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Dans une autre demeure, Jean-Luc Favre Reymond

Cartographie de la poésie française et francophone contemporaine, Vol 1

mercredi 15 juin 2022 par Françoise Urban-Menninger

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D’emblée Jean-Luc Favre Reymond nous explique que "le présent ouvrage ne se réclame ni de l’anthologie, ni du dictionnaire proprement dit" mais qu’il est "plutôt envisagé comme une cartographie ou un panorama de l’imaginaire poétique allant de la moitié du XX e siècle jusqu’à nos jours".

Jean-Luc Favre Reymond, poète lui-même, écrivain mais aussi journaliste littéraire, est l’auteur d’une quarantaine d’ouvrages et collabore à de très nombreux magazines dont "Passages", "Le Pont des idées", "ActuaLitté", "Recours au poème" etc...C’est dire que ce premier livre, riche de 488 pages, publié par 5 Sens Editions à Genève, et qui sera suivi d’un deuxième volume, voire d’un troisième, témoigne de son intérêt pour "la circulation de l’imaginaire poétique".
Mais pas seulement ! Car l’auteur d’explorer le terme de francophonie en évoquant bien évidemment Léopold Sédar Senghor qui publia en 1948 "La nouvelle anthologie de la poésie Nègre et Malgache" dans laquelle il affirmait que " la langue française constituerait en substance un moyen linguistique et de communication" à "l’affirmation des peuples noirs". On ne peut que songer à l’assertion émise par Aimé Césaire, à savoir que notre vraie patrie est notre langue !
Voilà donc réunis un ensemble de poètes dont le commun dénominateur est la langue française. On citera pêle-mêle : Max Alhau, Gabrielle Althen, Camille Aubaude, Marc Alyn, Guillaume Decourt, Carole Carcillo Mesrobian, Béatrice Bonhomme, Claudine Helft, Daniel Leuwers, Dominique Sampiero, Eric Poindron, Béatrice Marchal, Hélène Dorion, Jacques Ancet, Claudine Bohi, Christophe Dauphin, Charles Pennequin, Jean Pérol, Richard Rognet, Nohad Salameh, Jean-Luc Steinmetz....
Et Jean-Luc Favre Reymond de soulever brièvement dans sa présentation "l’éternel débat" concernant les voix féminines et masculines en déclarant que "si les contrastes semblent évidents, gardons-nous d’établir des scissions comparatives et irréversibles entre les genres..." car "cela ne résoudrait en rien les véritables questionnements".
Mais revenons à l’essentiel, à ce souffle de liberté qui émane de chaque page de ce livre qui nous ouvre le champ (chant) de notre imaginaire et de sa création. Et pour ce faire, penchons-nous sur l’excellente préface de cet ouvrage signée par Frédéric-Gaël Theuriau, directeur-fondateur du Centre d’Etudes Supérieures de la Littérature, enseignant, critique, essayiste en langue et littérature française, qui nous invite à renouer avec l’histoire de la poésie française et qui selon lui "date des années qui suivirent les Serments de Strasbourg, un document historique signé le 14 février 842 entre Louis le Germanique et son demi-frère Charles le Chauve, afin de consolider leur alliance..."
Puis d’évoquer plus tard "la désacralisation du poète" à l’époque médiévale, déclin qui se poursuit à partir de 1715 avec "le primat de la rationalité", puis en 1765 avec la première révolution industrielle...Et de citer Savinien Lapointe (1812-1893) qui dans son refrain "L’alouette" regrette que "la Science a (it) tué la foi".
Alors, même "si l’arrivée d’un nouveau recueil, d’un nouveau dictionnaire, d’une nouvelle anthologie n’est plus aussi grisant qu’autrefois", réjouissons-nous comme le souligne Frédéric-Gaël Theuriau que "la poésie semble capable de réenchanter le monde et surpasse l’intelligence artificielle" , et cela même "si elle ne rapporte ni gloire ni argent".
Et pour clore l’annonce de la parution de ce magnifique panorama de la poésie française, laissons les derniers mots à quelques poètes.
Camille Aubaude : " Galopant à tous vents,/ je mugis devant les mirages/ qui roulent la verte enfance/ dans les broussailles empourprées."
Max Alhau : " Nous ne sommes certains/ ni de la vie, ni de la mort : / nous attendons que les mots/ s’invitent sur une page/ pour abolir la douleur ou le silence/ et laisser le jour différer l’obscur./"
Matthias Vincenot : " J’écris pour la beauté des choses/ Pour livrer les fissures/ et creuser le sillon/ En espérant m’être fidèle/ Et que l’enfance est éternelle"
Max Alhau, encore : "On découvre ainsi des territoires/ que l’on croyait disparus :/ on reprend pied sur ce monde/ qui vacille et auquel il convient/ de rendre grâce."

Ce monde, j’en suis persuadée se situe "Dans une autre demeure", celle où plus vivante que jamais, la poésie nous convie à la table des mots !

Françoise Urban-Menninger

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