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Buveurs de vent - F Bouysse
dimanche 6 septembre 2020 par penvins

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Frank Bouysse fait-il le choix de la nature contre le Progrès et ce que ce dernier implique de tyrannie ? A lire ce texte et son inéluctable dénouement on peut le penser.

En filigrane de ce roman construit comme un polar on lit l’histoire d’une civilisation en train de disparaître pour un monde nouveau. Une civilisation issue des évangiles, une famille qui aurait pu être celle des douze apôtres et aura été celle de quatre enfants portant les prénoms des évangélistes, à la fois.
enfants du livre
mais Les mots seuls ne peuvent rien
et enfants de la Bible
C’est que ta main Seigneur, sur moi pesait sans trêve.

Ainsi ces enfants sont-ils suspendus entre ciel et terre, ils buvaient le vent qui montait de la vallée, le recrachant en relents de tempête

Génération en crise d’adolescence à mi-chemin entre la machine et la nature, entre le train qui fait vibrer leurs cordes et une vallée à redécouvrir :

Il (Mathieu) n’avait aucun souvenir de ce à quoi ressemblait la rivière avant la construction du barrage. Il était trop petit à l’époque, mais il se prenait souvent à rêver que tout redevienne comme jadis, imaginant un idéal Éden.

La famille à laquelle tient tant Martha, la mère enfermée dans la religion, est comme un obstacle à l’avènement du nouveau monde, sa fille ne la supporte pas, ni Élie, le grand-père qui s’obstine à l’appeler Mabel.

Ici semble se refermer l’histoire écrite depuis plusieurs siècles, une histoire fondée sur la famille et le progrès industriel, dont Mabel va se défaire. Comme si cette famille véhiculait une culpabilité non dépassée, pour que cette séparation se fasse, il faut sans doute que par une sorte de provocation Mabel initie son frère au plaisir avec toute l’attention d’un prêtre pratiquant l’exorcisme. Puis qu’elle donne rendez-vous (aux garçons) au bord de la rivière et les éduque tout en leur interdisant de jouir en elle. La pire des situations aurait été de se retrouver fécondée.

Ainsi le vieux monde va-t-il disparaître laissant place à un autre monde où la nature reprend ses droits. Auparavant, on aura remarqué la figure de Joyce, le tyran d’une famille avec un enfant unique prénommé Hélio et le besoin qu’il a de se vider de sa colère d’avoir succombé à la facilité d’une descendance, ce schéma éculé et sans avenir qu’était à ses yeux une famille.

Voici donc venu l’heure des Évangiles et pourrait-on dire en lisant ce roman passionnant de bout en bout et en en découvrant l’inévitable Apocalypse quand les musiciens se mettent à jouer avant que l’ancien monde ne s’écroule, la fin du Dieu tyrannique.

Telle est ma première lecture de cet inépuisable roman.



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