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L’entre-deux - Olivier Larizza

Paru aux éditions Andersen dans la collection Confidences

mercredi 12 décembre 2018 par Françoise Urban-Menninger

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Né à Thionville, écrivain, enseignant chercheur, Olivier Larizza a vécu comme le titre de son recueil l’indique dans un entre-deux. De 2003 à 2015, l’auteur a partagé son existence entre Strasbourg et la Martinique où il avait été nommé maître de conférence à l’université des Antilles. Il nous offre la lecture d’un journal de bord poétique pour le moins original et exotique en diable !

Car cet entre-deux entre deux styles d’existence est également l’entre-deux d’un temps suspendu où éclot au jour-le-jour une poésie de l’instant. "Nommé dans les Caraïbes", écrit Olivier Larizza "je m’avérai vite incapable de quitter définitivement la ville de Gutenberg". Dès lors dans "cet entre-deux hallucinant" il n’est pas étonnant de découvrir chez l’écrivain que " la poésie a surgi comme une compagne du quotidien", voire comme "une maîtresse" qui l’entraîne derechef dans les bars ou les terrasses des cafés...
Et Olivier Larizza de "trousser des poèmes sur le vif et à la dérobée" ! Chaque poème selon ses dires devient alors "une madeleine de Proust" qu’il nous invite à découvrir tel le poème Vie de café où comme "Gainsbar", il dit avoir "siroté le jour à rêver".
Dans Frivolité, on s’arrête sur des images belles, intemporelles, sensuelles qui découpent l’horizon "Jeunes filles qui marchez/ pieds nus dans l’eau du ciel..."
Dans Pépite Olivier Larizza évoque le merveilleux conte de l’écrivain Daniel Cohen Blanche des Oublis mais c’est aussi Colette et son amour des chats qui se profile en filigrane...
Mais toujours ce sont des instantanés de vie qui "se fondent" dans la poésie comme dans En passant où un couple à la dérive entre sans le savoir dans le texte de l’écrivain. Les rencontres, les paysages, les odeurs se mêlent et s’entremêlent jusqu’à distiller "l’écume des heures" d’un "Promeneur permanent".
Voilà très certainement en quoi tient tout le charme des poèmes d’Olivier Larizza. Ce sont des fragments de vie taillés dans le vif de la vie que nous confie l’auteur avec en prime une bonne dose d’autodérision non dénuée d’humour comme dans Drôle de final ou il écrit "...Je radotais ma vie j’en / tissais des confettis les jetant à la volée...". Mais de conclure fort heureusement "que rien n’est encore terminé"...

Françoise Urban-Menninger

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