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Ma fellatrice idolâtrée - Fernando Arrabal
lundi 13 février 2012 par Jean-Paul Gavard-Perret

ARRABAL :
PORTRAIT DU FOUTRIQUET DANS TOUS SES ETATS

Fernando Arrabal, « Ma fellatrice idolâtrée », avec 9 dessins licencieux d’Antonio Segui, Quadri, Bruxelles

La phrase de Houellebecq sur le corps " Débris torturé qui dodelinait de la tête manifestement indifférent à tout ce qui pouvait s’apparenter à une relation amoureuse et vraisemblablement aussi à toute relation humaine " pourrait servir d’introduction au livre d’Arrabal. D’autant que ce dernier connaît très bien le premier. Il lui a d’ailleurs consacré un livre majeur. Les deux s’adressent - et Arrabal plus que jamais dans ce livre - aux négateurs de percolateurs, aux mangeurs de l’eusses-tu cru, aux retournés des aisselles, aux barrés d’ocre noir, aux adeptes des cuillères à spatule.

Oui Arrabal s’adresse à eux, leur adresse son stupre et son levain. Il présente son corps désirant et son squelette au rabbin à chaussettes, au pope cornu, au curé d’Uruffe. Pas de religion, de doctrine, pas vierge. Mais la putain, la sainte, la brute dont la sexualité va du dedans au dehors. À ceux qui ne savent pas lire il offre ses lignes, ses couilles et leurs assauts. En a-t-il mal au cœur ? Non sans doute. Il lui suffit de se vider la rate de son foutre selon une nécessite vessiale. Il ne s’agit pas d’un absolu souverain que d’en témoigner mais juste affirmer le goût de ce qu’on appelait le péché. Cela prouve une nouvelle fois sa lutte contre l’alliance pérenne de la matraque et de l’encens. On retrouve sa vraie nature, sa génissetalité qui manquait parfois à ses livres les plus récents.

"Ma fellatrice adorée" renoue avec la poésie panique. Le livre redevient une boîte ou une botte à rire, à sourire, à pleurer, à pleurer de rire. C’est aussi une boîte aux lettres d’amour, aux lettres de rupture. Une boîte à malices, à Alice, à merveilles, à saucisses, à crudités, à promesse, à épaisseur, à épissures et aux taciturnes burnes pour qu’elles fondent de plaisir. C’est encore une boîte la floraison de nerfs, à touches de piano, à frissons panés, à grouillements, à gargouillis, à fauves et à fauvettes. Une boîte à chimères, à chie-mère comme à pilules à mères. Finie la pose, haro superflu. La mémoire est du sexe. Le foutriquet décharge son outil de jardinier. Avec sa suceuse il ne fait qu’un plein de vilaines pensées qui finissent en boulemimine jusqu’à son appareil à boyau.

Arrabal rappelle que pantins nous sommes, pantins nous resterons, adorateurs du rut en faisant glisser son brandi dans la hure lèvresque qui boira le bouillon de la jouissaille. Sacripan de sa vieille océane-nique le poète connaît encore la pâmoison. Plus besoin de parler en lettres alphabétiques il suffit de sucrer les phrases jusqu’à devenir un dyabébéthique. Courbettes encore sur la carpette avant que de changer de position et soigner la voussure des reins pour que la bouche obscure facilite le jet de sperme tel un vin d’anglicane messe. C’est tombal et velouté. C’est volupté. Grelot, grelot ! Le pur foutre court à la sébile. Et Arrabal n’a plus qu’à turgescer, swinguer, rotativer, giter, vertigiquer, seintinabuler, bonbancer, flottir, saliver, furiber et admirer, surtout admirer la princesse qui permet à sa vieille semence de roux couler.

Jean-Paul Gavard-Perret



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