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Entretien avec Thérèse Rink Streicher
vendredi 12 janvier 2018 par Abdelali Najah

Entretien avec Thérèse Rink Streicher : Peindre, c’est oublier le momenta-né pour un voyage visuel original et personnel.


Après avoir suivi des études en droit à l’Université de Pretoria en Afrique du Sud, Thérèse Rink (Streicher) se consacre entièrement aux arts plastiques afin de réaliser une vocation tant refoulée par un destin défavorable. Mais, Thérèse Rink après une rencontre avec l’artiste Hennie Niemann Snr, réalisera ses ambitions artistiques, trouvera un travail de commissaire dans des galeries de renom, et, même si une éducation artistique formelle lui fait défaut, deviendra une artiste peintre spécialisée dans l’Art Brut.


Introduction :

Thérèse Rink (Streicher) vit à Hermanus, un beau village balnéaire connu pour l’observation des baleines, et pour les artistes et les créatifs qui y vivent - pas vraiment une colonie d’artistes, mais des gens qui travaillent dans la peinture, l’écriture ou la production d’objets d’art pour les marchés du week-end ou pour leurs propres galeries. Il y a beaucoup de galeries qui organisent des expositions régulières et des marchés artistiques. Souvent, les profits des œuvres vont à la charité - comme la « Nuit des 1000 dessins » annuelle.
Thérèse Rink travaille à la galerie Hennie Niemann Snr, et est aussi commissaire de la Vermont Contemporary Gallery, sa propre demeure.


Ses débuts dans le monde des arts plastiques :

Sa mère était une artiste qui s’amusait surtout avec les dessins et la peinture, et n’était jamais assez confiante pour rencontrer une foule de gens en dehors des membres sa famille. Thérèse Rink garde toujours quelques-uns de ses dessins préférés.

À l’école, les efforts artistiques de Rink furent un échec total, elle n’était pas du tout considérée comme un talent créatif, car elle était déjà une universitaire. « Nous avons eu les sessions d’artisanat habituelles, et une fois alors que nous devions choisir du fil à broder, mon professeur a dû se procurer du fil noir spécialement pour moi, car elle ne s’attendait pas à ce que la couleur noir soit demandée par un jeune enfant," nous a-t-elle expliqué. En ajoutant : « le noir ne correspondait pas au modèle de papillon et de soleil de marguerite prévus pour les jeunes enfants." La prédominance de la couleur noir dans les toiles artistiques de Rink est due à son essence de gravité et de grandeur ; à savoir le ciel nocturne, l’idée du velours noir et des mystères anciens enveloppés dans l’obscurité.

Son amour pour l’art l’incitait à une lecture poussée de son Histoire et à une présence constante aux expositions, même si son penchant était plus académique. Elle a obtenu son diplôme de droit à l’Université de Pretoria qui était très stressante, passant ainsi sa jeunesse à éviter de se laisser entraîner dans les sillages de la profession d’avocat. Puis elle a travaillé comme fille au pair pour une famille à New York. Celle-ci possédait une galerie très importante, de nos jours galerie David Tunick Art. Elle est entrée ainsi dans l’art professionnel par la grande porte, une première expérience professionnelle qui valait de l’or. Rink fréquentait à ce moment-là le Metropolitan Museum of Art et cela restera gravé dans sa mémoire.
De retour en Afrique du Sud après quelques années passées à l’étranger, Rink se dépréciait elle-même en tant que main-d’œuvre sud-africaine, un échec spectaculaire dû à un manque total d’inspiration et de motivation. Une seule chose lui tenait à cœur, c’était de combattre la pauvreté locale, se joignant ainsi à des organisations de bien-être dans Hermanus, elle était toujours très impliquée avec Nika Trust. Elle peignit des œuvres d’art destinées à la vente, et travailla aussi dans des ventes aux enchères d’art pour le compte de l’artiste Hennie Niemann Snr et bien d’autres artistes locaux.

Le travail avec Hennie Niemann Snr a donné naissance à une grande amitié entre les deux artistes. Son enthousiasme pour l’art et ses connaissances approfondies sur les artistes étaient d’une grande importance pour Rink qui se voyait dans l’obligation de faire constamment des recherches sur l’art et les artistes – une anticipation immense et une découverte quotidienne de nouveaux talents sur Internet extrêmement passionnante.

Thèmes et thématiques dans ses peintures artistiques :

Un enthousiasme ardu pour un certain genre artistique et un dévouement total pendant quelques années. Jusqu’à aujourd’hui, son travail est surtout marqué par 2 genres opposés : - Histoire ancienne - Art contemporain. Deux genres artistiques très opposés, et qui provoquent une sensation de différence. Dans l’art ancien, Rink se sent en paix, et reprend connaissance de l’existence des humains comme de petits et insignifiants grains de poussière d’étoiles. Les œuvres demandent beaucoup de planification et de patience et l’achèvement peut prendre des semaines, voire des mois. À la fin, elle se sent épanouie et accomplie. Le résultat final est mystique et agréable à l’œil, mais commercialement non gratifiant. Ses œuvres sont moins demandées, mais plus durables.

Pour elle, l’art contemporain est passionnant - Rink se sent excitée et joyeuse dans la création. C’est un art éphémère et momentané - un travail s’achève en 10 minutes, voire une heure. À la fin, Rink se sent stupide et fatiguée. Ce type d’art est très demandé sur le marché, donc très rémunérateur. Dans les deux genres, Rink se rend très vulnérable aux critiques, mais s’habitue après coup. Sa réponse à cette situation compliquée consiste à ne pas faire semblant d’être talentueuse et accomplie, mais à chercher le plaisant et l’agréable.

Art ancien-

Pendant une période où Rink a suivi beaucoup de documentaires sur les civilisations anciennes, l’anthropologie et les symboles anciens sont devenus sa propre obsession ; les mystères secrets du monde ancien étaient extrêmement fascinants et l’interpellaient à différents niveaux, à savoir les modes d’existences et de communications adaptés par le premier homme. Elle a partagé cette passion avec Hennie Niemann Snr, et ils ont fait ensemble de petits carreaux anciens et ont créé des signes et symboles antiques nouveaux - très aléatoires et dénués de sens, mais des formes esthétiques à l’œil. Il y a une vaste collection d’œuvres de cette période dans lesquelles Rink a utilisé du pigment d’argile de la rivière Bot mélangé avec de la peinture, et a commencé à créer des tablettes anciennes ... cela lui a demandé beaucoup de temps mais le résultat était très satisfaisant. De même, elle a été aidée par un fabricant de peinture local à Kleinmond qui possédait des peintures Zellen afin de faire de la peinture pigmentaire dans des tubes - elle en a encore à ce jour - c’était sa première peinture à l’argile fabriquée à partir de boue locale. L’idée d’une créature ancienne hurlant à la lune l’intriguait aussi - le concept de frustration et de survie dans des circonstances pénibles est similaire aux frustrations de l’homme moderne qui essaie de se frayer un chemin à travers un système complexe. Son premier travail était un paysage ancien avec une lune ... et puis, elle a fait des études approfondies sur les symboles et l’Histoire ancienne, ainsi que les découvertes archéologiques. C’était presque 24heures sur 24 et 7 jours sur 7, cela la fascinait.

Art contemporain-

Sur les conseils de son mentor, Rink a commencé à faire de petits travaux plus faciles à vendre, tandis que ses œuvres anciennes semblaient effrayer la plupart des gens dans ses profonds reflets sombres et ses symboles insignifiants. Le salon ne considérait pas ses œuvres comme attrayantes du tout !!!

Les petits visages brillants gagnaient en popularité, et c’est encore aujourd’hui son gagne-pain..., des formes très petites, très abordables et tout à fait appropriés à n’importe quel bureau ou maison.
Rink a également une grande admiration pour la peinture d’action des artistes abstraits avec leurs attaques audacieuses et intrépides sur leurs toiles - notamment Karel Appel, Jackson Pollock, Franz Kline. Gerhard Richter et Richard Serra l’inspiraient aussi.

Aujourd’hui, elle est plus proche du style contemporain avec ses couleurs bruyantes et grossières, son style désordonné à main levée. C’est le style de peinture qu’elle apprécie le plus - les symboles antiques étaient plus gratifiants sur le plan intellectuel - très satisfaisants pour elle, mais avaient reçu une appréciation très limitée du public qui ne les a pas considéré positivement.

Les techniques utilisées dans ses œuvres artistiques :

Superposer l’arrière-plan à l’aide de différents médias ou même parfois du sable. Elle a également utilisé de l’époxy pour ses carreaux anciens. Elle préférait créer une surface en couches, ensuite un design final simple sur le fond.

Après avoir appliquée sa première couche, elle la grattait souvent, ou bien elle créait des motifs avec différents objets qu’elle poussait sur la peinture de séchage. Elle ne planifiait quasiment jamais l’arrière-plan, et œuvrait en suivant son instinct et en équilibrant les espaces ou les couleurs. Elle aimait répéter des taches ou des taches de couleurs sur les côtés opposés de la toile.

A la découverte de l’art brut :

Thérèse Rink a découvert les œuvres de Jean Dubuffet sur Internet, elle a été fascinée par sa façon d’utiliser les bases, et a beaucoup aimé les créatures à l’apparence naïve créées de manière intelligente et sans complexe.
Dubuffet peut créer des œuvres très simples ou très compliquées – elle aime son utilisation des peintures de couleur boue par opposition à des peintures colorées très brillantes. Rink y puise son inspiration !
Une quête omniprésente des origines dans ses toiles artistiques :
Thérèse Rink est hantée par la connaissance de l’unité de l’être humain des anciens temps et de l’homme moderne ; des émotions partagées, un destin commun et un cheminement historique semblable. « L’homme moderne serait l’objet d’une découverte d’ici un million d’années par un être qui regarderait les restes excavés d’un ordinateur portable et s’enthousiasmerait pour les anciennes civilisations - un peu de poussière d’étoile - pour créer une œuvre encore plus grande que les humains ne pourraient imaginer aujourd’hui. »

Le monde symbolique de l’être primitif :

Pour Thérèse Rink, les gens apprécient le sentiment d’être transportés dans un monde magique pendant une courte période – le monde imaginaire créé par la réalité virtuelle –, à savoir une jungle dans un tableau qui donnerait la sensation originale d’être dans une caverne ...

Qu’est-ce que la peinture ?

Peindre, c’est oublier le momentané pour un voyage visuel original et personnel. « Peindre est thérapeutique pour moi, » nous fait-elle savoir. En ajoutant que sa vie est dénuée de sens sans créativité.
Ses derniers mots ...

Thérèse Rink : Je voudrais vous remercier de m’avoir invité à partager mes idées. J’encourage tout le monde à faire preuve de créativité dans le moment opportun, à savoir l’utilisation d’une serviette dans un restaurant, un carton de boîte de céréales, un journal abandonné, un jus de betterave ou un sachet de thé - juste commencer - et en profiter..., et se délaisser des commentaires négatifs !!!

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