Et le souffle devient signe
Ma Quête du vrai et du beau
par la calligraphie,
Editions Sophie de Sivry /
L’Iconoclaste, Paris, 2001.
Par Amélie Averlan
Je parle avec ma main,
tu écoutes avec tes
yeux ;
Et nous nous comprenons,
n’est-ce pas,
en un seul sourire.
Chu Ta.
François
Cheng sera certainement une des références occidentales de
nos générations futures. Depuis le début du vingtième siècle, de nombreux
écrivains français se sont intéressés à la culture asiatique qui est sans doute
l'une des plus riches et des plus exceptionnelles depuis des millénaires.
L'occident se serait-il enfin rendu
compte de ce devoir de témoignage ? Nous allons peut-être aujourd'hui vers une
affirmation du ''voir dit", retour moyenâgeux, retour vers les sources du
langage et de l'expression qui est avant tout de visu, vue. Des calligrammes au
Stèles de Ségalen, en passant par les dessins d'un Michaux, le vingtième siècle
fait preuve en acte de l'intérêt porté "au dit vu".
"Et
le souffle devient signe"... magies visuelles et sens en
délires - que ces "sens" soient sentis, lus, pensés ou vus - c'est ce
que les Calligraphes de François Cheng accompagnés de citations et de
définitions semblent nous enseigner. Petit dictionnaire spirituel comprenant
des citations orientales, des explications des symboles encrés, magie des
traits et envahissement : la douceur de la sagesse orientale émane de ce tout
de livre dans un monde où Dieu est dit mort et manque peut-être aux recherches
spirituelles. Entre cosmogonie et
approche symbolique du monde à travers soi, ce livre est un guide traversé par
les pensées orientales et occidentales fidèle au "tout circule et se
transforme"... "L'univers ne serait-il pas poésie"
[1]
?
François Cheng est né en 1929 à Nanchang, il est naturalisé
français dans les années 70 et occupe une chaire de professeur à l'institut des
langues et civilisations orientales. François Cheng est écrivain, poète,
traducteur reconnu des œuvres de Baudelaire, Rimbaud, Mallarmé, Laforgue ou
Apollinaire en chinois. Son livre Le Dit
de Tianyi publié chez Albin Michel en 1998, a reçu les prix Femina et a été lu dans le monde entier.

