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Somme d’amour, poèmes de Maximine

Parution aux éditions Arfuyen, mai 2010

mercredi 19 mai 2010 par Françoise Urban-Menninger

Après "L’ombre la neige", "Un cahier de Pivoines", "Au front des sapins", Maximine nous revient avec "Somme d’amour", un superbe et éblouissant quatrième ouvrage publié chez Arfuyen.

D’emblée les mots nous entraînent dans une danse nuptiale éperdue où l’esprit fait corps avec le poème. De quatrain en quatrain, nous enchaînons les pas, nous virevoltons dans l’ivresse d’un poème qui nous emmène toujours plus avant dans son tourbillon d’images baroques où la féminité irradie dans toute sa splendeur.
Et nous tournons sur nous-mêmes avec les mots pour cavaliers dans une cantilène qui nous tient enserrés dans une ferveur où le coeur même de Maximine semble battre, à n’en plus finir, la chamade.
Car cette Somme d’amour se scande en plusieurs temps, la joie, la tristesse, la colère nous traversent de part en part tel un souffle puissant que rien n’arrête, ni le temps, ni la mort et pas même la page blanche.
Découpé en trois parties, le recueil débute à chaque fois avec un avertissement et se clôt sur un envoi. Dans le premier chapitre intitulé Belliqueuse, Maximine annonce la couleur, elle clame haut et fort sa rage, sa sauvagerie, voire sa violence. Et chaque quatrain de tenir cette promesse jusqu’aux cimes du désamour :Oh oui surtout quand j’allais seule/ A ravager les mots les cimes/ A les forcer remous et rimes. L’amour et les mots se marient pour le meilleur et pour le pire d’une passion qui dévore celle qui fait fusionner le cri et ses écrits jusque dans ce qu’elle nomme son déferloir.
Maximine nous livre presque par jeu la clé des champs de son long poème en nous confiant : Vous vous demandez qui elle est/ Cette femme criant Je t’aime ?/ Mais elle est la poésie même/ Son désespoir et ses secrets. Mais ne nous y trompons pas, le jeu de l’écriture chez Maximine n’a d’autre enjeu que celui de donner sens à sa vie et de repousser la mort qui s’avance, inexorable.
Dans la deuxième partie nommée Parfois chagrine, l’auteur évoque, nostalgique, Celle qui parlait d’amour/ En des flambées de pivoines. Le ton devient mélancolique et la rime parfois amère car La vie passe Le coeur tremble.
Et toujours dans chaque quatrain, parfois non ponctué, ces majuscules altières réapparaissent qui relèvent la tête, frappent du pied pour orchestrer sur la page la scansion du poème qui, tour à tour, s’embrase tel un feu , puis se consume, pour enfin renaître de ses cendres. .
Dans la dernière partie joliment baptisée Visages de la primevère , Maximine se promène dans le jardin de ses poèmes anciens, elle devient plus légère, elle est la Princesse pieds nus de l’été qui court dans les allées enchantées de sa liberté et de son enfance retrouvée. Elle nous confie en aparté : Moi j’étais celle qui dit/ Mon amour est où je veux. Elle nous invite dans son royaume, alors ne boudons pas notre plaisir car dans ce dernier recueil, l’auteur semble indubitablement portée par la grâce.
Somme d’amour est une source d’eau pure, les mots limpides coulent sur la peau vive du poème et nous inondent de cette joie sans pareille que nous prodigue Maximine en partageant avec nous son bonheur d’écrire.
Emerveillée, telle une petite fille que tout surprend, Maximine qui se dit Moitié fée moitié princesse réenchante notre morne quotidien. Même l’angoisse de la mort semble l’avoir quittée : Et mourir quelle pauvre affaire.
Généreuse, Maximine se donne tout entière dans cette ode à l’amour qui la prolonge et l’éternise dans un immense cri de lumière qui nous touche en plein coeur.

Françoise Urban-Menninger

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