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Marcel Proust écrivain impressionniste

vendredi 16 avril 2010, par Nadia Bouziane

« Le monde n’a pas été crée une fois mais aussi souvent qu’un artiste original est survenu » Marcel Proust

Dans les œuvres d’art on retrouve en filigrane les remous, les hantises et les espérances des hommes à une époque donnée. L’œuvre de Marcel Proust n’est pas extraite de son époque. On y retrouve la philosophie de Bergson, la musique de Debussy, l’affaire Dreyfus ainsi que l’impressionnisme. En effet, dans A la recherche du temps perdu on trouve les échos de l’intérêt et en même temps du rejet du public français pour cette nouvelle doctrine en peinture qu’est l’impressionnisme.

C’est au bord de l’eau que naît l’école impressionniste qui fut l’école du plein air, mais aussi celle de l’eau. A passer de longues heures dehors, Claude Monet et ses amis découvrent l’importance de la lumière qui inonde leurs tableaux. Cette belle découverte a fait irruption dans la littérature avec les naturalistes et surtout avec Marcel Proust.

C’est la lumière qui rend le monde diaphane et imperceptible. Ainsi, les choses deviennent aériennes et spirituelles. Une fois exposées à la lumière du jour, elles ne sont plus perçues telles qu’elles sont mais réfractées par la conscience de celui qui les regarde suivant les différents moments de la journée. C’est ainsi que dans les romans de la deuxième moitié du XIXeme siècle et dans les romans de Proust, une attention particulière est donnée à la description des jeux de lumière.

Grâce à la lumière, le réel change de couleurs maintes fois par jour. Nous pouvons relever chez Marcel Proust des descriptions romanesques de la lumière à travers des descriptions furtives et parfois vagues. Certains passages de la Recherche sont de véritables toiles impressionnistes.

« (…) on voyait, selon l’exposition, la lumière venir se jouer sur les espaliers comme sur les eaux printanières et faire déferler çà et là, étincelant parmi le treillage à claire-voie rempli d’azur des branches, l’écume blanchissante d’une fleur ensoleillée et mousseuse. » (Le côté de Guermantes)

Grâce à la lumière les romanciers peuvent rendre visibles les fluctuations de la durée. Parfois nous assistons à une véritable subversion du réel. Les jeux de lumière permettent de créer des illusions d’optique.

« Cultivés en quinconces, ces poiriers, plus espacés, moins avancés que ceux que j’avais vus, formaient, séparés par des murs bas,de grands quadrilatères de fleurs blanches, sur chaque côté desquels la lumière venait se peindre différemment, si bien que toutes ces chambres sans toit et en plein air avaient l’air d’être celles de Palais du Soleil, tel qu’on aurait pu le retrouver en Crète, et elles faisaient penser aussi aux chambres d’un réservoir ou de telles parties de la mer que l’homme pour quelque pêche ou ostréiculture subdivise, quand on voyait, selon l’exposition, la lumière venir se jouer sur les espaliers comme sur les eaux printanières … » (Le côté de Guermantes)

La description des illusions d’optique traduit la mouvance du visible et le brouillage des identités et on assiste à une fusion de plusieurs éléments.

Pour aider à l’expression du mouvement dans l’immobile ou à l’animation de scènes figées, les peintres impressionnistes ont cherché à produire les effets de la lumière sur une même scène à différents moments de la journée. Comme les impressionnistes, Marcel Proust a tenté de capturer l’éphémère. Ainsi, il a représenté des tableaux où les personnages peints par les mots entrent en communication avec le lecteur.

Marcel Proust : écrivain impressionniste

L’aspect impressionniste du style de Marcel Proust a frappé plus d’un lecteur. On sait que l’auteur de la Recherche admirait beaucoup les tableaux des peintres impressionnistes et surtout Claude Monet. Il existe beaucoup de convergences dans les œuvres des deux créateurs. L’évocation de la nature chez Marcel Proust n’est pas sans rappeler les toiles de Claude Monet : descriptions de nénuphars flottant sur les eaux, lilas en fleurs, orchidées, jardins, étangs… en somme la nature peinte par l’écriture.

"(...) dans les petits étangs que forme la Vivonne, de véritables jardins de Nymphéas (…) ça et là, à la surface, rougissant comme une fraise une fleur de nymphéas au cœur écarlate, blanc sur les bords. Plus loin, les fleurs plus nombreuses étaient plus pâles, moins lisses, plus grenues, plus plissées, et disposées par le hasard en enroulements si gracieux qu’on croyait voir flotter à la dérive, comme après l’effeuillement mélancolique d’une fête galante, des roses mousseuses en guirlandes dénouées… " (Du côté de chez Swann)

Cette description proustienne n’est pas sans rappeler la série de tableaux de Claude Monet consacrée aux nymphéas.

La description du jardin de Tansonville dénote le style impressionniste de Marcel Proust.

« Avant d’y arriver, nous rencontrions, venue au devant des étrangers, l’odeur de ses lilas. Eux-mêmes, d’entre les petits cœurs verts et frais de leurs feuilles levaient curieusement au-dessus de la barrière du parc leurs panaches de plumes mauves ou blanches, que lustrait, même à l’ombre, le soleil où elles avaient baigné… » (Du côté de chez Swann)

La scène où Marcel, le narrateur de la Recherche, voit Gilberte Swann pour la première fois est composée comme un tableau impressionniste.

«  La haie laissait voir à l’intérieur du parc une allée bordée de jasmins, de pensées et de verveines entre lesquelles des giroflées ouvraient leur bourse fraîche du rose odorant et passé d’un cuir ancien de Cordoue (…). Tout à coup je m’arrêtai, je ne pus plus bouger, comme il arrive quand une vision ne s’adresse pas seulement à nos regards, mais requiert des perceptions plus profondes et dispose de notre être tout entier. Une fillette d’un blond roux, qui avait l’air de rentrer de jardinage nous regardait, levant son visage semé de tâches roses. Ses yeux noirs brillaient et, comme je ne savais pas alors ni ne l’ai appris depuis, réduire en ses éléments objectifs une impression forte, comme je n’avais pas, ainsi qu’on dit assez « d’esprit d’observation » pour dégager la notion de leur couleur… » (Du côté de chez Swann)

Le jeune narrateur est comme foudroyé. Le déroulement de la scène relève de la technique impressionniste. A lire ce passage on se croirait face à un tableau de Claude Monet qui pourrait être Le jardin de l’artiste à Vétheuil.

Nombreux sont les passages de la Recherche qui rappellent les toiles impressionnistes. Dans A l’ombre des jeunes filles en fleurs, la description de la mer de Balbec rappelle une marine d’Alexandre Harrison, Albertine à Balbec ressemble à Annette sur la plage de Villerville. Pour décrire la maison d’Elstir, Marcel Proust parle de falaises, de plages, du ciel gris et lumineux, de la mer ; ce qui donne l’impression qu’il parle d’un tableau de Boudin.

Ainsi, il est évident que la peinture impressionniste a beaucoup influencé l’écriture de Marcel Proust.

Le peintre Elstir

La peinture est un thème récurrent du récit proustien. Dès Jean Santeuil, les peintres sont légions. Ils sont même présentés sous leur véritable nom : Rembrandt, Sisley, Vermeer, Renoir, Monet. A propos de ce dernier, il écrit dans Jean Santeuil :

« Quand le soleil perçant déjà, la rivière dort encore dans les songes du brouillard, nous ne la voyons pas plus qu’elle ne se voit elle-même. Ici c’est déjà la rivière, mais là la vue est arrêtée, on ne voit plus rien que le néant, une brume qui empêche qu’on ne voit plus loin. A cet endroit de la toile, peindre ni ce qu’on voit puisqu’on ne voit rien, ni ce qu’on ne voit pas puisqu’on ne doit peindre que ce qu’on voit, mais peindre ce qu’on ne voit pas, que la défaillance de l’œil qui ne peut pas voguer sur le brouillard lui soit infligée sur la toile comme la rivière, c’est bien beau. »

Dans A la recherche du temps perdu, Marcel Proust crée un artiste imaginaire à l’image des peintres impressionnistes. Ainsi, Elstir est un des trois artistes imaginaires qui traversent les pages de la Recherche. Ses peintures sont inspirées de celles de Monet, Manet, Whistler, Degas… Même son nom est un amalgame francisé de Whistler (avec suppression du Wh). Il apparaît pour la première fois dans Du côté de chez Swann, il est l’un des « fidèles » du salon de Mme Verdurin. A aucun moment dans Du côté de chez Swann, Proust ne donne son vrai nom, il était surnommé Monsieur Biche. Il n’y a pas beaucoup de détails concernant son œuvre, à part le fait qu’il fait des cheveux mauves à ses femmes. Ce n’est que dans A l’ombre des jeunes filles en fleurs que nous apprenons son véritable nom lorsque le narrateur évoque sa rencontre avec le peintre.

« Un peintre que j’allais rencontrer à Balbec et qui eut une influence profonde sur ma vision des choses, Elstir. »

La peinture d’Elstir, à l’instar de celle des impressionnistes, transgresse toutes les normes imposées par la peinture académique. Devant ces formes nouvelles les « fidèles » du salon de Mme Verdurin sont désorientés. Pour eux la peinture doit être une copie du réel et non pas avoir des cheveux mauves.

« Quand dans celles-ci ils pouvaient reconnaître une forme, ils la trouvaient alourdie et vulgarisée (c’est- à dire dépourvue de l’élégance de l’école de peinture à travers laquelle ils voyaient dans la rue même les êtres vivants), et sans vérité, comme si M. Biche n’eût pas su comment était construite une épaule et que les femmes n’ont pas les cheveux mauves. » (Du côté de chez Swann)

Ils ignorent que l’art est une recréation du réel. Incompris, Elstir se moque, lui aussi, de sa façon de peindre. Par snobisme et pour respecter l’esprit du clan, il adopte un ton railleur pour répondre à Swann qui lui demande son impression sur une exposition à laquelle il avait assisté.

« Je me suis approché, pour voir comment c’était fait, j’ai mis le nez dessus. Ah ! bien ouiche ! On ne pourrait pas dire si c’est fait avec de la colle, avec du ribis, avec du savon, avec du bronze, avec du soleil… » (Du côté de chez Swann)

Encouragé par l’attitude des autres « fidèles » il ajoute :

« Ça sent bon, ça vous prend à la tête, ça vous coupe la respiration, ça vous fait des chatouilles, et pas mèche de savoir avec quoi c’est fait, c’en est sorcier, c’est de la rouerie, c’est du miracle (éclatant tout à fait de rire) :c’en est malhonnête ! » (Du côté de chez Swann)

Toutefois, il ne cache pas son admiration pour les tableaux exposés.

Au sein du clan il est frivole et maladroit, il n’arrive pas à expliquer sa théorie en peinture. Quand il quitte le groupe, il n’est plus Biche, il devient Elstir. On a l’impression que le fait d’appartenir à un groupe ne lui permet pas d’exprimer son art. Par peur d’être exclu du clan des « fidèles » il doit adopter leur ton. Ce n’est qu’en les quittant qu’il devient lui-même. Tel Paul Cézanne, qui quitta le groupe des impressionnistes pour se retirer à Aix-en-Provence, il préfère lui aussi s’isoler pour se consacrer à son art.

Elstir attire l’attention du narrateur sur le lien qui unit l’artiste à son œuvre. En entrant dans l’atelier du peintre à Balbec, Marcel éprouve un plaisir qui est, avant tout, intellectuel.

« Je me sentis parfaitement heureux, car par toutes les études qui étaient autour de moi, je sentais la possibilité de m’élever à une connaissance poétique, féconde en joies, de maintes formes que je n’avais pas isolées, jusque là du spectacle total de la réalité. » (A L’ombre des jeunes filles en fleurs)

Cet atelier lui apparaît comme un « laboratoire » où le peintre peut créer un monde nouveau.

« L’atelier d’Elstir m’apparut comme un laboratoire d’une sorte de nouvelle création du monde, où, du chaos que sont toutes les choses que nous voyons, il avait tiré, en peignant sur divers rectangles de toile qui étaient posés dans tous les sens, ici une vague de la mer écrasant avec colère sur le sable son écume lilas, là un jeune homme… » (A l’ombre des jeunes filles en fleurs)

Marcel Proust a fait d’Elstir le « modèle du peintre » qui ne se contente pas de peindre mais d’expérimenter des couleurs et des techniques. En entrant dans l’atelier de l’artiste, le narrateur admire les esquisses et décrit ce que sera d’après lui le tableau idéal. La description minutieuse du port de Carquethuit ne ressemble aucunement ni au travail de Monet ni à celui de Manet. Elstir est un amalgame de tous les peintres impressionnistes. Michel Butor remarque que Proust a inventé un tableau peint « presque littéralement par Magrite ».

Pour le narrateur, Elstir apparaît comme une figure quasi-divine.

« Si Dieu le père avait crée les choses en les nommant, c’est en leur ôtant leur nom, ou en leur donnant un autre, qu’Elstir les recréait. » (A l’ombre des jeunes filles en fleurs)

Le peintre devient un créateur. Dans son œuvre il y a une véritable création de la lumière.

« Au moment où j’entrai le créateur était en train d’achever, avec le pinceau qu’il tenait dans sa main, la forme du soleil à son coucher… » (A l’ombre des filles en fleurs)

Grâce à Elstir, le narrateur découvre ce que jamais, sans lui, il n’aurait pu voir. C’est grâce au peintre qu’il peut enfin apprécier la beauté des falaises des Creuniers quand elles sont réalisées dans une esquisse. De son contact avec Elstir, Marcel comprend que la réalité peut être aussi subjective.

De la réalité objective à la réalité subjective

En effet, c’est en côtoyant Elstir que Marcel découvre que la réalité est subjective et que c’est par l’art qu’elle peut être communiquée aux autres. L’impressionniste Elstir permet au narrateur de découvrir le monde individuel.

« Depuis les débuts d’Elstir, nous avons connu ce qu’on appelle « d’admirables » photographies de paysages et de villes. Si on cherche à préciser ce que les amateurs désignent dans ce cas par cette épithète, on verra qu’elle s’applique d’ordinaire à quelque image singulière d’une chose connue, une image différente de celles que nous avons l’habitude de voir, singulière et pourtant vraie… » (A l’ombre des jeunes filles en fleurs)

Les œuvres d’Elstir ne sont pas tout à fait fidèles à la réalité car il peint la réalité telle qu’il la conçoit. L’œuvre d’art n’est pas une copie de la réalité. Chaque peintre a son propre univers qui est différent de celui des autres. Cet univers ne prend naissance que grâce à l’instinct. La fonction de l’artiste est de retirer le rideau qui cache les parties du monde extérieur pour les révéler au grand jour. Ainsi, l’art rend un grand service à la nature en la révélant et en faisant apparaître des choses qui jusqu’à la création de l’œuvre passent inaperçues.

«  Le peintre original procède à la façon des oculistes. Le traitement par leur peinture n’est pas toujours agréable. Quand il est terminé le praticien nous dit : maintenant , regardez ! Et voici que le monde qui n’a pas été créé une fois mais aussi souvent qu’un artiste original est survenu, nous apparaît entièrement différent de l’ancien, mais parfaitement clair. » (Sodome et Gomorrhe)

L’œuvre d’art ne doit pas prendre ses racines dans la nature. L’artiste cumule des impressions et des images et ce n’est qu’en puisant au fond de lui-même qu’il donnera naissance à son œuvre. Le peintre est capable de voir les particularités qui se dérobent à notre vision.

« Elstir ne pouvait regarder une fleur qu’en la transplantant d’abord, dans ce jardin intérieur où nous sommes forcés de rester toujours. Il avait montré dans cette aquarelle l’apparition des roses qu’il avait vues et que sans lui on n’eût connues jamais, de sorte qu’on peut dire que c’était une variété nouvelle dont ce peintre(…) avait enrichi la famille des roses. »(Sodome et Gomorrhe)

Le créateur doit chercher à rendre la sensation, l’impression qu’il en reçoit. Le sujet devient secondaire. Ainsi, l’œuvre s’éloigne progressivement de la réalité pour pénétrer dans le domaine du rêve. L’artiste doit rester fidèle à la réalité subjective. Il ne doit pas faire de son œuvre une copie conforme de la réalité. Comme tous les peintres impressionnistes, Elstir opte pour cette voie. Dans Marcel Proust romancier, Maurice Bardèche écrit : « Sa peinture (celle de Elstir), comme la vision de Proust, est une métaphore continuelle. Et cette métaphore, qui est la grille avec laquelle Elstir déchiffre la réalité, elle lui révèle des fées ou des monstres, elle peuple le monde de formes inconnues que notre œil ne perçoit plus…elle l’enrichit… »

Nous devons donc à l’art un enrichissement du décor de la vie. En peignant le Port de Carquethuit, Elstir en arrivera au point où Claude Monet en était arrivé lorsqu’il a pris pour modèle une rivière enveloppée de brouillard.

Elstir enseigne au narrateur comment admirer l’œuvre d’art et déceler l’émotion de l’artiste qui a peint ce paysage comme il le sent et non comme il existe.

« Ah ! que j’aimerai aller à Caquethuit, ajoutai-je sans penser que le caractère si nouveau qui se manifestait avec tant de puissance dans le « Port de Carquethuit » d’Elstir, tenait peut-être plus de la vision du peintre qu’à un mérite spécial de cette plage. » (A l’ombre des jeunes filles en fleurs)

Le narrateur s’est rendu à l’évidence qu’un artiste digne de ce nom ne se contente pas de copier simplement le sujet qu’il veut représenter, ou d’inventer sans méthode une composition. Bien au contraire, il doit construire son œuvre en étudiant les rapprochements de couleur, les lumières, les ombres afin que l’ensemble acquière le style et la signification qu’il entend lui imprimer. Il doit, en résumé, « penser avec un pinceau ».

Le véritable artiste, selon Marcel Proust, est celui qui peut faire une œuvre qui traduit sa sensibilité et sa vision du monde. L’artiste doit s’intéresser avant tout au côté esthétique de son œuvre. Dans son Introduction à la lecture de Proust, Léon Guichard écrit :

« Chaque artiste original- et ce sont les seuls qui comptent -doit être considéré comme l’habitant et le révélateur d’un monde unique, d’un domaine -de l’esprit, des couleurs, des formes ou des noms-qui lui est propre, qu’il a peut être connu dans une mystérieuse « vie antérieure » »

L’art, selon Marcel Proust, n’est pas un ornement. Il permet avant tout de transcender la réalité. Il est une « religion » et une philosophie. Sa fonction est de refléter les angoisses de l’homme et en même temps le guider dans sa recherche de l’essence des choses et du sens de la vie.

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