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Paysages du ciel de René Schickelé

Ouvrage paru chez Arfuyen dans la traduction de Maryse Staiber et d’ Irène Kuhn

mardi 6 avril 2010 par Françoise Urban-Menninger

Ce livre paru à Berlin en 1933 sous le titre allemand de "Himmlische Landschaft", est traduit pour la première fois en français à l’occasion de l’attribution du Prix Nathan Katz à l’oeuvre de René Schickelé et à la bourse de traduction octroyée à Maryse Staiber et à Irène Kuhn.

Né en 1883 à Obernai dans l’Alsace annexée par le Reich allemand, l’auteur écrira dans "la langue de l’école" alors qu’il sera toute sa vie viscèralement opposé à l’Allemagne militariste de Guillaume II.
Il fonde en 1901 à Strasbourg le journal d’avant-garde Der Stürmer qui défend la vocation médiatrice de l’Alsace. Journaliste à Paris en 1909, René Schickelé est marqué par le socialisme pacifiste de Jean Jaurès, par la suite en Suisse, il transforme le journal Die weissen Blätter en un organe de l’internationale pacifiste. Elu à l’Académie de Berlin en compagnie de Thomas Mann, il s’installe à Badenweiler , se définissant comme "citoyen français und deutscher Dichter" mais, pris à partie par la presse nazie, il se réfugie en Provence.
Himmelische Landschaft paraît en 1933 alors que l’auteur a déjà quitté Badenweiler où il a tenu ce journal de bord éminemment poétique qui sera son adieu au pays alémanique dans lequel il ne reviendra jamais plus.
Tel un reposoir entre ciel et terre, Badenweiler s’apparente à un jardin d’Eden. Le recueil est parsemé d’instants de grâce où René Schickelé en parfaite symbiose et en totale harmonie avec l’âme végétale des plantes, des arbres, de la nature tout entière, en devient le chantre :"L’été ouvre son coeur", "Les mains fantomatiques du sureau s’agitent pour faire signe", "Les montagnes sont un souffle sur un miroir".
La traduction opérée par Maryse Staiber et Irène Kuhn tient du miracle car la poésie de René Schickelé ne perd rien de son souffle, elle nous est restituée telle une eau vive claire et limpide que l’écrivain lui-même n’aurait pas reniée.
Les définitions que le poète donne de certaines plantes sont de purs joyaux sertis de splendeur :"Les scabieuses : des gouttes de ciel en suspens dans la beauté du jour". Voilà un merveilleux opuscule à emporter avec soi et à lire dans une prairie, entre ciel et terre ... Nul doute que le lecteur y renouera avec la pensée de René Schickelé dans ce "grand jardin" qui est tout à la fois le pays de l’enfance mais aussi cet espace alémanique ouvert qui entre en résonance avec celui de l’âme.
On ne pouvait rêver plus bel ouvrage à couronner pour ces nouvelles Rencontres Européennes de Littérature à Strasbourg car René Schickelé n’a cessé d’ouvrir la voie à la réconciliation franco-allemande et à la construction européenne.
Avec la très fine et pertinente traduction de Himmelische Landschaft, c’est le penseur méconnu, voire mal connu, qui nous revient plus vivant que jamais pour tracer en chacun de nous un chemin de lumière et redonner sens aux choses les plus simples qui sont en réalité nos valeurs essentielles aujourd’hui trop souvent oubliées.

Françoise Urban-Menninger

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