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A propos de L’Arabe
dimanche 24 janvier 2010 par penvins

A propos deL’Arabe d’Antoine Audouard j’écrivais ceci : Vous n’en avez pas marre de ces critiques convenues, on dirait qu’elles se recopient les unes les autres, quand j’essaie de regarder ce qui se dit de L’Arabe d’Antoine Audouard sur internet j’ai l’impression de lire vingt fois le même article, on s’extasie sur la critique du racisme (vraiment original !), on parle de roman du Sud en faisant référence aux auteurs américains là où j’ai plutôt vu le sud de la France et le racisme de la misère et pour terminer histoire de remplir les lignes on raconte l’histoire. Est-ce vraiment cela la critique ? N’y a-t-il pas autre chose à dire sur ce roman ? Doit-on s’extasier devant un sujet aussi consensuel et rabâché traité de manière aussi attendue ? La littérature se doit de rester un lieu privilégié où l’on se bat pour dire l’indicible et franchement dans ce que je viens de lire aussi bien ce roman que les romans récompensés par les principaux prix littéraires ( je ne les ai pas encore tous lus ) j’ai plutôt l’impression que l’on nous sert de la soupe, de la nourriture prédigérée que l’on avalera avec plaisir (quel plaisir de manger ces hachis pour vieillards édentés !) sans trop se poser de question.

Il est temps de bousculer la littérature, non seulement la critique est convenue, mais les textes eux-mêmes le sont. Pire la langue est comme figée. Pour bien écrire il faudrait ne faire preuve d’aucune invention, rester dans la langue qui a fait la littérature des siècles passés, sujet, verbe – de préférence à l’imparfait ou au passé simple – complément. Une langue rationnelle, parfaitement logique, enrichie d’adjectifs et d’incises. En dépit des tentatives de rupture d’après-guerre on en revient petit à petit à la belle langue et on attend d’un livre qu’il soit bien écrit sans se poser plus de question sur le sens de ces termes. Les modèles restent Giono, Gracq, Cohen, une langue riche, certes, mais surannée, nostalgique, incapable d’inventer le monde. Finalement on n’a pas trop envie que cela bouge. Quand on s’avise de sortir des sentiers battus on ne touche pas trop à la forme comme si ce n’était pas là justement qu’était l’enjeu, le modèle devient le polar, ce roman facile à adapter au cinéma, tout sur l’intrigue, le pitch ! rien dans la langue. Et le pire c’est que la critique va vous raconter l’intrigue, vous appâter avec une histoire insolite mais dont la morale reste bien dans les clous. Le cas de l’Arabe est vraiment symptomatique !

J’essaie ici de donner la parole à des lecteurs de sensibilités différentes parce que c’est du dialogue et de la confrontation des points de vue que peut naître une littérature nouvelle, comme c’est de la confrontation entre les livres publiés chez les grands éditeurs et ceux publiés ailleurs que naîtra cette littérature de notre temps enfin détachée des contingences marchandes. C’est la chance de notre époque et ce devrait être sa fierté d’avoir inventé le domaine du libre qui aujourd’hui avec les ebooks gratuits et les fichiers pdf en libre accès ouvre un nouvel espace à la littérature – mais pas seulement – et peut permettre aux auteurs passionnés d‘être lu malgré le poids considérable de l’édition romanesque marchande préoccupée avant tout de plaire au lecteur qu’il soit béotien ou qu’il se pense, parce que plus intelligent ou plus cultivé que la moyenne, capable de faire le tri entre la littérature et ce qu’il estime ne pas en faire partie.

Parmi les articles présents sur ce site on en trouvera certains difficiles et d’autre un peu naïfs, qu’importe, l’essentiel reste d’ouvrir les yeux et les oreilles, de tous temps les écrivains qui ont compté ont accepté plusieurs niveaux de lecture, c’est peut-être même à cela qu’on les reconnaît.

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Messages

  • Sans me montrer aussi radical que vous en ce qui concerne la condamnation de la critique contemporaine (on y trouve aussi parfois de bonnes choses et, en ce qui me concerne, je me laisse parfois guider par les articles du Monde des Livres qui m’ont donné l’occasion par exemple de découvrir dernièrement Anne Brécart, Flannery O’Connor ou Sandor Marai), je ne peux que vous suivre quant à l’essentiel de votre mouvement d’humeur à l’encontre de cette pensée toute faite et ces motivations trop souvent commerciales qui semblent malheureusement régir le milieu littéraire.

    Je salue donc votre volonté de desserrer ce carcan institutionnalisé et d’ouvrir la littérature, l’édition à de nouvelles formes d’expression, la critique à une remise en question et une rigueur accrue. Le site Exigence : Littérature constitue peut-être un espoir d’ouverture en ce sens.

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