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Paulina 1880
de Pierre-Jean Jouve


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Alice GRANGER GUITARD

A propos de Cet étranger qui me ressemble, Jean DANIEL

Editions Grasset. 2004.

 

Dans ce livre d'entretiens avec Martine de Rabaudy, Jean Daniel, fondateur du Nouvel Observateur, journaliste-écrivain atypique, témoin très proche de la vie politique et intellectuel de notre planète, se présente comme un autre. Il se promène parmi les détails infinis de son aventure et, à chaque nouveau chapitre de cette vie non ordinaire, il livre la pensée vivante de l'autre en acte, comme de l'intérieur, et comme si, toujours, quelque chose d'affectif le récompensait encore d'avoir été, pas à pas, cet autre que l'on pourrait qualifier d'intègre par-delà les eaux mouvementées de la politique. Une esthétique de l'écriture est peut-être, chez lui, nourrie de la sensation chaque fois vérifiée de rester fidèle à lui-même, d'où une émotion singulière, celle de bien s'aimer en devenant une référence unique dans le monde du journalisme. Quelque chose d'esthétique, parlant à l'émotionnel, en devenant depuis le début cette figure de référence qui s'impose. De vérifier, pas à pas, qu'il était en train de devenir, et qu'il est devenu, cette incontournable figure de référence du journalisme et référence aussi comme style de pensée, a dû, nous l'imaginons, être source d'indicible sensation de joie. Sensation d'être un individu ayant une importance collective. Comme Mendès France et Camus eurent tant d'importance pour le jeune homme qu'il était, de même, transmettant un flambeau devenu rare, il pouvait lui aussi avoir de l'importance pour d'autres, et ainsi de suite, créer une sorte d'influence suscitant chez d'autres le même désir constructif d'aventure et de bataille en faveur de la viabilité de la communauté humaine. Il reste sans doute un paradigme très fort, très actif, son engagement en faveur de la décolonisation, suscité par son indignation d'enfant devant les injustices et les humiliations subies par les Algériens sur leur sol au temps de la colonisation.

Comme Régis Debray, il a eu cette curiosité aiguë pour les hommes qui font l'Histoire.

Jean Daniel garde toujours une confiance qu'il qualifie d'insensée en son étoile. Cette confiance, d'où lui vient-elle? Peut-être de ce qu'il est né couvert de tendresses féminines. Donc, imprégné de leur protection. Sa mère et sa sœur aînée Mathilde, qui s'est occupé de lui ses premières années car sa mère souffrit de crises d'épilepsie à partir de sa naissance, l'ont élevé avec l'idée que le bonheur était un dû et que leur mission était de le lui offrir en permanence. Jean Daniel est donc imprégné de cette certitude. Bien sûr, cela prépare mal à affronter les adversités, il est un "enfant gâté". Mais la maladie de sa mère, ses crises d'épilepsie qui ont traumatisé l'enfant, l'ont rendu sensible au caractère fugitif de ce bonheur. A la fois c'est une certitude, et quelque chose qui s'échappe. La vie est un danger. A la fois, auprès de ces femmes de son enfance, auprès de sa mère, c'est une éternité de joie, quelque chose qui ne se perd pas, inscrite dans le corps dans son don pour l'hédonisme, pour l'esthétique, et c'est ailleurs qu'il faut aller parce qu'ici c'est d'emblée fugitif. Le climat, en famille, est réservé, silencieux, un peu austère, les sentiments ne se disent jamais entre les parents. La mère a subi onze grossesse, le père est emmuré dans son silence et fidèle à sa femme. On pourrait dire que pour Jean Daniel enfant, l'environnement familial est à la fois totalement dévoué à lui, imprimant pour toujours dans son psychisme une manière esthétique de vivre sa vie, et en puissance défait par ce silence du père, qui en quelque sorte ne vient jamais dénier la fragilité de l'enveloppement maternel se déchirant par les crises d'épilepsie. L'enfance de Jean Daniel est imbibée de certitude précaire. Son père certifie la précarité de cette certitude.

C'est pour cela que, d'emblée, il se tourne aussi vers les autres. Et que, en particulier, il s'intéresse aux grands hommes. Il se met sous leur "influence", non pas pour se laisser tromper par eux. Non. Jamais. Car il reste intègre, indemne, et critique, y compris vis-à-vis de lui-même. A jamais fidèle à la ligne qu'il s'est tracée depuis son anticolonialisme. Mais il se trouve de grands personnages qui lui ouvrent l'espace de la communauté humaine, par la porte de la politique surtout.

Son premier amour, Marie Susini, semble porter les traces de l'amour familial. Amour inoubliable, Marie son aînée de plusieurs années…comme sa sœur, en tout cas leur séparation est un commencement pour lui, comme s'il partait enfin de l'enveloppement féminin familial pour aller vers un amour passionné, celui avec Michèle, sa femme. Marie Susini, telle une sœur fidèle, telle une mère, restera seule pour toujours.

Jean Daniel vient donc d'un milieu qui ne le prédispose à rien, qui ne le protège pas ailleurs que dans le cocon familial. Alors, il est forcément très sensible si quelqu'un le distingue, ailleurs. C'est par exemple au collège ce jeune professeur qui lit en public une de ses rédactions. C'est ce jour-là que commence sa vocation pour l'écriture. Le jeune professeur lui a ouvert une voie, ce jour-là où l'émotion fut sans doute immense. A vingt-deux ans, c'est lui qui rédige une allocution de bienvenue prononcée par le maire de la ville d'Alger pour le débarquement des Américains. Puis, dans la division Leclerc, il écrit tous les articles d'un bulletin patriotique. A Paris, il revoit ce professeur et est chargé de la rédaction des discours du premier magistrat de France. A vingt-sept ans, il dirige une revue littéraire, "Caliban", qui lui permet de rencontrer Camus. Et tout s'enchaîne ainsi.

Jean Daniel garde toujours de la reconnaissance pour les personnages qui ont compté pour lui, pour l'écriture, par-delà les ruptures. Ainsi, JJSS reste celui qui l'a conforté dans le sentiment qu'il pouvait réussir dans les métiers liés à l'écriture. Le professeur du collège d'Alger avait initié une série de personnages le confortant dans l'idée de réussir en écrivant.

La notoriété de Jean Daniel s'instaure par ses articles dans L'Express sur le Maghreb, la guerre d'Algérie et le colonialisme. Il s'impose comme un anticolonialiste ardent. D'autant plus que, en 1962, il est victime d'une rafale de fusil-mitrailleur à Bizerte, en Algérie. Mendès France, Bourguiba, Senghor sont émus. L'anticolonialisme, ayant ses racines dans son enfance, gardant vivantes toutes ses révoltes de cette époque, rassemble autour de lui, comme autour d'un berceau, de grands personnages faisant l'Histoire. Jean Daniel est doué pour alerter leur affection.

De retour en France, il est viré de L'Express par JJSS. Fort de la reconnaissance que lui a valu son engagement anticolonialisme au risque de sa vie, il veut faire un coup qui mette encore plus en exergue son engagement sur les fronts où des peuples tentaient de s'émanciper. Lui vient, en 1962, époque du bras de fer entre Kennedy et Castro, l'idée de les mettre en contact par son intermédiaire, et de vendre cette idée à JJSS. Jean Daniel réussit à rencontrer Kennedy à Washington et muni d'un message de Kennedy il va voir Castro le 21 novembre 1962. Il apprend la nouvelle de l'assassinat de Kennedy alors qu'il est en train de déjeuner avec Castro. Son reportage devient un scoop! Mais plus sa notoriété augmente, plus sa situation à L'Express se fragilise. On dirait que Jean Daniel perturbe juste par sa notoriété! Comme s'il ne savait pas laisser à un frère, par une sorte d'accord tacite, sa supériorité hiérarchique. JJSS le vire. Jean Daniel est indigné de la décision arbitraire et brutale d'un petit chef du capitalisme! Mais en fait, ne sont-ils pas des frères rivaux en journalisme, ne pouvant tenir ensemble durablement au même endroit? Jean Daniel œuvre à se trouver le seul de son genre, comme jadis le petit dernier de la famille, et la famille autour de lui comme désormais la notoriété? Il y a une logique. C'est très logique, cette manière de se distinguer par rapport à JJSS, pour être, emporté par son anticolonialisme ardent, le seul. JJSS ne peut que réagir, le mettre dehors, il n'y a pas de place pour deux, et Jean Daniel n'est-il lui-même pas dopé par cette précarité qui le pousse vers autre chose? Un JJSS très fraternel et protecteur ne lui aurait pas plu, peut-être. Et il peut laisser parler sa fibre de gauche, l'indignation contre l'abus de pouvoir d'un patron.

Sa notoriété le protège désormais. Comme il le reconnaît, il ne sera plus jamais sans filet. Il s'aventure avec un filet. Beuve-Méry veut le voir, lui téléphone personnellement et c'est très rare. Opportunité extraordinaire du journal Le Monde. Jean Daniel croit que c'est dans l'ordre des choses. La bonne étoile. Mais, curieusement, c'est toujours précaire, puisque les déconvenues arrivent ensuite. Toujours, chez Jean Daniel, cette certitude précaire. Ce besoin, peut-être, de la précarité de cette certitude, pour pouvoir s'ouvrir autre chose.

Si Jean Perdriel, jeune industriel amateur de mécanique sophistiquée, propose à Jean Daniel de créer un nouveau journal, le Nouvel Observateur, faisant suite à France-Observateur, c'est que Jean Daniel est vraiment devenu quelqu'un. Son hédonisme est perturbé par cette offre qu'il sent unique. C'est lui qui imprime la direction, désormais. C'est logique qu'il donne comme parrain au Nouvel Observateur Mendès France, qui a quitté L'Express. En quelque sorte, cela scelle une identification. Une figure paternelle qui parle, celle-là.

A cette place de direction, Jean Daniel doit apprendre à travailler avec une équipe, des collaborateurs, et surtout à résister aux pressions, aux influences, à rester intègre. L'austérité du père est peut-être très présente à ce moment-là.

Foucault, Furet, Clavel, Morin, etc…Daniel à l'écoute.

A cette place d'autorité, il tourmente, harcèle, intimide, épuise. Lui aussi a la pression. Et une dépression tous les six mois. On lui sent une telle responsabilité dans l'aventure journalistique qu'il traduit par son journal. Et certains, comme par hasard, recherchent auprès de lui un rapport affectif, parce qu'ils ont besoin d'un père. Held, Josselin, Krief. Daniel explorant cette place du père, peut-être. Son austérité, son intégrité, sa fidélité. Impression qu'il donne d'une hauteur distante.

Mendès France est comme la figure paternelle qui lui donne des conseils affectueux, autoritaires, parfois ombrageux, critique son ton trop vif, lui reproche d'être trop exigeant avec Israël, et trop indulgent envers De Gaulle. Il est comme ce père directeur de journal qu'un père conseille. Jean Daniel est camusien et mendésiste jusqu'au bout des ongles. C'est fou comme il est fidèle.

Jusqu'au bout, le journal fera écho à Sartre.

C'est très intéressant, ce que dit Jean Daniel du pouvoir. Car, directeur du Nouvel Observateur, il s'agit de pouvoir. Or, il dit qu'il mettra du temps à réaliser le pouvoir supposé accompagner sa fonction. Comme s'il ne savait pas ça à cause du silence de son père, autrefois. Le poids de sa responsabilité l'emporte toujours sur l'orgueil. Même s'il est un peu monarchiste, décidant tout seul, il exerce le pouvoir en termes d'obligation et non pas de puissance. Il s'agit de maintenir le cap, de savoir le maintenir, et lui, la direction, il l'a depuis son engagement contre l'injustice, l'humiliation, le colonialisme, tout en tenant compte de la fameuse complexité des choses théorisée par Edgar Morin. Le pouvoir d'un journaliste est énorme. Mais comme il est entré en journalisme par la porte de l'anticolonialisme, et il reste intègre, les amitiés avec les grands hommes ne lui montent pas à la tête, les honneurs que lui fait Bouteflika ne l'empêche pas de dire ce qu'il pense, il ne craint pas de rompre avec le Maroc et avec Israël ni avec Castro, qui l'avaient tous reçu chaleureusement.

Bien sûr, Jean Daniel fréquente depuis longtemps de grands hommes, il est allé pendant dix ans en vacances dans la maison de Senghor, il est ami avec Garcia Marquez, bien sûr il est impressionné par l'esthétique des richesses traditionnelles aussi bien que par l'art qui les transgresse. Mais ce ne sont pas les fastes des cours royales qui parlent à son esthétisme, mais la dignité des peuples, leur sens de l'hospitalité. Il reste attentif aux peuples, car il reste fidèle au climat de son enfance, il juge à partir de là, il a une boussole très fiable. Et il pense toujours en solitaire.

Mitterrand voulait lui offrir une ambassade. Mais Jean Daniel ne pouvait être intéressé parce qu'il en savait long sur la vassalité courbée des bureaucrates de la diplomatie.

Dans son édito, qui est devenu sa marque dans le Nouvel Observateur, il a tissé un lien exceptionnel avec ses lecteurs, laissant libre cours au caractère complexe de la pensée se transmettant. Ecriture dans l'angoisse. En prenant des avis.

Voilà, c'est clair que Jean Daniel a été élevé dans le culte des grands intellectuels, mais son aventure de journaliste écrivain l'a souvent décillé, lorsqu' ils n'étaient pas si crédibles que ça. Impressionné jusqu'à pouvoir enlever le masque. Impressionné, il tarde à se sentir capable de les affronter, il se sent peut-être être encore le garçon sans protection d'Alger. Lorsqu'il se sent capable de les affronter, il se met à douter parfois, et la référence impressionnante se défait. Ensuite, il a appris à discerner les rares vrais intellectuels. Il n'est pas dupe du système de castes qui enferment les "intellos". Dictature des diplômes dont Camus, par exemple, a souffert. Forme de l'exception française, qui n'existe pas dans les pays latins. Depuis Balzac, Paris est la ville du dénigrement.

Le premier désenchantement de Jean Daniel concerne les peuples décolonisés. Il croyait, avec d'autres, que l'Occident, cette civilisation de bien-être matériel, recevrait ces populations libérées. Le désenchantement a été violent. Peuples pleins de promesses qui se sont occidentalisés dans la corruption et la déchéance ou se sont orientalisés dans le despotisme. Et aujourd'hui, il connaît un autre désenchantement, en voyant ce que devient la France, où il ne reconnaît plus ses valeurs. Parmi les immigrés arabo-musulmants, il a des amis et des frères, mais pourtant il ne se laisse pas prendre à l'affectif et aux sentiments. Il a depuis le début pensé de manière solitaire, et l'a écrit dans ses éditoriaux, qu'on organisait un crime contre la nation française, celle que ses parents avaient choisie en s'intégrant à la fois dans l'héritage de l'Ancien Régime et de la Révolution française et dans le projet de la France moderne. Autrefois, ses parents et d'autres venaient en France pour donner à leurs enfants une éducation française, recherchaient les valeurs françaises qu'ils admiraient, on ne parlait pas des "racines" à restituer, au contraire il fallait les "oublier" pour mieux s'intégrer, de nombreux musulmans et Arabes envoyaient leurs enfants en France pour qu'ils s'enrichissent des valeurs françaises, de même qu'aux Etats-Unis on respecte les mœurs du pays où l'ont vit. Et Lévi-Strauss visitant une tribu n'imposait pas ses coutumes mais se fondait dans celle de la tribu. Jean Daniel a été consterné de constater le renversement progressif de ce comportement, d'où une difficulté de plus en plus grande du processus d'intégration qui ne fournit plus aux étrangers que la solution de vivre en étrangers, tandis que trois institutions qui jadis ont contribuer à intégrer les Italiens et les Polonais, l'Eglise, l'école et l'armée, n'ont plus d'équivalent pour remplir la même mission. L'enracinement dans la nation française ne fonctionne plus que pour des raisons économiques, et l'on n'y apprend plus à être un citoyen doté de responsabilités. "Les immigrés musulmans souffrent de nostalgie et leurs enfants revendiquent que le pays d'accueil prenne en charge leur culture abandonnée", mais personne n'exige plus qu'ils s'enrichissent des valeurs françaises, bref qu'ils aiment le pays qui les accueille, et qu'ils s'en sentent responsables. Ils sont pourtant nombreux, les lecteurs qui écrivent à Jean Daniel pour lui dire qu'il "n'est pas possible que les Arabes ignorent que la France est l'une des grandes chances de leur histoire".

Toujours, Jean Daniel est un journaliste engagé qui affronte des ennemis, soit pour les convaincre, soit pour les combattre. Comme le lui a dit Milan Kundera, il ne faut jamais perdre de vue ses ennemis.

Quand une vérité l'assaille, il lui est impossible de la taire définitivement. Même si la maladie de sa mère, autrefois, lui a fait préférer toujours différer l'annonce d'une nouvelle alarmante. Sur le terrain, pendant tant d'années, il a appris et vérifié que la vérité et la réalité s'affrontent souvent et qu'il faut beaucoup d'efforts, une droiture constitutionnelle, une intégrité qui lui vient sans doute de famille, de son père par exemple, de ses indignations d'enfant vivant en pays colonisé et ayant été atteint, certes un peu tard, par des propos antisémites, et il a compris au fur et à mesure que la dissimulation n'est excusable que si elle admet une dimension de compassion.

Elevé dans un milieu de gauche, bien sûr il ne s'est jamais posé la question de l'appartenance, puisque c'était depuis toujours, et par conséquent les valeurs de solidarité l'ont toujours remporté sur les valeurs de la compétition. Pour ses parents, Léon Blum est l'homme phare. Et ce n'était pas être communiste. Jean Daniel n'est pas doué pour le militantisme. Son attachement à la gauche a ses racines non pas dans le marxisme, mais dans la lutte pour la décolonisation, dont le symbole éclatant est Mendès France. Et la gauche, pour lui, englobe la culture. Pendant son enfance, il avait découvert que rien n'était plus révoltant que d'être traité en étranger dans son propre pays. Il a ressenti dans sa chair l'aliénation coloniale. Mais il n'y a pas un seul type de colonisation ni de colonisé. Les colonisateurs ne sont pas toujours coupables et les colonisés des saints. La colonisation peut être accoucheuse de nation. Mais le crime du colonisateur est de prétendre imposer sa civilisation par la conquête et la violence. "Toutes les traditions des colonisés ne sont pas à restaurer sous le seul prétexte qu'elles ont été aliénées: certaines d'entre elles expliquent au contraire pourquoi le pays était colonisable". La colonisation a exploité le berbérisme, le sous-développement et la religion.

Jean Daniel reconnaît que l'anticolonialisme a été un échec désastreux. Il suffit de regarder ce que font les colonisés de leur pays reconquis, dans lequel ils se complaisent de l'état de victime comme alibi à leur paresse et à leur incompétence.

Jean Daniel n'a jamais supporté l'humiliation, qui autrefois le révoltait, et il constate qu'aujourd'hui, en France, les immigrés arabes sont mille fois moins humiliés qu'autrefois dans leur pays colonisé.

Nul doute que Jean Daniel a du respect pour l'enracinement, c'est pour cela qu'il reste si fidèle aux valeurs d'autrefois, il a du respect pour les origines, les traditions, les maisons de famille, la vénération du père, et une considération exclusive pour le silence et l'élégance.

Bref, Jean Daniel est un homme bien!

Alice Granger Guitard

13 décembre 2004