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Guy Heitz
lundi 14 septembre 2020 par Françoise Urban-Menninger

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un écrivain strasbourgeois à redécouvrir.

A l’occasion de la donation des œuvres, documents, lettres, articles, manuscrits, dessins de l’auteur à la BNU (Bibliothèque Nationale Universitaire de Strasbourg) par sa fille Annick Metzger, il est essentiel de revenir sur le parcours littéraire de Guy Heitz, écrivain majeur du siècle dernier.

Né en 1932 à Strasbourg, décédé en janvier 1992 dans cette même ville qu’il affectionnait, voici comment il la décrivait en 1950 : « Ma ville est une ville mère, une ville mère poisson, qui a semé ses milliers de petits au gré du courant ».
Tenant son journal dès l’adolescence, Guy Heitz fut l’un des membres fondateur du Conseil des Ecrivains d’Alsace en 1971 aux côtés de Jean-Claude Walter, Sylvie Reff, Conrad Winter, Maxime Alexandre, Jean-Paul Klée et bien d’autres auteurs, nous laissant une œuvre à redécouvrir, voire à découvrir par les nouvelles générations.

Soutenu par le philosophe Gaston Bachelard qui lui écrit : « Vous avez l’imagination de demain », on ne peut que souscrire à cette analyse juste et prémonitoire en relisant des romans aussi intemporels et aux résonances universelles que « Tropica et Cie » paru au Seuil en 1958 ou « Mortemar » et « La chambre de Siegfried Krause », deux livres publiés chez Gallimard, l’un en 1967, l’autre en 1969.
Neuf recueils de poésie, dont la plupart édités par Rougerie, nous donnent à entendre dans « Hélène », « Déserts » ou « Sédiments » la voix d’un poète qui confie dans un article de l’Alsace daté du 29 octobre 1981 : « Je n’écris toujours que mon propre devenir. L’Homme a toujours progressé en prenant appui sur la douleur et la mort. »
Dans les DNA du 20 mai 1973, Alfred Kern qualifie ainsi l’écrivain : « Guy Heitz, aux traits vifs, brechtiens »….

Nul doute que Guy Heitz demeure un écrivain rhénan majeur dont Alfred Kern dira encore dans le magazine « L’Autre » en juin 1991 : « Guy Heitz, illustrateur et poète, éclaire et grave d’un même trait une tradition rhénane. Il est le frontalier de son corps en même temps que le frontalier de sa propre langue, l’oeil toujours ouvert au vide, à la réalité qui se présente, habitée ou menacée d’infini ».

La poésie « incantatoire » de Guy Heitz, ainsi nommée par son ami, le poète Jean-Claude Walter, envoûte le lecteur tel « un chant sauvage, syncopé, longue mélopée de cette caravane de mots qui n’aime rien tant que les redites et refrains, comme une danse de nos tribus préhistoriques ». Ses dessins prolongent à l’envi ses visions intérieures et son dernier roman « L’Armistice » publié chez BF éditions « fait œuvre de visionnaire » toujours selon Jean-Claude Walter. Les images et les mots se font alors écho dans un univers tout à la fois baroque, onirique mais toujours tragiquement humain, trop humain !

De nombreux témoignages d’amitié accompagnent cette exceptionnelle donation qui vient enrichir les fonds de la BNU. Annick Metzger, sa fille, unique ayant-droit, a recueilli de précieux souvenirs auprès de Sylvie Reff, Simone Morgenthaler, Jean-Marie Hummel, Roland Reutenauer…
Une exposition de ce fonds agrémentée de lectures redonnerait vie et voix à un écrivain alsacien dont Pierre Pirard dans « La Libre Belgique » posait une question qui contenait déjà la réponse en février 1970 : « Peut-être le grand auteur qu’on attend depuis un quart de siècle, porte le nom de Guy Heitz et habite Strasbourg »….

Françoise Urban-Menninger

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