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Thomas More - L’Utopie

vendredi 22 décembre 2006, par Daniel Gerardin
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Thomas More est né à Londres en 1478; il fit, comme son père qui était avocat, des études juridiques qui lui permirent de devenir un brillant juriste et un diplomate de talent.

Ami et conseiller du roi d’Angleterre Henri VIII, il devint grand chancelier; le roi voulait réformer l’Eglise de son pays et divorcer d’avec Catherine d’Aragon pour épouser Anne Boleyn. Il comptait sur l’habileté et l’autorité morale de son conseiller pour arriver à ce double objectif.

Mais Thomas More ne voulut pas aller contre sa conscience et démissionna de sa charge en 1532. Lorsqu’ Henri VIII rompit avec Rome, More refusa de prêter serment; il fut condamné à mort et, après quinze mois d’emprisonnement à Tower Hill, il fut décapité le 6 juillet 1535.

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L’attitude inflexible de Thomas More et son martyre lui valurent d’être présenté comme le " Socrate chrétien "; Rome reconnut ses mérites en le béatifiant en 1886, puis en le canonisant en 1935 à l’occasion du quatrième centenaire de sa mort; en l’an 2000, Jean-Paul II le déclara " saint patron protecteur des hommes d’Etat et des responsables politiques ".

De son côté, Lénine l’honora en faisant ériger à Moscou un obélisque où figurait son nom avec ceux de Marx et de Engels, parmi une vingtaine de précurseurs du communisme.

Thomas More n’a jamais voulu être philosophe et n’a pas fondé d’école, ni élaboré de doctrine; c’était avant tout un homme d’action, d’esprit profondément religieux.

Son œuvre principale, " L’Utopie ", est un ouvrage littéraire composite, écrit à une époque particulièrement troublée par les guerres et la misère; c’est aussi le temps de la découverte du Nouveau Monde et des débuts du commerce et de l’industrie capitalistes modernes.

Pour faire face à cette dislocation progressive de l’ordre médiéval, une génération de penseurs appelés " humanistes " renouent avec l’Antiquité et ses principes de sagesse.

Ce mouvement humaniste, parti d’Italie, a gagné l’Europe du Nord, avec, en figure de proue, Erasme de Rotterdam qui publie en 1511 son " Eloge de la folie " et le dédie à Thomas More - son ami et alter égo - à qui il confia la tâche d’écrire un éloge de la sagesse.

La sagesse n’existant nulle part sur la terre, le titre d’abord envisagé par Thomas More fut celui de " Nusquam " (nulle part) et l’île d’Utopie s’appelait la Nusquama (la nulle part); l’adoption du mot " utopia " à racine grecque s’explique par le souci des humanistes de l’époque de diffuser les lettres antiques, rejetées par la pensée scolastique du moyen âge.

En jouant sur l’assonance entre utopia et eutopia (en grec le préfixe eu désigne " ce qui est bon ", More a pu vouloir dire que l’utopie est aussi une " eutopie ", le lieu du bien, le lieu de l’harmonie et du bonheur réalisé.

On qualifie aujourd’hui d’utopique ce qui est chimérique, irréalisable, une illusion ou un mirage. Or paradoxalement, les écrivains comme Thomas More qui ont illustré le genre littéraire de l’utopie, du 16e au 18e siècle, avaient pour ambition, en critiquant l’ordre existant et en proposant de le réformer en profondeur, de réaliser quelque chose de possible.

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L’Utopie, après une lettre d’introduction à l’éditeur P. Gilles, comporte deux livres :

- le premier est un réquisitoire contre les injustices sociales et politiques de l’Angleterre; il met en scène un dialogue entre des personnages fictifs comme Raphaël Hythlodée, philosophe-voyageur, et Thomas More lui-même ou son éditeur Pierre Gilles;

- le second, où seul Raphaël parle, est une description de l’île d’Utopie, sorte de contre-image positive de ce que pourrait être l’Angleterre, si elle était mieux gouvernée.

Utopia est une île inconnue de l’hémisphère sud, mais, pour fictive qu’elle soit, elle n’est pas située dans un autre temps ou un autre monde; elle se distingue en cela de l’ Atlantide platonicienne, cité mythique du passé, ou de la Cité de Dieu augustinienne, modèle politique d’une république chrétienne dont la réalisation est à venir.

Utopia est située dans le monde réel; son conquérant-fondateur, Utopus en a fait une île en coupant un isthme de quinze milles qui la rattachait au continent. Thomas More inaugure là le thème de l’insularité car l’isolement sur l’extérieur est essentiel au bon fonctionnement de la société idéale.

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La société idéale d’Utopia

Raphaël Hythlodée, qui dit avoir vécu cinq ans dans l’île, est plus que réticent à la décrire car, dit-il, " ce serait raconter une histoire à des sourds " ou " délirer avec les fous "

Utopie contient cinquante-quatre villes grandes et belles où la langue, les lois, les mœurs et les institutions sont identiques; elle sont bâties sur le même plan , avec les mêmes établissements publics.

La capitale, Amourote, est située au centre de l’île; un sénat répartit avec équité les ressources produites sur les terres cultivables des villes; celles-ci constituent des " familles agricoles " composées de quarante hommes et femmes et de deux esclaves; le service agricole est obligatoire et dure deux ans.

Les utopiens ont aboli la propriété privée et appliquent le principe de la possession commune; ils doivent changer de maison tous les dix ans et tirent au sort leur nouvelle demeure.

Par contre la famille est préservée et honorée; l’adultère est puni du plus dur des esclavages, et de mort en cas de récidive; avant le mariage, la chasteté est de rigueur et l’examen prénuptial est exigé.

Les religions sont multiples et coexistent; mais la plupart des utopiens sont monothéistes et reconnaissent un Dieu immense et inexplicable qu’ils appellent " Père ". Les prêtres sont des magistrats élus par le peuple, au scrutin secret, et sont dirigés dans chaque cité par un pontife; ils peuvent se marier; les femmes ne sont pas exclues du sacerdoce, pourvu qu’elles soient veuves et d’un âge avancé.

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Dans son ouvrage, Thomas More insiste surtout sur la sagesse philosophique, le caractère et les mœurs heureuses des Utopiens; on a là des principes proches des épicuriens :

" Le bonheur, pour eux, ne réside pas dans n’importe quel plaisir, mais dans le plaisir droit et honnête vers lequel notre nature est entraînée. Il leur faut fuir tout acte qui pourrait être source extérieure de souffrance pour soi ou pour autrui ".

Thomas More a donné à l’homme "  conscience de ses pouvoirs sur le monde et lui a offert des raisons d’espérer ".

L’utopie est un moyen et non une fin; c’est le lieu fictif par lequel il faut passer pour une prise de conscience, un mirage dont il faut savoir revenir, armé pour le vrai combat.

Loin d’être un rêve irréalisable, l’utopie doit retrouver la signification que l’humaniste lui donnait : celle d’un heureux effort de l’imagination pour explorer et représenter le possible*.

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* Résumé écrit avec des éléments tirés de l’excellent article de J. Montenot – Lire 2004.

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4 Messages de forum

  • Thomas More - L’Utopie

    20 février 2007 12:52, par titi
    Le livre de l’abbé Prévost est me semble t-il la plus belle illustration commentée de l’Utopie. Après avoir lu l’ouvrage de l’abbé j’ai consulté il y a quinze ans de cela tous les biographies de More Il en existe maintenant presqu’une trentaine toute plus intéressante les unes que les autres. C’est une belle vie et on a toutes les raisons de les lire.

    Répondre à ce message

  • Thomas More - L’Utopie

    3 novembre 2009 15:56, par Bellanger
    Je voulais juste savoir de quel langues les autres versions anglais de "Utopia" ont-elles été traduite ? Je vous remercie d"avance de votre réponse.

    Répondre à ce message



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