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Note de lecture:


Avril enchanté
de Elisabeth von Arnim



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Bienvenue dans Adobe GoLive 6 A propos de Quelque part, Daniel GIRAUD
Editions Bartillat.


Jamais comme dans ce texte écrit comme des notes sur un cahier au jour le jour " quelque part " n'a autant rimé avec " nulle part ".

Ecriture de ce " nulle part ", beaucoup plus que ce " quelque part " qui est encore une autre histoire.

Car ce " nulle part " se localise très bien. C'est l'histoire avec Dominique, l'inoubliable compagne, qui domine d'une manière spéciale, unique, matricielle, la vie de Daniel. Femme si contradictoire qui par la jalousie toujours en train d'éclater exige follement d'être l'unique, et par sa froideur l'écarte, le sépare d'elle. Je te veux tout en dedans de notre histoire et je veux aussi totalement me débarrasser de toi.

C'est l'inéluctable processus de la séparation qui s'écrit, depuis ses signes précurseurs. Le thème du voyage est très important. Comme métaphore d'un état matriciel, avec les risques inhérents à cet état, le fait que cela ne peut pas durer toujours, que le " nulle part " un jour s'inscrira comme séparation et naissance vers quelque part. Voyage de Dominique en Inde. Voyage de Daniel en Chine, mais surtout en Afrique. Importance extrême du rythme, de la musique, de la chaleur, des sensations, tout cela comme ça vient. Importance aussi de l'enivrement. Cordon ombilical. La sensation de la séparation imminente, de la naissance, se manifeste comme problème de souffle, de respiration, de tension artérielle. Le corps vit intensément tout cela. La bouche-corps boit un ultime éternel instant à l'enivrant cordon ombilical et ses si bons vins.

Deux femmes pour dire l'ambivalence inextricable de ce commencement hors temps, gestationnel, cette ambivalence matricielle plus que maternelle. Dominique la froide et la jalouse, invivable et inoubliable. Claudine la chaude avec son minou, un côté presque vampirique, infidèle de toute façon, fatigue sexuelle de Daniel parfois, en réaction.

La Chine, l'Afrique, mais aussi l'Ariège, la montagne, tout cela pour situer la chair de ce " nulle part ". Cet état de jouissance incroyable et menacé de toute part. A la fin du récit, le lieu montagneux d'Ariège où Dominique et lui vécurent les inoubliables belles années de leur vie commune s'avère barré. Bien sûr ! Militance qui s'entend pour que cette expérience-là, pour que cette chair-là puisse se vivre, et se perdre aussi dans le nulle part, abandonnant au quelque part. Pas de quelque part sans ce si dense, si charnel et finalement si froid nulle part.

Bien sûr, le corps de Daniel est très secoué, court un risque de mort, vit quelque chose de traumatique, un véritable séisme. Des hauts et bas tellement durs. Mais c'est comme le chaton de Pomponnette que Daniel écrase au bas de l'escalier, qui semble mourant, et puis le voilà qui se remet très vite.

Alice Granger-Guitard

08/02/2002