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Monologue depuis le refuge, poème de Didier Ayres

Parution aux Editions Arfuyen avec une postface de Jean Maison

jeudi 4 mars 2010 par Françoise Urban-Menninger

Jean Maison confie avoir eu "la chance du premier lecteur" auprès d’un feu où il a pu découvrir les cahiers à "l’écriture serrée" de Didier Ayres. D’emblée Jean Maison qualifie le texte de l’auteur de "poème vital" et il est vrai que chaque cahier est une fenêtre ouverte sur le plus intime de l’être que l’auteur appelle "l’atelier de l’être".

Ce petit livre se divise en deux parties. Dans la première, on écoute de l’intérieur le Monologue depuis le refuge, dans la deuxième, Le petit livre de patience se décline en dix autres parties qui invitent au mouvement lent d’une musique qui consiste à rendre visible de l’intérieur ce qui est intérieur.

Pour Didier Ayres la connaissance de soi passe indubitablement par l’écriture. Il entre dans le poème pour ne faire qu’un avec cet entre-deux de la vie où l’écrivain se promène en visiteur dans un univers qu’il tente de décrypter à l’instar d’un ouvrier qui vaque ou qui fait son ouvrage.

Surgissent alors des phrases où les mots illuminent les pages de leur évidence limpide : Que le matin est insolite et pur, c’est à dire construit comme clarté !.

L’auteur entre dans le vif d’une écriture où il se tient tout entier, la confondant avec le sens même de sa vie et en y puisant sa joie : J’aime la page quoiqu’il en coûte.

S’avancer en soi au péril de sa raison : J’avance face à face ou Je me rejoins malgré tout, c’est affronter l’angoisse qui est toujours là et à laquelle on ne peut échapper, voilà pourquoi le cahier n’est pas une échappatoire.

Mais cette avancée au plus nu de l’âme se fait dans une clarté telle que les choses les plus simples prennent rang dans l’ordre de l’essentiel : c’est un travail tout oriental que de rester ainsi devant le jardin et de le retenir pour plus tard. Quant aux mots rares dont use l’auteur, ils témoignent de sa quête à l’intérieur de soi et de son avancée vers la lumière : La besogne n’est pas si abstruse, Seul l’immarcescible espoir, Ces lignes sont d’une sorte qui appelle la concaténation...
Chaque phrase, chaque mot en nous fait mouche et le monologue se poursuit en nous telle une musique insinuante et cela parfois même à notre insu. Mais Didier Ayres nous avait prévenu qu’il faisait corps avec son écrit aussi n’est-il pas étonnant que la lecture de ce livre ne peut nous laisser indifférent. Cette lecture travaille en nous et finit par nous accompagner dans le quotidien de notre vie passante.

Jean Maison ne s’y trompe pas lorsqu’il parle d’un livre véridique où l’homme et l’oeuvre se confondent. Didier Ayres nous le répète avancer par l’esprit est un travail qui revient à restituer mais dans le même temps il avoue avec lucidité : Je suis si pauvre dans mon vêtement d’écrire.

Quant au lecteur, il ne peut que sortir enrichi de cette plongée en soi dont Didier Ayres affirme qu’elle est sa condition et celle de toute condition humaine : Ensevelir mon corps au milieu de lui-même est ma condition ; et d’ajouter : C’est ainsi.

Françoise Urban-Menninger

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