18 ans !





Accueil > THEORIE > La peur comme catharsis dans la littérature de jeunesse

La peur comme catharsis dans la littérature de jeunesse
mercredi 21 avril 2010 par Nadia Bouziane

Dans le conte merveilleux comme dans toute la littérature de jeunesse nous remarquons une tendance bien prononcée vers la recherche de ce que nous pourrons appeler les sensations fortes. Tant en Occident qu’en Orient, l’univers de cette littérature et de ces contes destinés aux enfants est peuplé de monstres, de sorcières et de gnomes qui surgissent d’un monde étrange et inquiétant. Les conteurs de la place Jamaa El Fna à Marrakech, considéré par l’UNISCO patrimoine oral universel, racontent au XXIème siècle des contes aux adultes et aux enfants. Leur façon de raconter subjugue tout le monde. Très souvent on trouve rassemblés autour d’eux des touristes de toutes nationalités, qui ne comprennent pas certes ce qu’ils disent, mais qui devinent, grâce au ton de leur voix, aux gestes et à la réaction du public jeune et moins jeune. Les décors qu’ils décrivent relèvent du fantastique, les personnages surhumains et les thèmes effrayants.

La description d’un univers terrifiant ou le bien lutte contre le mal permet à l’enfant de surmonter sa peur et de prendre conscience des dangers qui le guettent. D’après Stephen King, il est erroné de prétendre que les contes de fées ou certains titres destinés aux jeunes vont créer chez eux des angoisses et des peurs. Ces sentiments sont inhérents à chacun de nous. Effectivement, nous remarquons que les films de science fiction ou d’horreur, des titres comme Chair de poule ou Fais moi peur sont prisés par les jeunes.

Le fait de parler de la peur la banalise, aide dans la compréhension de ses mécanismes et permet de la surmonter au moins partiellement. Les frissons que provoque l’audition des contes ou la lecture de certains récits renforcent chez les plus jeunes le sentiment de sécurité et l’impression d’avoir vaincu toutes les peurs et les angoisses. Ce sentiment d’euphorie les pousse à rechercher d’avantage de récits palpitants pour revivre toutes ces phases de peur, d’angoisses et de triomphe sur la peur. Une fois que l’enfant a compris la structure narrative et la construction des personnages qui est presque la même dans les contes merveilleux et dans les ouvrages destinés aux jeunes, il sait d’emblée ce qui l’attend et se prête au jeu de la frayeur et du triomphe, il s’identifie parfois aux personnages de ses contes ou ses livres favoris. Ceci l’aide à comprendre que dans la vie, il va être confronté à des obstacles qu’il va falloir surmonter, et que la mort le guette, et pour retarder son échéance, il doit faire attention à lui, veiller pour sa propre sécurité et essayer d’être le plus fort.

Dans Le loup de la 35ème rue de Rebecca Dautremer, qui est une version moderne du Petit chaperon rouge, l’histoire se déroule en ville et non pas à la campagne comme dans le célèbre conte de Perrault, le chaperon rouge ici est un petit garçon habillé en rouge et non une petite fille. L’enfant se rend chez son grand-père mais se laisse distraire par les enseignes et les lumières de la ville, il se perd et rencontre le loup en la personne d’un petit « loubard ». La ville apparaît comme une forêt urbaine qui fait peur. A la fin il retrouve son chemin et rentre chez ses parents, fier de lui, il a l’impression d’être devenu un homme.

Un message, un commentaire ?

Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Connexions’inscriremot de passe oublié ?