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Madeleine Bernard - Marie-Hélène Prouteau

La songeuse de l’invisible

jeudi 1er avril 2021 par penvins

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Elle aura illuminé quelques-unes des années les plus riches de la peinture du XIXe siècle. Elle avait 17 ans, lorsqu’elle rencontra Gauguin qui en fut amoureux, 17 ans sur ce portrait qu’il peignit au dos de La Rivière blanche, la tuberculose l’emporta à 24 ans. Entre temps elle aura vécu auprès de son frère Emile l’aventure de Pont-Aven, et aussi les trahisons, Gauguin s’attribuant injustement la paternité du symbolisme en peinture au détriment d’Emile.

Marie Hélène Prouteau reconstitue en s’appuyant sur une riche bibliographie et sur les correspondances échangées entre les différents acteurs de ce moment particulier, la vie des quelques années où Madeleine accompagna son tout jeune frère, il n’a que trois ans de plus qu’elle et non seulement fréquente les plus grands, mais leur montre le chemin.

À la fois documenté et romancé ce travail met en évidence la complicité des deux enfants et tout en la replaçant dans son époque souligne l’âme rêveuse de celle qui fut le modèle d’Emile et de ses amis peintres. Pour le dire simplement il donne de la chair à l’art tout comme le regard de Madeleine fait revivre le Fils du marin, petit garçon au chapeau lorsqu’elle vient voir son portrait dans l’atelier d’Emile.

Il y aura la visite de l’exposition universelle avec Père, il y aura l’échec de la contre-exposition au café Volpini, est-ce ce qui alimentera le mysticisme chrétien d’Emile ? Le jeune homme, qui trouve Père matérialiste, hait les Juifs et les francs-maçons. L’exaltation d’Emile n’est pas du goût de Madeleine.
Au-delà de Pont-Aven, sans doute écrasé par des compagnons qui ont deux fois son âge Emile commence à douter, Madeleine quant à elle se donne les moyens de sa liberté et lorsqu’on tente de la ravir s’enfuit là où l’on ne pourra la retrouver.

Comme si l’enfance ne pouvait plus être. Marie-Hélène Prouteau nous aura ainsi dévoilé toute la force du regard de Madeleine orienté vers un invisible ailleurs.

Une occasion de redécouvrir les peintres si inventifs de la fin du XIXe, mais aussi d’imaginer la soif d’autre chose qui animait les enfants d’un monde oppressant.

Et haro sur la société industrielle tristement matérialiste, leur credo à tous les deux.

écrit très justement l’auteur de cette biographie.



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