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Une vie divine
de Philippe Sollers


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Alice GRANGER GUITARD

A propos de Je te laisse, Jean-Marc ROBERTS

Editions du Seuil. 2004.

Le roman se place du point de vue d'une femme qui écrit à son mari pour lui dire qu'elle le laisse. Nous y entendons tout un subtil processus immunitaire de part et d'autre, du côté d'elle et du côté de lui, comme entre deux êtres étrangers, pas du même milieu, antigéniques l'un à l'autre, mais la notion même de milieu, au sens matériel du terme comme au sens de réseau, d'influence, lui appartient à elle, elle est du côté des possédés qui possèdent et lui, il s'agit qu'il pénètre par un sésame, son nom à elle, dans ce milieu, comme pour une authentique gestation qui aura la forme d'un mariage, sous l'égide d'une tolérance immunitaire d'abord totale et contre-nature, comme dans une logique de grossesse où elle peut d'autant moins avoir un enfant de lui que c'est de lui qu'elle est symboliquement enceinte, ceci pas seulement parce que lui veut être conçu et veut naître intégré dans ce milieu comme un membre singulier, mais aussi parce qu'elle, par cette occasion où il lui prouve que personne d'autre qu'elle ne pouvait jouer ce rôle secret, peut en même temps s'accoucher comme quelqu'un. Même s'il s'avère quelqu'un d'étranger par rapport à elle, quelqu'un qui n'aura jamais su ni ne saura jamais profiter des choses de son milieu, bref même s'il diffère absolument de ce qu'elle pouvait imaginer qu'il aurait pu être en entrant dans son milieu comme un embryon, un fœtus, totalement dépendant d'eux, il reste quelqu'un dont son lien presque biologico-littéraire à elle prouve qu'elle lui a été vitale, elle et pas sa sœur.

Donc, processus de rejet immunitaire s'écrivant, faisant suite à un processus de tolérance totale.

Une vraie gestation littéraire, une gestation où la notion de milieu est essentielle, ce milieu qui vaut une matrice, et qui ne vaut pas pour toujours hormis par ce qu'elle a imprimé comme traces dans le psychisme de l'écrivain, celui qui en profite juste le temps qu'il faut, étant le nègre du père Académicien de sa femme et d'autres de ce milieu, lui n'étant qu'un écrivain débutant arrivé à Paris, rêvant de reconnaissance, de prix, et eux le voient arriver comme ne pesant pas lourd, comme n'ayant pas leur ambition, eux qui font un milieu nutritif pour lui, un milieu trouble, affairé, tissé, en réseau, à la fois très vaste et très étriqué, entre soi, Académiciens, Présidents de la République, producteurs de cinéma, patrons de maisons d'éditions célèbres, acteurs et actrices, revue de photographie reconnue, bref tout un monde en vue et fermé sur lui-même, pour faire, donc, un vrai milieu, une vraie matrice vitale et provisoire, une matrice pour une dépendance totale et un statut allergénique néanmoins absolu, se disant par un: tu ne profiteras jamais de tout ça, tu m'ennuie, décidément tu n'es pas des nôtres, phrases qui disent un processus de détachement, de rejet, processus d'apoptose atteignant cette matrice, ce milieu enveloppant, lorsque le moment de naître approche, moment qui s'annonce lui-même par l'attitude de plus en plus en dissociation d'Antoine, étrangement de moins en moins en phase, se singularisant comme ne l'ayant jamais été, sauf comme nègre, payant son dû de profiteur fœtal.

Le titre du roman de Jean-Marc Roberts est en effet très bien choisi. Il évoque d'abord la laisse, le lien cordon ombilical entre je et te, puis le caractère hétérogène entre eux, je te laisse dans un endroit enveloppant, un environnement, qui n'est finalement pas le même que le mien, je te laisse car tu es singulier, pas du tout le même, je t'abandonne, je cesse de croire que mon milieu peut totalement te façonner, t'avoir à sa botte, te refaire à son image, je fais le deuil de l'image que je rêvais de toi, décidément tu resteras léger, inconsistant par rapport à nous, pas la bonne ossature, je te lâche les baskets, mais en même temps je te laisse dans de l'acquis, symbolisé par la jouissance de la propriété paternelle, les moyens, la revue de photos, je te laisse à condition que pour toujours tu reconnaisses la matérialité de l'environnement terrestre dans lequel tu nais grâce à nous mais en tant qu'autre, restons en bons termes, nous nous reverrons pour fêter l'élection de Bambi à l'Académie. Je te laisse en paix, mais bien environné, bien donné à la lumière, et moi, en paix aussi, ayant eu par toi la certitude de ma singularité, d'avoir eu un rôle, secret, que ma sœur Marianne ne m'a pas enlevé sous le nez, je m'en vais avec mon accoucheur, je m'en vais vers ma passion de photographe célèbre, reconnue, passion que tu n'appréciais pas à la manière d'un enfant qui n'aurait pas supporté que sa mère s'intéresse à autre chose qu'à lui, s'écarte pour toujours. Je t'ai donné ce que tu voulais, et maintenant, quitte, la matrice étant tombée en apoptose, je peux m'en aller, toi donné à la bonne lumière, et moi pouvant m'adonner m'accoucher encore plus à ma passion de photographe non conformiste.

Peu importe les vrais noms, sûrement célèbres, des protagonistes de ce roman.

La notion de milieu suffit. Celui des possédés qui possèdent. La notion d'un nom, San José, celui de la femme qui demande en mariage Antoine le nègre de son père Académicien, qui est un sésame. Un nom que la femme garde après le mariage, ce mariage lui permettant de présenter son mari sans jamais à avoir à dire son nom. Pendant la gestation-mariage, il n'a pas vraiment de nom.

Mais il va écrire un livre. Il s'agit de la gestation d'un écrivain. Livre best-seller, qui, comme par hasard, déçoit sa femme et son milieu. Forcément.

Cette femme qui, dans le roman de Jean-Marc Roberts, écrit à son mari, parle d'un meurtre. Celui du producteur Eugène Sacco. Elle évoque un secret de famille, un milieu qui sait qui a fait ça, et qui se tait, le nom de l'assassin, qui n'est pas Principal, l'Ennemi de la France, comme on l'a fait croire, la femme est sûre qu'Antoine aussi le taira quand, à la fin du roman, elle lui dira la vérité.

C'est elle, bien sûr, qui l'a tué. Elle a tué Eugène Sacco le producteur, et non pas Antoine, qu'elle aurait pu tuer. Elle a tué Sacco parce que, lorsqu'elle était une adolescente, Sacco lui avait promis un rôle, et que finalement c'est à sa sœur Marianne, plus jeune, qu'il l'a donné! Elle n'a pas tué Antoine parce que c'est elle qu'il a préférée, et que jamais Marianne ne l'a intéressé. Sacco a fait en somme commencer la vie de Romy, fille de l'Académicien Edmond San José, au moment où elle a une sœur, Marianne (qui est en réalité la fille de Redoux, également producteur et qui fut le jeune amant de dix-neuf ans de la mère, dans un couple où chacun des conjoints se sont toujours trompés, Redoux avec lequel en fin de compte Marianne se mariera et sera une fille épousant son père), gommant les premières années de sa vie où elle fut fille unique, choyée par sa nourrice.

En s'intéressant à elle, ou plus exactement en ne s'intéressant pas à Marianne, Antoine replace la vie de Romy à son commencement, et c'est sans prix pour elle, sans doute. Ensuite, peu importe qu'Antoine, un nègre littéraire, entre dans ce milieu en quelque sorte en jouissant du gros derrière de Charline qui est aussi la maîtresse depuis dix-sept ans d'Edmond, peu importe qu'il partage cette femme de son milieu avec l'homme célèbre dont il est le nègre. Ce partage matérialise le fait qu'il s'agisse d'une relation entre gendre et beau-père, que c'est à son beau-père qu'il doit en fait d'être vraiment introduit dans un milieu à la fois vaste et étriqué, mais puissant. Le nom de ce beau-père.

Il y a donc ce lien entre gendre et beau-père, grâce auquel la gestation peut se faire. Et par rapport à ce couple, où le beau-père Académicien rassemble autour de lui du beau monde, il y a un premier couple, celui qu'Antoine forme depuis toujours avec son père et spécialement depuis que la mère est partie avec quelqu'un d'autre.

A Reims, nom sans doute important dans ce roman, le fils partage le même lit que son père, pour cause d'exiguïté de l'appartement, mais il se méfie de lui, surtout lorsqu'il est en état d'ivresse. Mais il le suit dans des virées dans les boîtes de nuit, et vient aussi pour la première fois à Paris avec lui, à quinze ans, pour une livraison de tapis.

Le père d'Antoine est celui qui trace une direction pour son fils, mais une direction floue, qui ne se dessine jamais, indécise, tandis que la mère, comme une matrice décomposée, est partie ailleurs. Avec son propre père, le fils va dans une direction qui, pourtant, ne s'ouvre pas. Le fils Antoine arrive finalement à Paris, selon une sorte d'initiation entre père et fils qui s'inaugura à Reims et qui restera pour toujours comme modèle, comme trace, d'où ce nom Reims si discrètement important, il arrivera à Paris que son père bizarrement non sésame ouvre-toi pourtant lui a ouvert de façon si inaccomplie, si précaire, ce père ne s'intéressant pas aux garçons puisque dans ce lit commun rien ne s'est jamais passé, et là, à Paris, le milieu ne peut s'ouvrir vraiment que grâce à un autre père, qui, lui, s'intéressait aux garçons parce qu'il est homme à tout essayer, cet autre père qu'est le père sésame de sa future femme, son beau-père donc.

Antoine se laisse, à travers la maîtresse Charline et à travers sa femme, intégrer au milieu qui s'ouvre à lui par un père. C'est un processus à la fois provisoire, comme ce mariage et comme cette liaison avec Charline que le beau-père tolère étrangement jusqu'à ce que, un beau jour, il ne la tolère plus, et qui vaudra pour toujours, parce que, un beau jour, Antoine se sera singularisé comme écrivain grâce à eux et, comme toujours, malgré eux, dans une écriture qui est une façon d'oser se désynchroniser. Il va écrire une version de cette famille, de ce milieu, et de l'assassinat de Sacco, qui, écrit sa femme, n'est certes pas la bonne, car elle y tient, à cette vérité qui est la sienne à elle et qu'il ne sait pas encore, mais en tout cas la version du romancier lui assure un best seller et le voilà lancé.

Mais, dans le milieu d'Edmond San José, au nom sésame, milieu de possédés possédant, gravite du beau monde, monde dont la femme écrit qu'il est en train de disparaître mais est encore très efficace, est encore en train de gouverner un autre monde, le milieu San José est encore en train de gouverner celui d'Antoine. D'une part, il y a le couple parental San José dont la fille aînée, Romy, celle qui écrit, dit qu'ils se sont toujours trompés. Le père d'un côté, avec entre autres Charline, qui rêvait dans sa province de s'intégrer à Paris, comme Antoine en a rêvé. La mère de l'autre, et de sa liaison avec un homme beaucoup plus jeune qu'elle naîtra Marianne, qui dérangera terriblement sa sœur aînée, et ensuite, par son corps, la troublera intensément au point que c'est en la photographiant que commencera sa passion pour la photo.

Marianne, et le corps de Marianne, représente littéralement ce que sa mère est allée voir et chercher ailleurs, en dehors de la famille. Il y a un érotisme de ce corps qui joue devant sa sœur aînée possédant, à la manière d'un sexe d'homme, un appareil photo, à des poses de plus en plus impudiques d'abord seule puis avec Karine l'amie qui se mariera plus tard avec l'éditeur Oran, puis dans le vaste appartement familial de la rue Lamartine avec des hommes déjà vieux par rapport à ces filles mineures se vendant à eux, il y a un érotisme qui va attirer la sœur aînée vers un art dans lequel elle excellera.

A travers le corps de Marianne, c'est vers sa mère, morte très tôt, abandonnant ses filles très jeunes aux regards des vieux constituant le beau monde gravitant dans le milieu San José, que Romy va, suit, apprend d'elle en train d'être attirée par un homme étranger au clan familial et bien plus jeune. Marianne visualise la liaison de sa mère avec le très jeune Redoux de dix-neuf ans, elle est le fruit de cette liaison, et plus tard, devenu producteur, Redoux épousera sa fille Marianne, comme pour que tout soit net, le mariage restant non consommé, et les choses ne sortiront pas de la famille. Fascinée par le corps érotique de Marianne, puis par d'autres corps, et des scènes érotiques où dans l'appartement de la rue Lamartine les jeunes mineures Marianne et Karine sont dans ce beau monde des appâts consentants et se faisant payer de vieux amis de la famille, la fille photographe imagine voit sa mère où elle allait, c'est le couple qu'elle formait avec sa mère qui insiste là. Marianne fascine parce qu'elle est le fruit de l'aventure de sa mère avec un homme plus jeune qu'elle, un homme qui l'attire ailleurs. A la fin du roman, cette sœur aînée écrit à son mari Antoine qu'elle s'en va, comme jadis sa mère avec le jeune Redoux, avec Habib son accoucheur beaucoup plus jeune qu'elle, et par cette liaison elle devient comme sa mère, elle peut se montrer comme sa mère, être prise comme sa mère. Parce que, comme elle l'écrit, en vérité, ce n'est pas prendre qu'elle aime, comme on pourrait croire qu'elle aime passionnément prendre en photos les corps dans des poses les plus impubliables en fin de compte, en tout cas les corps les plus époustouflants, les plus insolites, les plus intimes, c'est être prise, être prise comme sa mère, comme étant devenue dans une symbiose sa mère. Secco est mort assassiné parce qu'il n'a pas compris ça. Il a cru que la photo s'arrêtait à Marianne. Il n'a pas suivi le fil de la passion de la photographe, il n'a pas fait attention à la nature du trouble que toujours elle ressent en présence des corps qu'elle prend. Il s'agit d'une appropriation pour son propre compte. Elle tue Sacco c'est-à-dire qu'elle le fait disparaître en tant qu'il ne serait pas, lui un homme, un vieil ami de la famille qui la séduisit alors qu'elle avait treize ans dans l'appartement où ils attendaient le père, le véritable initiateur, et ce serait comme un coup fatal en effet.

Je te laisse comme ma mère laissa mon père par sa liaison avec un homme plus jeune qu'elle, je te laisse aussi comme ta mère laissa ton père.

Il y a donc dans ce roman de Jean-Marc Roberts la figure d'une femme comme une femme qui s'en va. Comme quelque chose qui s'en va. Edmond San José laisse sa femme le tromper parce que dans leur milieu cela se fait, comme de tout essayer, le père d'Antoine sait très bien que sa femme va ailleurs et que bientôt elle ne reviendra plus. Donc, je te laisse raconte cela. Romy petite fille voit aussi sa mère s'en aller, d'abord dans des liaisons puis dans la mort, mais sa sœur Marianne par son corps visualise et érotise cet événement-là. A partir de là, je m'en vais s'écrit par des séries de photos, par la revue qui les publie ou les garde en réserve.

Les filles et les femmes de ce milieu, et de ce roman, sont d'abord des petites filles regardées par des hommes adultes, qui sont autant de parrains, puis des vieux, toujours des hommes de la famille qui, en les regardant tandis qu'elles sont d'étranges appâts, ont l'impression par elles de ne pas vieillir. Ce sont des mineures, qui y gagnent à être à portée de leurs mains et de leurs regards, qui se laissent pénétrer de partout et même par une arme sexe, elles n'en finissent pas d'avoir des parrains, dans leur milieu, et des pères-bis, leur enfance c'est cela, une pléthore d'intérêts autour d'elles, de regards, qui les touchent virtuellement puis vraiment. Puis certains de ces vieux les épousent, comme une façon de réparer ce qu'on a sali, tel Oran qui épouse Karine, et Redoux qui épouse Marianne. En tout cas, des femmes qui restent dans leur milieu, comme Romy garde le nom de son père, le nom sésame, et alors, même dans le cas où elles ont épousé une récurrence du père, elles ne peuvent sortir de ce cercle vaste et étriqué qu'en s'en allant vers un homme beaucoup plus jeune, tel Habib l'accoucheur qui n'est pas du même monde.

En somme, il est très ironique, ce "Je te laisse"! Parce que Antoine a beau ne jamais vraiment accepter de profiter de ce milieu, il reste en tout cas absolument complice - et dépendant - d'un monde peut-être en train de disparaître, un monde vieux, mais qui en domine un autre, où le monde dominé dans lequel par exemple il reste toujours le nègre d'un écrivain ou d'une écrivaine vit des bénéfices secondaires à se laisser dominer. Je te laisse la propriété de mon père, écrit la femme en le laissant. C'est tout dire… Elle laisse entendre que la propriété du beau-père, dont il est question au début du roman, et tout le reste, c'est ce qui tient en laisse ce fils. Un fils qui, à travers sa sorte d'addiction à ce à quoi l'introduit son beau-père ou bien toute figure comparable, reste passionnément attaché à son père l'emmenant avec lui. Comme s'il avait rêvé de ce père, et que la vie avait matérialisé ce rêve. Imaginant cette version: ma mère est partie, mon père est resté, et est resté encore plus dans d'autres figures paternelles, spécialement celles qui étaient capables d'ouvrir un milieu. Ensuite, développer cette passion et cette sensation d'un milieu, lorsque tout cela s'est matérialisé. S'est ouvert. Reste le milieu littéraire, on pourrait dire.

Il n'est pas seulement question de la genèse de la passion d'une femme photographe pour la photo, mais aussi, il semble, celle de la genèse de la passion d'un écrivain pour le milieu littéraire dans lequel une place de choix lui est restée réservée. Il y a plein de choses qui résonnent, dans ce roman. D'une manière discrète. Et réussie.

N'est-il pas souvent question de se refaire dans l'écriture de Jean-Marc Roberts? De revenir par l'écriture à ce temps où un environnement adéquat, un milieu, permet à un humain de se faire en tant qu'humain, un temps où il faut du réseau, du tissage, du battement sanguin, des stimulus, tout une vie battant autour avec laquelle tricoter ses propres impressions psychiques jusqu'à s'en dissocier lorsqu'on est devenu fort de son trésor imprimé, lorsque le milieu tout autour reste en soi, donc on peut faire son deuil, naître, on ne reste pas sans rien, même si naître confronte à une image de soi un peu immature, comme celle de quelqu'un qui, décidément, reste celui qui n'a pas vraiment profité, ceci pour, comme Antoine est décrit dans ce roman, apparaître chétif, bref comme un nouveau-né, pas vraiment fini.

"Je te laisse" est une parole qui veut dire: voilà, c'est l'heure de ta naissance! Et en même temps que cette parole d'abandon, ce regard: décidément, en te voyant tel que tu nais, je constate que tu n'as pas profité! C'est vrai, un nouveau-né, c'est frappant comme il affiche que le milieu d'où il vient le donne à la lumière sous une apparence chétive.

Voilà, comme toujours, j'ai laissé ma lecture prendre une certaine liberté…

Alice Granger Guitard

22 mai 2004