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Alice GRANGER-GUITARD

 

A propos de En marge des jours, J.-B. PONTALIS

Editions Gallimard.

Ce texte de Jean-Baptiste Pontalis, comme le précédent aussi, ne ressemble pas aux écrits habituels des psychanalystes, souvent intellectuels, spécialisés, théoriques.

Et pourtant, il y a du psychanalyste dans ce texte. Ou de l'analysant. La même chose, peut-être.

Aucun système, mais attention de chaque instant à l'aléatoire, aux détails insolites des vies, aux surprises, aux paysages, aux fenêtres qui s'ouvrent, aux bifurcations. On dirait à l'œuvre une attention flottante ouverte en grand angle. Ouverture à ce qui arrive, à ce qui lui arrive, aux hauts et aux bas, à la joie, au plaisir, à l'inquiétude.

Attention flottante non seulement dans son fauteuil d'analyste, mais comme style de vie. Attention à lui-même.

Un détail très important: l'âge. Le mot "sénescence" qui, loin d'être un déclin, se met à rimer avec "adolescence", avec une sensation quotidienne de renouveau qui ne finira plus, avec l'impression d'être dans la fleur de l'âge. Comme une sorte de retour au temps de latence, une sorte de temps retrouvé, une sensation peut-être d'avoir désormais tout le temps, temps ouvert aux choses, aux personnes, aux paysages, au retour aux lieux d'autrefois. Délicieuse sensation que cela ne finira plus, curieusement?

En fin de compte, ce texte est aussi celui du temps retrouvé, l'attention flottante rimant avec temps de latence, texte qui dit l'entrée en vieillesse comme non pas une catastrophe mais comme une sorte d'harmonie dans des retrouvailles avec les surprises.

Pourquoi écrire "en marge des jours"? Pour dire qu'il est vivant, plus que jamais, qu'il est encore bien là? Qu'il rajeunit, paradoxalement? Qu'il n'est pas vieux? Analysant.

Alice Granger-Guitard

8 mai 2002