si dissolve. Altri la chiama guarigione.

Le obiezioni leggere, diremmo oggi, di Gérard Haddad ad alcuni aspetti del laicismo, che sta al bordo dei casi di cui narra, è quello per esempio dell’aborto facile, dell’aborto provocato, s’intende, che viene impiegato come se fosse un atto immediatamente assumibile nella sua simbolicità. Invece in più di uno di questi casi si riscontra come la questione non analizzata (come attacco contro la donna per l’aspetto della maternità) abbia poi trovato come contrappasso l’alcoolismo.

Il libro è più importante per quello che non dice teoricamente, e quindi per l’aspetto di percorso clinico, che lascia un punto di identificazione (per cominciare l’analisi) a chi si trovi toccato dalla questione. L’alcoolismo può sospendersi e anche dissolversi, nell’analisi che non lo accetta più come soluzione.

Il maestro Jacques Lacan è citato, anche come maestro ; e proprio secondo l’indicazione di Lacan, che chi lo cita rischia d’inventare (mentre chi si è formato con lui e omette il suo nome non fa e farà altro che girare in tondo) la clinica di Gérard Haddad approda a una qualità inedita. Anche per noi che abbiamo letto le perle dell’analisi dell’alcoolismo, tra le quali la testimonianza di Massimo Meschini (Per una clinica della parola).

Nei seminari tenuti per la formazione di psicanalisti e non per chiunque si presentasse, anche con curiosità intellettuali e non semplicemente pseudo intellettuali, Lacan che non risparmiava nessun aspetto nella sua metapsicologia, diceva che quando qualcuno comincia un’analisi non gli teneva una lezione di teoria ma ascoltava. Questo ascolto è quel che caratterizza l’esperienza clinica di Gérard Haddad ed è quel che fa sì che qualche cosa di essenziale intorno alla questione della paternità e della maternità sia messo in rilievo rispetto all’alcoolismo.

Che tipo di vite sono in ballo con i quattro casi delle donne di cui parla Gérard Haddad ? Si tratta di vite dove non emerge una ricerca culturale, una ricerca artistica, una ricerca scientifica. Ci sono timidi approcci all’imprenditoria, e le curiosità culturali e artistiche sono confinate alla visita di musei, a qualche film, a qualche libro. Ma così la vita è solo sfiorata.

Diciamo questo nel senso che se la vita è ricalcata su un binario sociale diritto che all’infinito è un cerchio, dove il punto d’arrivo si doppierà sul punto di partenza, e la circolazione sociale sarà soddisfatta, è chiaro che non possono che esserci dei contrappassi, dei contropiedi, dei contraccolpi, dei sintomi, dei lapsus, delle sbadataggini, e quant’altro.

Qual è della natura del sintomo, qual è il suo statuto nella vita : è una formazione dell’inconscio, è una formazione della vita, nulla di parallelo, ovvero di fronte al tentativo di incarnare un parallelismo della vita, una pseudo logica di vita, una vita inautentica, il sintomo emerge come originario, ed è il soddisfacimento del sintomo il godimento originario, così pervicace. L’attività sessuale del sintomo, l’ha chiamata Freud.

Certamente, Gérard Haddad non intende in modo biologico, in modo animale, la riproduzione umana, ma c’è qualcosa nella riproduzione (il termine è da leggere e da rileggere ancora) della specie che fa questione, che emerge anche con il sintomo dell’alcoolismo, e che riguarda la paternità e la maternità, che non sono tra di loro simmetrici e che non sono risolvibili nell’assunzione personale della funzione. Il sogno di simmetria è peraltro inseguito sia da l’algebra del maschile che dall’algebra del femminile, che spronano l’assunzione o il rifiuto della funzione.

Annotiamo che il sintomo è originario, quindi a nulla vale toglierlo, estirparlo, ridurlo, cancellarlo ; in ciascun caso di alcoolismo come in ciascun caso di un’altra emergenza di un sintomo, il sintomo è il metodo e la via del cammino terapeutico, il sintomo è quanto di più vicino alla questione di vita autentica ci sia.

Quindi occorre che di quel caso di alcoolismo si dipani la matassa di una storia, tra la fiaba e la saga, sino all’approdo tra progetto e programma di vita, dove quel che viene ritenuto la chiusura, la predestinazione familiare, ma anche la predestinazione sociale, divenga l’ipotiposi dell’apertura, il modo stesso dell’apertura, la famiglia come traccia, la famiglia come apertura, non come predestinazione, come chiusura. Nessun punto di approdo si doppierà mai sul partenza, il viaggio non è circolare. Quando Gérard Haddad dice che con il nazismo, i campi di sterminio e la shoah si è toccato un elemento essenziale della riproduzione della specie, che comporta che alcuni, in un tessuto culturale generale, rifiutino la paternità per non riprodurre questa specie che ha provocato anche il genocidio degli ebrei, è una risposta a una presunta predestinazione sociale (anche la tecnica come compimento della metafisica, secondo Heidegger), come se ci fosse un automatismo che ha portato lì e non scelte di umani, un palinsesto di scelte, di cultura e di altre istanze che ha portato all’uccisione in massa, industriale, di umani.

Precisiamo quindi che la maternità non è un destino biologico della donna, non è in tal senso che parla della questione della maternità, e della paternità, Gérard Haddad. Che la questione sia toccata da una negazione a livello radicale è quel che Gérard Haddad riscontra nei casi di alcoolismo femminile, e anche nei casi alcoolismo al maschile. Noi riscontriamo che la fantasia di accesso, di partecipazione all’algebra della vita, di modificazioni di livello nella piramide sociale della genealogia, che è la stessa cosa a cui stiamo accennando, porta anche l’alcoolismo come scacco interno all’algebra piramidale e alla sua esibizione geometrica a ogni livello e a ogni scalino del triangolo sia spirituale che materiale, da Marx a Kandinskij. Risposta a questo scacco, ma che mantiene la questione della necessità intellettuale di elaborare la genealogia, il fallicismo, la falloforia, che è solo sociale. La genealogia è il tentativo impossibile di instaurare quel che non c’è di originario, ovvero la copia sull’originario, ossia il nome del nome. Ma non è che ci sia il nome del nome, l’accesso dell’accesso, l’accesso genealogico. La funzione di nome è la funzione di accesso. Il bellissimo racconto di Kafka, Davanti alla legge, è l’ipotiposi di tale questione : noi possiamo rimanere davanti alla porta della nostra vita, ossia possiamo rimanere nella paralisi dell’apertura, ovvero nella trasformazione dell’apertura in chiusura, ritenere che questa porta che è la nostra porta sia una porta chiusa, come nella poesia di Giuseppe Piccoli, Chiusa poesia della chiusa porta, che non a caso ha comportato l’omicidio suicidio da parte di Giuseppe, e quindi il non entrare o il non uscire mai. Ma l’accesso riguarda ciascuno.

Cominciando, nel cominciando c’è l’accesso. Ma se per qualsiasi fantasia, ovvero per qualsiasi tabù del fare, per qualsiasi ipotesi che ci sia un “non” del fare, un non poter fare questo o un non poter fare quello, tra progetto e programma di vita, non tra progetto e programma sociali di vita, allora non c’è più la prevedibilità circolare del caso, ma qualche cosa si instaura, e dall’apertura, dalla famiglia come traccia, qualche cosa può accadere di inedito. È anche il caso, di Ilse che non è esclusa dalla vita, benché i familiari abbiano fatto un pateracchio, un patchwork, un miscuglio alchemico di genetica impossibile, ma per business ritenuta socialmente possibile.

Per intendere la questione dell’apertura, riprendiamo una risposta particolare dello psicanalista Jean-Jacques Moscovitz, che rispetto alla questione dell’interrogazione eventuale dei bambini nati in provetta, che in futuro potrebbero chiedersi ragione di questa decisione, ha risposto che la questione è piuttosto dei figli non nati da provetta e che si chiedono se per caso non siano nati da provetta. È anche la favola del figlio scambiato, di Pirandello, e la favola di ognuno che pensi di essere nato nella famiglia sbagliata, nella genealogia sbagliata, e che quindi il suo destino sarebbe stato migliore o più bello provenendo da una famiglia principesca. È anche il caso dell’alcolista senza alcool Louis Althusser (per citare a suo proposito una teorizzazione di Agostino), che avrebbe voluto portare il nome dei nonni materni, ossia della madre, e non il nome del padre. Questa curiosa fantasia l’ha portata sino a uccidere la moglie, Hélène Rytman, e a cercare di passare ugualmente per innocente. E pur evitando il tribunale, non poteva che vivere recluso in un appartamento, e sotto il campanello c’era il nome della madre, Berger.

Tra i casi che riprende Gérard Haddad c’è anche quello della scrittrice Marguerite Duras, e a questo proposito annota come l’aborto e le altre vicende che hanno toccato la sua infanzia, e che l’hanno portata ad essere il resto del desiderio dell’Altro, hanno trovato una via difficile, che solo provvisoriamente ha sospeso la questione dell’alcoolismo proprio con la scrittura. Le opere letterarie sono state la guarigione provvisoria di Marguerite Duras. Haddad riprende anche la connessione tra scrittura e alcoolismo, libro e alcoolismo, mangiare il libro e non liquidare il libro. E potremmo anche dire : bere il libro, perché il mangiare e il bere sono secondo la vita, secondo il dispositivo da inventare. La metafora di mangiare il libro, che Haddad legge in Ezechiele, è l’asse portante dell’opera citata Mangiare il libro.

Quando termina l’alcoolismo ? Termina ciascuna volta in cui l’itinerario di vita autentica riprende e prosegue ; e in tal senso non c’è il destino delle donne a figliare, occorre che di questa presunta funzione (diciamo presunta perché non è biologica, non è sociale) sia ciascuna donna a deciderne. Decisione insoggettuale. Il soggetto – caro all’ideologia francese - sarebbe infatti e ancora l’ipostasi del desiderio sociale della manipolazione degli umani, della manipolazione genetica per guadagnare, e nessuno, nemmeno nessun comitato di etica sociale costituita dagli accademici e dai baroni di tutti i saperi presunti sulla maternità può sindacare il progetto e il programma di vita della donna in questione.

Una donna si lascia andare in solitudine, nascondendosi, perché stata profanata nella sua funzione simbolica nel processo della procreazione. Questa frase è una ripresa di elaborazione di Jacques Lacan. Questa profanazione ha per agente, il più frequente, l’uomo in cui la donna aveva dato la sua fede e che lei amava. Questo tipo di profanazione va al di là di ogni affare privato. Questa profanazione costituisce un attentato al concetto di specie umana, di cui la distruzione ritira dalla vita ogni ragione di prolungarsi.

L’invito è a leggere in ciascun caso di “alcool al femminile” rispetto alla maternità e alla “riproduzione”, in modo che se la fabbrica degli umani ha lavorato per produrre le marionette sociali, quella marionetta sociale che con l’alcoolismo ha trovato l’unico modo per porre la questione di verità e la questione di vita autentica trovi anche le condizioni per elaborare e per vanificare la rappresentazione del sintomo, lasciando appunto, a posteriori, che non si sia trattato altro che del metodo e dell’itinerario di una logica particolare.

Non si tratta peraltro di uscire dal destino familiare, che è il modo per starci dentro, per incarnarlo, ma di dissolvere il presunto destino familiare, la presunta equazione familiare, il presunto algoritmo familiare, e di incamminarsi nell’itinerario che procede dalla famiglia come traccia, come apertura e non come chiusura.

Secondo Gérard Haddad noi non siamo altro che ai primi passi delle manipolazioni deliranti della sfera sacra della riproduzione della specie. La moderna biologia in parte realizza il sogno nazista. Fra le varie esperienze che si muovono attorno a questo statuto un posto particolare è dato al genocidio degli ebrei. L’ossessione di questo ricordo, la sua inflazione nelle nostre produzioni culturali, scrive Gérard Haddad, risultano dalla nostra difficoltà di delimitare precisamente la zona attuale della nostra ferita e la sua non cicatrizzazione. Questa zona, ripetiamolo un’ultima volta, è precisamente quella delle funzioni simboliche che regolano la riproduzione della specie. E i campi di concentrazione e di sterminio insieme hanno portato un colpo fatale a queste funzioni. La chiusa del libro di Gérard Haddad è questa : dal tempo del nostro antenato Noè abbiamo preso l’abitudine di annegare nelle bevande incandescenti il nostro orrore di esistere.

Per noi si tratta di intendere che cosa fanno gli uomini e che cosa fanno le donne della rimozione, della funzione di zero, della funzione di nome, della funzione di padre. Non si tratta quindi tanto di un soggetto che accede alla funzione simbolica ma dell’accesso che è dato dal funzionamento di questa funzione, che più che simbolica è funzione di rimozione. Il simbolo è il resto della funzione di rimozione.

Rispetto a Lacan che spronava a ingoiare il rospo, l’indicazione di Gérard Haddad di mangiare il libro, con tutta l’impossibilità reale di farlo, indica il cammino percorso, lontano dalle impasse del lacanismo, che non legge Lacan.

Gérard Haddad misura il differente approccio tra i ricercatori e l’opinione comune, quella delle grandi collere per la manipolazione dei geni della mais, e nessuno che si rivolti davanti alla profanazione del recinto sacro che sono la paternità e la maternità. Oggi il transessualismo, il cambiamento di sesso, che sono una chimera, sono ritenuti una questione normale, disponibile all’acquisto sui banconi dei supermercati. Lo ripete, Gérard Haddad : è la distruzione del patto sacro che è insopportabile per una donna e che la conduce all’alcool, una forma latente di suicidio.

Quando Gérard Haddad dice che per l’uomo è la sua impotenza a issarsi sino alla paternità, indica appunto come non ci sia accesso dell’accesso, come l’instaurazione del cominciamento non sia personale né sociale, eppure si pone. L’atto di mangiare il libro, scrive Gérard Haddad, ha per equivalenza un altro atto, quello di mangiare il fuoco, di bruciare la propria bocca per accedere al simbolico della parola. È quello che è arrivato a Mosè bambino, da qui la sua difficoltà a parlare, è stata anche l’esperienza inaugurale di Isaia e di Geremia. Chi non si brucia la bocca, chi ha la bocca standard, non è che abbia avuto accesso al simbolico della parola, ma al sistema simbolistico, fallico, e nulla accade per questa bocca che non è bruciata.

Mangiare libro come ipotiposi della rimozione. Quando è questione di accesso dell’accesso allora una libbra di carne occorre per pagare la paternità, che è in questo caso nel nome del nome.

Ecco la questione che sembra richiedere la risposta geometrica, dell’esecuzione con la sbornia alcolica. Perché riprodursi in un mondo in cui il fiume della disgrazia ha sommerso le sue rive ? E si può anche rispondere : perché la ripetizione riguarda l’inidentico, quello che non è mai accaduto.

Nella nostra biblioteca, nel nostro archivio, nella nostra trousse, diceva un altro Jacques (Derrida), c’è la Bibbia, Dante, Machiavelli, Giordano Bruno, Freud, Cantor, e tanti altri la cui lista non è una enumerazione, e in questa corte antica noi incontriamo anche Gérard Haddad e lo ringraziamo per questo.




Gérard Haddad è nato a Tunisi nel 1940, ingegnere agronomo, poi medico e psichiatra, si è formato con Jacques Lacan, che incontra nel 1969. Questa avventura dura dodici anni, ovvero sino alla scomparsa di Jacques Lacan. Nel corso della sua analisi intervengono delle notevoli trasformazioni : da marxista, ateo, si confronta - sollecitato dallo stesso Lacan - con la tradizione ebraica della sua famiglia. La forza della religione e dell’ebraismo come istanza intellettuale emergono, e la sua ricerca si svolge da allora lungo il filo della lettura incrociata del giudaismo e della psicanalisi.

Bibliografia di Gérard Haddad

L’Enfant illégitime : Sources talmudiques de la psychanalys, Hachette, 1981.

Manger le livre, Grasset, 1984.

Les Biblioclastes, Grasset, 1990.

Les Folies millénaristes, Grasset, 1990.

• (avec Antonietta Haddad) Freud en Italie : Psychanalyse du voyage, Albin Michel, 1994.
Traduzione italiana : Freud in Italia. La psicoanalisi è nata in Italia, Xenia, 1996.

Lacan et le judaïsme, Descléee de Brouwer, 1996.

Maïmonide, Belles-Lettres, 1998.

• (con Didier Sicard) Hippocrate et le Scanner, Descléee de Brouwer, 1999.

Le jour où Lacan m’a adopté, Grasset & Fasquelle, 2002.

• (con Hechmi Dhaoui) Musulmans contre l’Islam ?, Cerf, 2006.

Le péché originel de la psychanalyse, Seuil, 2007.


Giancarlo Calciolari, direttore di Transfinito.eu



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