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Note de lecture:


L'incident
de Christian Gailly



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A propos de La guerre, mon père, Marie GATARD
Editions Bleu autour.


Comment son père a-t-il pu mourir pour une Idée ? Pourra-t-elle lui pardonner le mal qu'il lui a fait par cette mort-là ?
Marie Gatard raconte son incompréhension de petite fille face au fait que par son engagement dans la résistance et son exécution par les Allemands, son père a manifesté que, pour lui, l'Idée, l'idée de la liberté, était plus forte que l'amour, que la famille, que ses enfants, qu'elle sa fille.
Elle est une volontaire-pas volontaire, cette fille forcée de faire avec cette mort de son père, avec ce cadavre. Plusieurs fois, Marie Gatard écrit combien la petite fille veut être sûre de la mort de ce père. Le tuer. Ils les a abandonnées, elle, sa mère, sa sœur. Pourquoi nous as-tu abandonnées, père ?
Une vérité en deçà de la guerre. Son père militaire. Dans la colonie, la petite fille fait la sieste les chauds après-midi. Sans se douter que déjà son père s'est tourné vers autre chose que la famille.
Mais son père, par son engagement, ce sont déjà les volontaires-pas volontaires qu'il interpelle. Volontaires-pas volontaires pour quitter l'état d'enfance, symbolisé par la sieste.
La résistance, les Allemands, les bombardements, la fête à la libération, les décorations, tout cela dans ce texte magnifique de Marie Gatard semble passer au second plan face à la stupéfaction douloureuse de la petite fille face au choix de son père, père tu m'as abandonnée, Dieu tu n'existes plus. La vie chamboulée par autre chose encore que la guerre, la condamnation à mort du père. Guerre qui s'écrit dans le récit de la fille comme autre chose que la guerre. Son père qui est quelqu'un d'autre. Volontaire-pas volontaire la fille exécute son père tout autant qu'elle s'exécute. A savoir qu'elle-même, comme son père, meurt à une façon de vivre coloniale, à une vie d'enfance. Ensuite, les décorations, les dames bien comme il faut, très peu pour elle… Les décorer de quoi, elle et sa famille ? Sa volonté à elle de ne pas enterrer trop vite les morts, le mort. Mais de l'entendre vivant et autre.

Alice Granger